Les oracles de Michel de Nostredame, d’Anatole Le Pelletier.

Sortie en librairie, le 3 novembre 2016. C’est une réédition du livre d’Anatole Le pelletier publié en 1867. Il est préfacé et postefacé par Chaulveron. Il intègre également une version remaniée du célèbre glossaire des expressions de Nostradamus.

Il est vendu à la FNAC et sur Amazon au prix de 19, 99 euros (version papier) et de 11, 99 euros (version électronique).

Je vous présente trois extraits du livre pour vous mettre l’eau à la bouche.

Extrait 1.

Introduction.

I.

 

La renommée de Michel de Nostredame a traversé trois siècles, en grandissant toujours, avant d’atteindre le nôtre, où elle va jeter tout son éclat. Les rois de France ne se montrèrent jamais indifférents aux oracles qui les concernaient si particulièrement dans ce livre : et, pourtant, qu’était le passé auprès du présent qui nous touche ; et le prestige des Centuries ne s’accroît-il pas chaque jour de leur popularité séculaire, par les commentaires savants qui les éclaircissent davantage, au fur et à mesure qu’on les comprend mieux ?

Car c’est principalement l’histoire de la Révolution française, depuis le supplice de Louis XVI jusqu’au règne de l’Antéchrist, que, sous le nom du COMMUN ADVENEMENT (c’est-à-dire de l’avènement au règne des gens du commun[1], ou par euphémisme, du règne mis en commun), Nostredame a en vue dans ses prédictions. C’est pour la peinture de cette sanglante épopée, à laquelle il consacre les trois quarts au moins de ses quatrains, que sa verve se montre intarissable. C’est le point auquel il revient sans cesse, dont il cisèle minutieusement les détails, où convergent toutes les forces vives de sa pensée, tout le rayonnement de son intelligence, toute la lucidité du génie mystérieux qui l’inspirait.

Nostredame fut le favori et le conseiller intime de trois rois : Henri Il, François II et Charles IX. Les thèmes fatidiques qu’il avait donnés à sa constante protectrice, Catherine de Médicis, dans un voyage qu’elle fit à Salon-de-Craux, en 1564, avec son fils Charles IX, tout exprès pour le voir[2], ne furent certainement pas sans influence sur la politique ferme et profonde de cette grande reine, mère de trois jeunes rois, au milieu des troubles qui désolaient le royaume en proie à la furie des guerres de religion.

En 1605, Henri IV, au château de Chantilly, reçut avec distinction, des mains de Vincent Sève de Beaucaire, un recueil de fragments inédits jusque-là des œuvres de Nostredame, fragments dont une partie touchait à sa personne et à l’avènement (vraiment incroyable au temps où l’oracle l’avait prédit) du rameau protestant des ducs de Vendosme[3] sur le trône des lis, par suite de l’extinction totale de la dynastie Valésienne qui comptait, du vivant de Nostredame, cinq princes mâles dans la fleur de l’âge[4], dont trois portèrent encore successivement la couronne de France après leur père, Henri II, et s’éteignirent, sans laisser de postérité, dans le court espace de trente ans (de 1559 à 1589). Déjà, en 1594, Henri IV avait gracieusement accueilli la dédicace qu’Aimé de Chavigny, contemporain et disciple de Nostredame, lui avait offerte de son commentaire intitulé : Le Janus Gallicus.

Louis XIV, non plus, n’a pas dédaigné l’hommage que les scholiastes de son temps lui ont fait de leurs recherches sur les Centuries, ainsi que le constatent des épîtres dédicatoires du chevalier de Jant, antiquaire et conservateur du cabinet des médailles de Monsieur, frère du roi, en 1673 ; de Guynaud, écuyer et gouverneur des pages de la chambre du roi, en 1709, et de Jean de Roux, curé de Louvicamp, en 1710[5].

La Révolution française, survenant en 1789, a détourné pour un temps l’attention des études théurgiques, auxquelles se rattache la mystique des Centuries ; mais le courant, momentanément interrompu, a repris plus que jamais, aussitôt que l’on a pu se reconnaître et constater, avec admiration, combien l’histoire de nos dernières années, et particulièrement celle de Louis XVI , de la Convention nationale, de Napoléon Ier, de la Restauration, de Louis-Philippe Ier, de l’Assemblée nationale, de Napoléon III (dans la partie écoulée de son règne), a été familière à Nostredame. Aussi les commentateurs modernes, sans en excepter un seul, n’hésitent-ils pas à croire que toutes les prédictions réalisées antérieurement à la mort de Louis XVI n’ont été, dans le plan de l’oracle, que les prodromes de son inspiration et, pour ainsi dire, un simple véhicule destiné à soutenir son œuvre et à l’empêcher de tomber dans l’oubli, tant qu’elle n’aurait pas atteint la grande période du COMMUN ADVENEMENT (c’est-à-dire de la Révolution française, depuis Louis XVI jusqu’à l’Antéchrist), en vue de laquelle elle fut expressément écrite.

 

II.

 

Les Centuries ne sont pas l’œuvre d’un esprit vulgaire, et le grand nombre de réimpressions qui en ont été faites (on en compte plus de quatre-vingts) dénote que ce livre mystérieux, malgré la sévérité, à son égard de la critique (qui n’y compris jamais rien), n’a pas manqué d’appréciateurs.

Michel de Nostredame était peut-être l’homme le plus docte de son temps. Il fut intimement lié avec le célèbre Jules-César Scaliger. Les langues mortes et toutes les branches de la littérature ancienne lui étaient familières. Il avait exercé la médecine avec distinction dès l’âge de vingt-deux ans, reçut le diplôme de docteur à vingt-six et occupé une chaire professorale à Montpellier, avant de s’adonner à l’astrologie judiciaire, dans laquelle il a excellé par-dessus tous. Henri II le manda et le reçut avec considération à sa cour ; Charles IX et Catherine de Médicis allèrent à Salon-de-Craux exprès pour le voir ; le duc régnant & la duchesse de Savoie y vinrent aussi ; les plus hauts personnages s’empressaient autour de lui. Il eut le rang et les honneurs de médecin et de conseiller ordinaire de Henri II, de François II et de Charles IX. En dépit des envieux et des médisants qui lui causèrent quelques soucis, il vécut riche et considéré. Sa fin fut chrétienne ; son corps est honorablement inhumé en l’église des Cordeliers, à Salon-de-Craux, où son tombeau se voyait encore en 1789.

Nostredame et ses œuvres sont une énigme. A n’en regarder que la superficie, on est surpris et intrigué ; le miroitage des quatrains éblouis et choque ; l’irrégularité artificieuse du plan attire et repousse ; l’auteur semble se jouer de son sujet et du lecteur, qui, de son côté, lui rend la pareille et se promet de rire des Centuries et de Nostradamus[6]. Le XIXe siècle, (le nôtre) ne se repaît pas de chimères ; il n’a garde de prendre au sérieux les élucubrations d’un astrologue. Le bon sens public n’a-t-il pas depuis longtemps renvoyé aux faiseurs d’almanachs campagnards les pronostics de Mathieu Lœnsberg et de Nostradamus ? On ouvre donc les Centuries, (si on daigne leur accorder quelque attention) d’une main distraite, et on les feuillette au hasard ; on y rencontre çà et là des traits d’un aloi douteux qui tiennent l’esprit en éveil sans le satisfaire ; l’intérêt, mêlé d’une sourde impatience, s’accroît quelque peu. On prend le livre, on le jette ; on le reprend, on le rejette vingt fois, sans pouvoir s’en détacher[7]. On voudrait y voir clair : on s’irrite des difficultés. Le plus souvent on s’en dégoûte : on ferme le volume avec dédain et on l’oublie. A-t-on, au contraire, réussi à soulever à demi le voile qui enveloppe, l’arcane ? commence-t-on à entrevoir le mystère ? On s’aperçoit alors que le fond ne répond pas à la naïveté apparente de la forme ; tout y devient suspect ; on étouffe sous un ciel de plomb ; on trébuche sur un sol raboteux ; on voudrait sortir de ce labyrinthe inextricable ; mille voix railleuses embusquées derrière chaque strophe, chaque vers, chaque mot, incitent à une course effrénée dans·les steppes les plus fantasques de l’imagination ; et si l’on s’arrête à temps, si l’on a gardé son sang-froid, on s’interroge, on se pose anxieusement ce problème : « Qu’est-ce que les Centuries ? Qu’est-ce que Nostredame ? »

Tout est ambigu dans Nostredame : l’homme, la pensée, le style.

L’homme : à la fois hardi et timide, simple et composé, enjoué et sinistre, clairvoyant et dissimulé, chrétien à la surface et païen peut-être au fond. Des trois rois qui le comblèrent de présents et d’honneurs[8],et dont il fut le conseiller intime, aucun ne paraît avoir reçu de lui un avis salutaire sur les faits qui touchaient à sa gloire ou sur les périls prochains qui menaçaient sa maison[9]. Henri II ne connut pas l’Épître dédicatoire écrite à son nom ; et l’eût-il vue, il n’y eût rien découvert d’intéressant pour lui ou pour ses : fils, car elle ne traite que d’événements postérieurs et par conséquent étrangers à la dynastie des Valois[10].

La pensée n’est pas moins ambiguë que l’homme. Partout elle affecte la forme amphibologique, si familière aux oracles païens, si précieuse pour se dérober soi-même, et dont le propre est d’ouvrir la porte toute grande à l’erreur, tandis qu’une autre s’entrebâille à peine pour la vérité[11].

Contrairement à l’exemple du divin Maître qui appelait à lui les simples et les enfants[12], Nostredame les repousse avec dédain, les charges d’imprécations et les voue aux dieux infernaux[13].

Le style enfin est artificieux comme la pensée. Sous les dehors factices d’une rime primesautière et d’un jargon polyglotte qui n’appartient en propre à aucune langue, l’auteur montre une poésie sauvage, une érudition profonde et la science de tous les idiomes usités par les savants. Le texte est hérissé de mots hébreux, grecs, latins, italiens, espagnols, celtiques, romans. C’est un feu d’artifice perpétuel sous un ciel toujours sombre. Les clartés et les ombres s’y succèdent, s’y entrechoquent et sont autant de surprises ménagées à l’inexpérience du spectateur. Nostredame livre pièce à pièce son secret qui semble lui brûler les lèvres, et, par une étrange contradiction, il serait désolé qu’on le surprît complètement. L’épitaphe de sa tombe à Salon plusieurs quatrains des Centuries fulminent des menaces terribles contre le téméraire qui troublerait sa cendre, en divulguant l’arcane qu’il appelle son trésor[14].

Il n’existe dans les Centuries ni plan ni méthode visible ; tout y semble jeté pêle-mêle : c’est un fouillis universel. Mais dans ce désordre savant, qui est le comble de l’art, l’auteur triomphe : car, de cet amalgame habilement trituré jaillissent de toutes parts mille lueurs phosphorescentes, semblables à ces feux follets qui attirent pendant la nuit dans un précipice l’imprudent voyageur. Ces clartés vacillantes, ces scintillements douteux énervent, par leur miroitage moqueur, l’intelligence qui cherche à les saisir ; ils la fascinent, ils l’enchaînent. Tel y sera entré en pleine possession de lui-même et par un simple attrait de curiosité, qui se verra bientôt, (s’il n’est prémuni contre les prestiges de cette atmosphère vertigineuse par un scepticisme robuste ou par une puissante armature de science chrétienne) qui se verra bientôt enlacée malgré lui, pour longtemps peut-être, dans le réseau insoluble d’un ingrat labeur « qui luy seichera le corps, mettra à perdition l’âme et donnera trouble au foible sens[15], sans lui rendre aucun fruit.

——–

[1] Gens du commun ; gens du populaire ou de basse naissance, par opposition à ce qu’on nommait autrefois les gens de qualité (noblesse, clergé, magistrature, armée).

[2] Nostredame avait été mandé une première fois à la cour de Henri II, en 1556 (un an après la première publication de quelques fragments des Centuries). A l’époque du voyage de Charles IX (en 1564), il souffrait déjà de la maladie dont il mourut deux ans après.

[3] Henri IV, avant de monter sur le trône (ce qui arriva en 1589, trente-quatre ans après la première publication des Centuries, et vingt-trois ans après la mort de Nostredame), était duc de Vendosme, du chef de son père Antoine de Bourbon.

[4] Henri II, né en 1518, et ses quatre fils, François II, Charles IX, Henri III et le duc d’Alençon.

[5] L’Épître de Jean de Roux n’est pas précisément dédiée à Louis XIV ; il l’adresse : « A la France ; », mais l’ouvrage fut publié avec approbation élogieuse et privilège du Roi.

[6] Le poète Jodelle, contemporain et détracteur de Nostredame, a composé un distique plus ingénieux que vrai, qui a longtemps défrayé la satire à l’égard de ce grand homme et fermé la bouche à ses apologistes :

« Nostradamus cum falsa damus, nam fallere nostrum est ;

Et cum falsa damus, nil nisi nostra-damus. »

[7] C’est ce que Nostredame lui-même dit pittoresquement de son œuvre, dans son Épître à son fils César (§ 38) : « qu’elle fera retirer le front en arrière à plus d’un qui la lira, sans y rien comprendre ».

[8] Charles IX, entrant à Salon, en 1564, le demanda aussitôt aux Consuls qui étaient venus aux portes de la ville pour le recevoir, lui présenta publiquement la main afin de le faire approcher plus près de sa personne, et voulut l’avoir à ses côtés jusqu’à ce qu’il fu arrivé en l’appartement du château qu’on lui avait préparé. (La vie de Michel Nostradamus. Paris, 1789, p. 72.).

[9] Peut-être reçurent-ils ces avertissements, et peut-être aussi n’en surent, n’en voulurent ou n’en purent-ils pas profiter. Henri II était instruit qu’il serait tué en duel ; il en gardait la prédiction écrite : et son esprit un peu étroit, s’obstinant à tourner dans le cercle d’un duel presque impossible à une personne royale, il n’y pouvait croire.

« Il n’y a, disait-il, guère d’apparence que je sois tué en duel. Nous venons de faire la paix, le roi d’Espagne et moi ; et quand nous ne l’aurions pas faite, je doute que nous nous battions et que je le fasse appeler comme le roi mon père fit appeler Charles-Quint » (La Princesse de Clèves, par Madame de La Fayette, citée p. 88-90 de la Concordance de Guynaud). L’oracle s’accomplit pourtant tel qu’il avait été prédit : « par singulier duelle (Cent. I, 35). » Brantôme, aux Vies des Hommes illustres de son temps (art. Henry II), rapporte toutes les circonstances, tant du tournoi dans lequel Henri II fut blessé mortellement par le comte de Montgomery, que de la prédiction qui avait averti le roi de ce malheur prochain.

[10] Il est positif que l’Épître dédiée : « A l’invictissime, tres-puissant et tres-chrestien Henry Roy de France second » (texte de l’édition princeps de Pierre Rigaud, conservée à la Bibliothèque de Paris), s’adresse, non pas à Henri II qui n’existait plus quand elle vit le jour ; ni à Louis XIV, comme l’a supposé à tort de Louvicamp ; ni à Henri-le-Grand (Henri IV ), chef de là dynastie bourbonienne; mais à un autre « Henry, roy de France second » (du latin : secundus) ; c’est-à-dire : « secourable; » non moins illustre que Henri-le-Grand, et dont le règne appartient à l’avenir.

  1. F. Buget formule nettement la même pensée, dans sa savante Étude sur Nostradamus : « Suivant les bonnes éditions, dit-il, Nostradamus ne s’adresse pas à Henri Il, dont on a même cru qu’il avoit prédit la fin prématurée, mais à Henri, roi de France, second, c’est-à-dire favorable. Enfin ce n’est pas un homme du caractère et de la portée de Henri II qui pouvoit mériter qu’on lui confiât la plénitude de l’autorité spirituelle. Ce n’est évidemment qu’à un prince d’une haute sagesse, à un grand homme, à un saint, qu’en un péril extrême de l’Eglise, une autorité si extraordinaire pourroit être conférée. Leroux (le curé de Louvicamp) a donc eu raison de penser que l’Invictissime, dont la faveur doit tirer le·prophète de sa longue obscurité, n’est pas le vaincu de Saint-Quentin, mais un roi qu’il a choisi entre tous ceux de l’avenir pour lui demander sa protection, parce que ses admirables qualités et son règne incomparable l’ont depuis longtemps rempli d’amour et de vénération pour sa personne. Seulement il a cru mal à propos que ce prince étoit Louis XIV, puisque la fin de son règne ne fut pas heureuse, et qu’il ne fut jamais revêtu d’aucune autorité spirituelle. » (Bulletin du Bibliophile ; libr. Techener, Paris, janvier 1862, VIe art.).

[11] Il est à remarquer que, contrairement aux oracles païens en général, les prophéties canoniques de l’Ancien et du Nouveau Testament sont énigmatiques ; mais non pas amphibologiques. On peut ne pas les comprendre ou les appliquer hors de propos ; mais elles n’ont jamais, (même quand elles coïncident à différents faits du même ordre distants de plusieurs siècles l’un de l’autre), elles n’ont jamais qu’une seule et invariable acception, à laquelle on ne saurait moralement se méprendre en aucun temps.

[12] « Sinite parvulos venire ad me, et ne prohibueritis eos : talium

 enim est regnum Dei » (MARCUS, X, 14.).

[13] « Qui legent hosce versus mature censunto,

Profanum vulgus et inscium ne attrectato,

Omnesque Astrologi, Blenni, Barbari procul sunto ;

Qui aliter facit, is rite sacer esto ! »

(Cent. VI, ad finem.)

[14] « Quietem posteri ne invidete ! » (Épitaphe de Nostredame).

 

Qui ouvrira le monument trouvé

Et ne viendra le serrer promptement,

Mal luy viendra

(Cent. IX, 7)

Est caché le thresor

Qui par longs siecles avoit esté grappé :

Trouvé mourra, l’œil crevé de·ressort.

(Cent. I, 27)

Ces paroles ambiguës (voir encore le quatr. 66 de la Cent. VIII) ont porté quelques-uns à croire que Nostredame avait fait ensevelir avec lui, dans sa tombe, la clef manuscrite ou le complément de ses prédictions (notamment la fin de la Centurie VII, qui s’arrête au quatr. 42, dans les deux éditions originales).

[15] Ce sont les expressions de Nostredame même (Épître à son fils César, § 27).

 

Extrait 2.

 

Thème 14 : Louis XVI : capet esleu[1] (1774-1793).

 

I. Chute de la monarchie (1789-1793).

 

Centurie I, § 57 :

 

Par[2] grand discord la terre[3] tremblera,

Accord rompu dressant la teste au ciel,

Bouche sanglante dans le sang nagera,

Au sol la face ointe de laict et miel.

 

Scholie :

 

L’Europe occidentale sera ébranlée (la terre tremblera), en 1792, par un grand conflit (grand discord) qui éclatera entre le peuple français et son souverain ; la révolution, rompant l’antique accord, dressera la tête contre le ciel. Le roi Louis XVI aura la tête tranchée, sa bouche nagera dans le sang, son front oint du lait et du miel de la sainte ampoule roulera sur le sol (la face au sol).

 

II. Fuite de Louis XVI (20 juin 1791).

 

Centurie IX  § 20 :

 

De nuict viendra[4] par la forest[5] de Reines

Deux pars[6], vaultorte[7] Herne[8] la pierre blanche,

Le moyne[9] noir[10] en gris dedans Varennes ;

Esleu[11] Cap.[12] cause tempeste, feu, sang, tranche[13]

 

Construction

 

Deux époux (deux parts), le Roi, délaissé et vêtu de gris (le Noir moyne en gris)[14], et la Reine (Herne), cette pierre précieuse vêtue de blanc (la pierre blanche), sortiront de nuit par la porte (fores) de la Reine[15], prendront un chemin détourné (vaultorte)[16] et entreront dans Varennes. L’élection de Capet (Capet esleu)[17] causera la tempête, le feu, le sang, le couperet tranchant (tranche).

 

Scholie :

 

Deux royaux époux (deux parts), Louis XVI, abandonné des siens ( ), vêtu de gris, et Marie­Antoinette, cette souche précieuse de la lignée de Hugues Capet ( ), vêtue de blanc[18] entreront dans Varennes, pendant la nuit du 21 au 22 juin 1791, après avoir quitté furtivement les Tuileries, la nuit précédente, par une porte dérobée (fores) de l’appartement de la Reine, et après avoir changé de route (vaultorte), au sortir de Sainte-Menehould, afin de fait perdre leur trace. La transformation de ce Capétien, de ce Roi absolu, en Roi constitutionnel des Français (Capet esleu), causera une révolution horrible, le feu de la guerre civile et étrangère, une grande effusion de sang, la tête tranchée par le couperet de la guillotine (tranche) !

 

III. Arrestation à Varennes et attaques des Tuileries (20 juin 1792).

 

Centurie IX § 34

 

Le part[19] solus[20] mary[21] sera mitré

Retour : conflict passera sur le thuille

Par cinq cens : un trahyr sera tiltré

Narbon[22] : & Saulce[23] par[24] coutaux[25] avons[26] d’huille,

 

Construction :

 

L’époux seul (le part solus), affligé (marri), sera coiffé du bonnet phrygien·(sera mitré)[27] à son retour ; une attaque sera dirigée (un conflict passera) contre les Tuileries (le Thuille)[28] par cinq cents hommes[29] ; il sera trahi par un noble nommé Narbonne (un tiltré Narbon) ; un fils et petit-fils de chandeliers­marchands d’huile, nommé Sauce (Saulce avons d’huile), le fera mettre au milieu de gardes (per custodes).

 

Scholie :

 

Louis XVI seul (& non pas Marie-Antoinette) aura la douleur de se voir coiffé du bonnet rouge (mitré) par la populace, le 10 juin 1792, après son retour de Varennes. Les fédérés marseillais, au nombre de cinq cents, dirigeront l’attaque du peuple, le 10 août de la même année, contre le palais des Tuileries (le Thuille). Parmi les traîtres qui contribueront puissamment à la perte de Louis XVI, il y aura lieu de distinguer, dans l’ordre de la noblesse (un tiltré), le comte de Narbonne, son ministre de la guerre ; et dans la plèbe, un fils et petit-fils de chandeliers-épiciers (avons d’huile), nommé Sauce, procureur-syndic de la commune de Varennes, qui le fera arrêter (per custodes) dans cette ville.

 

IV. Condamnation de Louis XVI (18 janvier 1793).

 

Centurie VIII, § 87 :

 

More conspirée viendra en plain effect,

Charge donnée & voyage de mort :

Esleu[30] créé, receu par siens, deffait[31].

Sang d’innocent devant soy par remort.

 

Scholie :

 

La conspiration ourdie contre Louis XVI, pour lui ôter la couronne et la vie, aura son plein effet ; la charge de Roi constitutionnel qui lui aura été imposée (charge donnée) et sa tentative de fuite jusqu’ à Varennes (voyage de mort) causeront sa perte. Il sera renversé du trône et mis à mort (deffait) par ses propres sujets (par siens), par ceux-là mêmes qui l’auront élu (esleu), reçu et acclamé Roi constitutionnel ; son sang innocent devra être l’objet d’un remords éternel devant le peuple français qui l’aura versé (devant soy).

 

V. Caractère de Louis XVI (1774-1793).

 

Centurie X § 43 :

 

Le trop bon temps,[32] trop de bonté royale,

Fais & deffais, prompt, subit, negligence,

Legier[33], croira faux despouse loyalle,

Luy mis à mort par[34] sa benevolence.

 

Scholie :

 

Louis XVI sera mis à mort à cause de son peu d’application (suite de son défaut d’aptitude) aux affaires de l’État (trop de bon temps), de sa faiblesse (trop de bonté royale), de ses irrésolutions (fais & deffais), de l’irascibilité intempestive de son caractère (prompt, subit), de sa négligence, de la légèreté avec laquelle il aura ajouté foi à des rapports calomnieux contre l’honneur de la Reine (espouse loyale)[35] et surtout à cause de sa trop grande bonté (sa benevolence) qui le livrera sans défense à ses ennemis.

 

VI. Supplice de Louis XVI (21 janvier 1793).

 

Quatrain ajouré à la Centurie VII § 44[36] :

 

Alors qu’un bour. sera[37] fort bon[38],

Portant en soy les marques de justice,

De son sang lors portant long[39] nom,

Par[40] fuite injuste[41] recevra son supplice.

 

Scholie :

 

Quand il y aura sur le trône de France un Bourbon fort bon, portant la main de justice (marque de la royauté) et un nom plus long en nombre (long nom) qu’aucun autre roi de sa race (de son sang)[42], ce Prince, à cause de sa fuite jusqu’à Varennes (par fuite), sera injustement (injuste) condamné au dernier supplice.

 

VII. Calcination des restes de Louis XVI (31 janvier 1793).

 

Centurie VI § 92 :

 

Prince de beauté tant[43] venuste[44],

Au chef menée[45] le second faict, [46] trahy.

La cité au glaive de poudre face[47] adusce[48],

Par[49] trop grand meurtre le chef[50] du Roy hay.

 

Construction :

 

Le Prince fort beau (tant venuste)[51] verra des intrigues (menées) dirigées contre sa personne royale (au chef) ; il sera abaissé au second rang (faict le second) et trahi. La cité au glaive tranchant (la cité au glaive)[52] le brûlera (aduste) dans la poudre ardente comme une torche (poudre-fax)[53], afin que la tête (le chef) de ce Roi haï par elle ne rende pas témoignage d’un si grand meurtre.

 

Scholie :

 

Louis XVI, prince d’une beauté remarquable, sera victime des complots ourdis contre son pouvoir ; il sera abaissé au second rang par la Convention nationale qui s’arrogera le droit de le juger ; il se verra trahi et abandonné des siens. Paris, la cité au glaive homicide, carbonisera ses restes dans la chaux vive, afin que la tête de ce Roi, qu’il aura haï jusqu’à la mort, ne devienne pas plus tard la relique vénérée d’un si grand crime[54].

 

VIII. Madame du Duchesse d’Angoulême (1787-1793).

 

Centurie X § 17.

 

La Royne Ergaste[55] voyant sa fille blesme

Par[56] un regret dans l’estomach endos :

Cris lamentables seront lors d’Angolesme[57],

Et au germain mariage forclos[58]

 

Scholie[59]

 

Marie-Antoinette (la Royne), prisonnière et réduite à travailler de ses mains comme une esclave (ergaste), verra Madame Royale (sa fille) pâlie (blesme) par le chagrin que lui causeront les malheurs de sa famille. Il y aura alors, dans la prison du Temple, des cris lamentables de la jeune princesse qui sera duchesse d’Angoulême (d’Angolesme), par un mariage purement extérieur (mariage forclos) avec Louis-Antoine de Bourbon, duc d’Angoulême, son cousin germain (au germain), à qui elle aura été fiancée dès 1787[60].

 

IX. Supplice de Marie Antoinette (17 octobre 1793).

 

Centurie IX § 77 :

 

Le regne prins[61] le Roy conviera,

La dame prinse[62] à mort jurés a sort[63]

La vie à Royne fils on desniera,

Et la pellix[64] au fort de la consort.

 

Scholie :

 

La Convention nationale, usurpatrice des prérogatives de la royauté (le regne), prétendra convaincre de trahison le Roi prisonnier (le Roy prins) ; Marie-Antoinette prisonnière (la Dame du Roy prinse) sera condamnée à la mort par des jurés tirés au sort (jurés a sort)[65], on fera perdre (on desniera) la vie au jeune Dauphin (au fils de la Royne ), en le livrant au cordonnier Simon, chargé de le faire mourir lentement ; puis la Convention nationale (la pellix)[66], se décimant elle-même, enverra ses membres à la Conciergerie (au fort), et de là à l’échafaud, où ils subiront le sort de leurs victimes (consorts)[67].

 

X. Supplice de Madame Elisabeth (10 mai 1794).

 

Sixain 55 :

 

Un peu devant ou après très-grand’Dame,

Son ame au ciel, & son corps soubs la lame,

De plusieurs gens regrettée sera,

Tous ses parens seront en grand’tristesse,

Pleurs & souspirs d’une Dame en jeunesse,

Et à deux Grands le dueil delaissera.

 

Scholie :

 

Un peu après[68] le supplice de Marie-Antoinette, l’âme de madame Elisabeth, sœur de Louis XVI (très-grand’Dame), montera au ciel, tandis que sa tête tombera sous le couperet de la guillotine (soubs la lame). Bien des gens la regretteront ; sa famille (tous ses parens) sera dans la douleur ; il y aura des pleurs et des soupirs de la jeune duchesse d’Angoulême (Dame en jeunesse), sa compagne de captivité[69], et les deux frères survivants de madame Élisabeth, le comte de Provence[70] et le comte d’Artois[71] (deux Grands), prendront le deuil.

 

XI. Succession directe de Louis XVI (1793-1830).

 

Centurie I § 58 :

 

Tranché le ventre naistra avec deux testes,

Et quatre bras : quelques ans entiers vivra

Jour qui[72] Alquiloye[73] celebrera ses festes,

Fossen[74], Turin, chef Ferrare suivra.

 

Scholie :

 

La branche aînée de Bourbon, tranchée en la personne de la reine Marie-Antoinette (le ventre tranché)[75], reprendra vigueur (naistra), avant d’être abattue de nouveau en 1830, par deux Princes couronnés (deux testes)[76] et quatre non couronnés (quatre bras)[77] Sa restauration sera précédée de l’avènement triomphal de l’empire Napoléonien, (jour cui Aquilae lex celebrera ses festes), dont le fondateur, Napoléon Ier, gouvernera la France avec un pouvoir absolu (vivra entier)[78] pendant quatorze ans (de 1799 à 1814), et étendra aussi sa domination (suivra chef) sur le Piémont (Turin, Fossano)[79] et sur les Etats Pontificaux (Ferrare)[80].

[1] CAPET ELU, c’est-à-dire : le Capétien transformé en monarque constitutionnel (du du peuple), de roi absolu qu’il avait été d’abord.

[2] Latin : per, à cause de.

[3] A la place de terre, qui est dans Pierre Rigaud, Benoist Rigaud a trombe, mot dans lequel les commentateurs modernes voient une anagramme de Rome (en syncopant le t et le b).

[4] Ellipse : viendra, pour : il viendra, on verra venir.

[5] Latin ; fores, porte.

[6] Vieux mot : part, conjoint, époux.

[7] Roman : vaultorne, mot composé de vaulx, vallée, et de torte ; tortueuse, c’est-à-dire : route de traverse ou chemin détourné.

[8] 1er : Grec ;  tige, rejeton ;

2° Herne, anagramme de Reine (par métaplasme, en changeant l’h en i).

[9] Grec : , seul, délaissé.

[10] Noir, anagramme de ; Roi (par aphérèse, en retranchant l’n).

[11] Roman : esleu, élu.

[12] Apocope : Cap., pour : Capet. Benoist Rigaud a, après Cap. : un point abréviatif qui manque dans Pierre Rigaud.

[13] Roman : tranche, sorte de serpe, couperet.

[14] Louis XVI, dans sa fuite à Varennes, portait un habit gris. On lit dans Prudhomme (Révolutions de Paris VIIIe trimestre, n° 102, p. 544) : « Le roi était coiffé d’un chapeau rond qui lui cachait presque tout le visage. Son habit était gris de fer. »

[15] Le roi et la famille royale, partant pour l’émigration, dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, sortirent furtivement du palais des Tuileries par une porte dérobée de l’appartement de la reine. On lit dans l’Histoire de la Révolution de 1789, par deux amis de la liberté (Paris, 1792, t. VII, p. 57) : « Le 11 juin, la reine, accompagnée du roi seul, se rendit à cinq heures chez madame de Rochereuil, l’une des femmes attachées à son service, dont le logement communiquoit à l’appartement de la princesse par un corridor, et à celui de M. de Villequier par un escalier. La reine, après avoir parcouru ce logement, et examiné ses diverses communications, dit à madame de Rochereuil qu’elle se proposoit d’en disposer pour sa première femme de chambre. Le roi se fit ensuite conduire dans l’antichambre de l’appartement de M. de Villequier, dont la porte donne sur la cour des princes, et demanda la clef de cette porte. » La Gazette nationale (Moniteur Universel) du 14 juillet 1791, au Bulletin de l’Assemblée Nationale de la veille (M. Muguet, rapporteur), contient à peu près les mêmes détails. M. A. Thiers, dans son Histoire de la Révolution française (t. I, chap. VI, p. 109), dit que : « la reine s’était assuré une porte dérobée pour sortir du château (des Tuileries). »

[16] On lit dans Prudhomme (Révolution de Paris VIIIe trimestre, n° 102, p. 542) : « Le roi dit de prendre au sortir de Sainte-Menehould, la route de Verdun ; mais à quelques pas de là de nouveaux ordres font prendre au postillon la route à gauche (celle de Varennes). »

[17] Capet esleu, c’est-à-dire : la transformation de l’antique royauté absolue des Capétiens en une monarchie élective ou constitutionnelle. Un décret de l’Assemblée nationale, du 21 juin 1791, avait suspendu Louis XVI de ses fonctions. Un autre décret, du 1er septembre contenait la disposition suivante : « Article III. Si le roi se rend au vœu des Français, en adoptant l’acte constitutionnel, il sera prié d’indiquer le jour, et de regler les formes dans lesquelles il prononcera solennellement, en présence de l’Assemblee nationale, l’acceptation de la royaute constitutionnelle, et l’engagement d’en remplir les fonctions ». L’acte constitutionnel, présenté à Louis XVI le 3 septembre 1791, fut solennellement accepte et signé par lui le 14 du même mois ; et l’antique monarchie française devint ainsi constitutionnelle (Capet fut esleu), d’absolue qu’elle avait été jusque-là.

[18] Ou : « blanchie par le malheur, » qui l’accabla en lui tombant comme une pierre sur la tête. On lit dans les Mémoires sur la vie privé de Marie-Antoinette ; par madame Campan (Paris, 1826, t. II, p. 150) : « La première fois que je revis Sa Majesté, après la funeste catastrophe du voyage de Varennes, je la trouvai sortant de son lit ; ses traits n’étaient pas extrêmement alterés ; mais, après les premiers mots de bonte qu’elle m’adressa, elle ôta son bonnet, et me dit de voir l’effet que la douleur avait produit sur ses cheveux. En une seule nuit, ils etaient devenus blancs comme ceux d’une femme de soixante-dix ans… Sa Majesté me fit voir une bague qu’elle venait de faire monter pour la princesse de Lamballe : c’était une gerbe de ses cheveux blancs avec cette inscription : « blanchis par le malheur ! »

[19] Vieux mot (le même que dans l’oracle précédent) : part, conjoint, époux.

[20] Latin : solus, seul.

[21] Vieux mot : marri, chagrin, afligé.

[22] Le comte de Narbonne, ministre de la guerre de Louis XVI, du 6 décembre 1791 au 10 mars 1792.

[23] Sauce était, de père en fils, marchand chandelier ; et c’est lui qui fit arrêter Louis XVI à Varennes, où il remplissait les fonctions de procureur-syndic de la commune. On lit dans les Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette par madame Campan (Paris, 1826, t. II, p. 158) : « Leurs Majestés descendirent chez un épicier, maire de Varennes, nommé M. Sauce… Ce maire eût pu sauver le roi. La reine était assise dans la boutique entre deux ballots de chandelles, et parlait à madame Sauce. » On lit aussi dans la Gazette national (Moniteur Universel) du 25 juin 1791, au Bulletin de l’Assemblée nationale de la veille : a M. Martinet, l’un des députés de l’administration du district de Clermont, prend la parole : Nous vous parlerons, dit-il, de la conduite sage et héroïque de M. Sausse, procureur de la commune de Varennes, qui répondit aux promesses, aux caresses même que lui firent le roi et la reine : J’aime mon roi ; mais je resterai fidèle à ma patrie ; et dans le Bulletin de l’Assemblée nationale du 18 août suivant : « L’Assemblée nationale, après avoir entendu son comité des rapports sur les récompenses à accorder à ceux qui ont empêché le plus efficacement à Varennes l’évasion du roi ; décrète : qu’il sera payé au sieur Sauze (sic), procureur de la commune de Varennes, 20 000 livres. »

[24] Latin ; per, parmi, au milieu de.

[25] Latin : custos, garde, gardien.

[26] Latin :  avus, aïeul, grand-père.

[27] Le bonnet dit de la liberté rappelle l’antique coiffure des prêtres de Mithras, par sa forme phrygienne. On lit dans !’Histoire de la Révolution française, par M. A. Thiers, au récit des événements de la journée du 20 juin 1792 (t. II, ch. III, p. 152) : « Le château (des Tuileries) fut évacué (par la populace qui y avait pénétré de vive force). La foule se retira paisiblement et avec ordre. Il était environ sept heures du soir. Aussitôt le roi, la reine, sa sœur, ses enfants, se réunirent en versant un torrent de larmes. Le roi, étourdi de cette scène, avait encore le bonnet rouge sur la tête ; il s’en aperçut pour la première fois depuis plusieurs heures, et il le rejeta avec indignation. ».

[28] La Thuille, ou le palais des Tuileries, commencé en 1564 par Catherine de Médicis, sur l’emplacement d’anciens fours à tuiles, et achevé par Louis XIV. Ce palais n’existait pas du vivant de Nostredame ; et il n’est devenu la résidence du souverain que depuis Louis XV.

[29] Il s’agit ici des cinq cents fédérés marseillais, qui marchèrent à la tête des insurgés parisiens dans la nuit du 9 au 10 août 1792, où fut décidée la chute définitive de la royauté de Louis XVI. On lit dans l’histoire de la révolution français par M. A. Thiers (t. II, ch. IV, p. 209) : « Le comité insurrectionnel (qui siégeait aux Jacobins) s’entendit avec Barbaroux, qui promit la coopération de ses Marseillais, dont l’arrivée était impatiemment attendue… Le projet définitivement arrêté fut de se rendre en armes au château, et de déposer le roi. » (Ibid., chap. V, p. 235) : « Enfin le 30 juin (1792) les Marseillais arrivèrent. Ils étaient cinq cents… Barbaroux se rendit au-devant d’eux à Charenton. » (Ibid.) p. 257) : « L’insurrection est proclamée. Il était alors onze heures et demie. Les Marseillais se forment à la porte des Cordeliers, s’emparent des canons, et se grossissent d’une foule nombreuse qui se range à leurs côtés. » (Ibid., p. 266) : « Les Marseillais marchaient en tête des colonnes, avec les fédérés bretons, et ils avaient pointé leurs pièces sur le château. »

[30] Roman : esleu ; élu (ellipse de : Capet esleu, le Capétien élu roi constitutionnel des Français).

[31] Roman : deffait, tué, mis à mort.

[32] Construisez : Trop de bon temps.

[33] Roman : legier, légèrement.

[34] Latin : per, à cause de.

[35] Louis XVI avait conçu des soupçons injustes contre Marie­Antoinette, à l’occasion du fameux collier de diamants soustrait au cardinal de Rohan par la comtesse de Lamotte.

[36] Texte de l’édition imprimée à Leyde, chez Pierre Leffen, en 1650 (cent quarante-trois ans avant la mort de Louis XVI).

[37] Pierre Leffen a : fera, au lieu de : sera (ce qui est visiblement une faute d’impression).

[38] Jeu de mots, par le dédoublement du mot : bon ; Bour… fort bon, pour : Bourbon f ort bon.

[39] Pierre Leffen, au lieu de : long, a : son (mot dépourvu de signification).

[40] Latin : per, à cause de.

[41] Latin : injuste, injustement.

[42] Louis XVI était, ainsi que l’indique son nom (long nom), le seizième roi de France du nom de Louis. On ne compte avant lui que neuf Charles, six Philippe, quatre Henri, deux François, deux Jean, deux Robert, etc.

[43] Latin : tantùm, beaucoup.

[44] Latin ; venustus, gracieux, bien fait.

[45] Menée, synonyme de : intrigue, complot.

[46] Latin ; factus, devenu.

[47] Latin : fax, torche, flambeau.

[48] Latin : adustus, brûlé, consumé.

[49] Latin : per, à cause de.

[50] Le chef, la tête.

[51] Louis XVI, dans sa jeunesse, était d’une beauté remarquable.

[52] L’érection de la guillotine à Paris (la cité au glaive) date du 25 septembre 1792 (ère républicaine) ; son perfectionnement est dû au docteur Guillotin, qui lui a donné son nom.

[53] Telle est la propriété bien connue de la chaux vive.

[54] « Le corps et la tête de Louis XVI, placés dans un panier d’osier, sont à l’instant même portés au cimetière de la Madeleine, jetés aussitôt dans une fosse profonde de douze pieds, ouverte de six, garnie et recouverte de chaux vive, et dissous immédiatement. On l’inhume auprès des personnes qui avaient péri le 30 mai 1770, à l’occasion de son mariage, et auprès des Suisses morts dans la journée du 10 août. On croit avoir retrouvé l’emplacement de cette fosse·de très-faibles fragments d’ossements en calcination presque achevée y ont été recueillis vingt-quatre ans après, et, désignés comme les restes de Louis XVI, ils seront déposés au même a lieu, sous un monument érigé dans la chapelle expiatoire, rue d’Anjou-Saint-Honoré » (DE MONTGAILLARD, Histoire de France, t. III, janvier 1793).

[55] Latin : ergaster, ouvrier ; ergastulum, prison où l’on enferme les esclaves. Pierre Rigaud a : estrange ; au lieu de : Ergaste, qui est dans Benoist Rigaud. Estrange est un mot roman qui signifie : étranger ; or, Marie-Antoinette était Autrichienne (estrange).

[56] Latin ; per, à cause de.

[57] Contruisez : Alors les cris de d’Angolesme seront lamentables.

[58] Terme de jurisprudence : forclos, déclaré non-recevable ; d’ou : mariage forclos, mariage qui n’a pas reçu sa pleine exécution.

[59] La savante interprétation de ce quatrain très-remarquable est due à M. l’abbé Torné-Chavigny (L’Histoire prédite et juge par Nostradamus, t. 1, p. 28).

[60] Madame Royale avait été fiancée, dès l’âge de neuf ans (en 1787), à Louis-Antoine de Bourbon, duc d’Angoulême, son cousin germain ; le mariage fut célébré en 1799. Ces deux époux n’ont jamais eu d’enfants (mariage forclos).

[61] Roman : prins, prinse ; pris, prise ; captif, captive.

[62] Roman : prins, prinse ; pris, prise ; captif, captive.

[63] Latin : a sorte, par le sort.

[64] Latin : pellex, prostituée.

[65] Louis XVI avait été condamné par la Convention elle-même, s’érigeant ad hoc en cour suprême de justice. Le jugement de Marie­Antoinette fut déféré au tribunal révolutionnaire, de nouvelle création et assisté de jurés désignés par le sort (jurés a sort). Or, il faut remarquer ici que le jury est une institution anglaise, qui date de la révolution d’Angleterre et qui, du vivant de Nostredame, n’existait pas, même de nom.

[66] Nostredame qualifie ainsi la Convention nationale, parce qu’elle prostitua la justice, qui est l’attribut capital de la royauté, en condamnant un prince innocent, sur qui elle n’avait pas droit de juridiction.

[67] Consort, c’est-à-dire : qui a le même sort.

[68] Sept mois environ.

[69] Madame Royale ne recouvra la liberté qu’en 1795 : elle fut alors échangée contre les commissaires de la Convention livrés par Dumouriez aux Autrichiens.

[70] Roi depuis, sous le nom de Louis XVIII.

[71] Roi depuis, sous le nom de Charles X.

[72] Latin : cui, auquel.

[73] Latin : Aquilœ lex, la loi ou l’empire de l’Aigle impérial.

[74] Fossano) ville des Etats Sardes.

[75] Métaphore : le ventre tranché, c’est-à-dire : la souche dynastique de Louis XVI, tranchée en la personne de la reine, son épouse.

[76] Antonomase : ces deux têtes couronnées furent : Louis XVIII et Charles X.

[77] Le bras est moins que la tête. Les quatre Bourbons de la branche aînée, non couronnés (de 1793 à 1830), sont : le jeune duc de Normandie, mort dans la prison du Temple le 8 juin 1795 ; le duc de Berry, assassiné le 13 janvier 1820 ; et le duc d’Angoulême et le duc de Bordeaux, exiles le 16 août 1830.

[78] Métaphore : vivra entier, c’est-à-dire : dans la plénitude du pouvoir.

[79] Synecdoque : Turin et Fossano (la partie), pour : le Piémont (le tout).

[80] Synecdoque : Ferrare (la partie), pour : les Etats Pontificaux (le tout).

 

Extrait 3.

Mars, Jupiter et Saturne.

 

II.

 

Trois personnages principaux occupent le premier plan de la partie non encore expliquée des Centuries ; I. Mars, II. Jupiter-le Grand Celtique, III. Le Grand Pasteur. Les autres (à l’exception de Saturne ­l’Antéchrist, réservé pour la fin) ne sont que des comparses plus ou moins secondaires du drame qui se déroule au-dessus d’eux. Combien se passera-t-il de jours avant l’heure marquée pour son accomplissement ? Je l’ignore : peut-être plusieurs siècles ; quelques années peut-être. Or, les péripéties de ce drame ont toutes trait à une légende mentionnée dans les auteurs ecclésiastiques du IVe siècle[7] très-répandue au moyen âge, et selon laquelle la consommation des siècles et la domination finale du dernier empereur ou roi des Francs, qui fera refleurir la religion catholique dans tout l’univers, écrasera l’hérésie, pacifiera la terre, et fera goûter aux nations, régénérées sous son sceptre, le bonheur et l’abondance des biens spirituels et temporels qu’elles avaient laissé naufrager dans leurs dissensions intestines.

A ce dernier empereur ou roi chrétien des Francs, dont l’époque reste problématique, Nostredame applique divers noms qualificatifs ou symboliques, tirés, soit de sa personne : AEnobarbe[8], soit de sa naissance : le Grand Celtique[9] ; soit de sa mission providentielle : Chiren[10], second[11] : soit de particularités astronomiques ou d’événements mémorables de son règne : Jupiter[12], le Roy de Blois[13], Chiren-Selyn[14], etc.

Le Grand Pasteur, ou le Pasteur Angélique[15] sera un Pape contemporain du Grand Celtique, réintégré par la force des armes françaises sur le trône pontifical, dans Rome, dont la révolution triomphante (la Libitine[16]) avait banni son ou ses prédécesseurs ; et qui versera sur le front du nouveau Charlemagne l’huile du saint chrême, en le proclamant son vicaire temporel et en l’investissant, au nom de Jésus-Christ, du gouvernement politique de la chrétienté, afin que les catholiques du monde entier lui obéissent, et qu’il soumette par le glaive ses ennemis de toute langue, de toute secte, de toute race, de toute nation.

Parmi ces derniers, un prince guerrier, que Nostredame nomme Mars[17], et autour de qui viendront instinctivement se grouper toutes les forces vives du génie révolutionnaire, disputera l’empire au Grand Celtique, et lui livrera en France de sanglants combats. Un autre personnage énigmatique, le Léopard[18], parent, peut-être, fils ou allié de Mars, se lèvera un peu plus tard en Italie, et sera terrassé à son tour. Le Grand Selyn[19], ou le sultan des Turcs, tombera ensuite ; et, après la conquête de Constantinople et la défaite des Ottomans, rien ne s’opposera plus à ce que le Grand Celtique, vainqueur de tous ses ennemis en Occident et en Orient, aille, pour accomplir l’oracle, arborer la Croix dans la Mecque et à Médine, au cœur de l’empire turc et jusque sur la tombe de Mahomet.

Après viendra l’Antéchrist. Nostredame, en certains endroits, le nomme : Saturne[20] ; et ailleurs : le Posthume[21]. Cette particularité, jointe à d’autres indices trop vagues pour qu’il soit licite d’en faire présentement l’objet d’un thème positif, induit à présupposer que l’Antéchrist sera issu du sang de quelque personnage illustre, dont la mort prématurée aura fait déchoir ce fils, non encore né (posthume), du haut rang qu’il tenait de son origine : rang qu’il parviendra plus tard à reconquérir[22]. Nostredame d’ailleurs se montre sobre de détails sur ce point : soit que l’éloignement des faits prédits ou l’obscurité systématique de l’oracle empêchent le scholiaste d’en bien suivre le fil ; soit que le génie inspirateur de Nostredame ne lui ait pas ouvert de perspective certaine au-delà de la période du Commun Advenement ou de la grande Révolution française, depuis l’ère républicaine (22 septembre 1792) jusqu’à et y compris le règne du Grand Celtique.

[1] Par les divins lettres, c’est-à-dire : par les vers pythiques des Centuries.

[2] C’est-à-dire : et autres signes secondaires ou accessoires.

[3] Latin : aliqui, quelques, quelques-uns ; aucuns quadrins, quelques quatrains.

[4] J’ai pourvu à cette difficulté, en donnant, à la suite du texte­type des Centuries (t. II, 3e part.), une Clef des principaux Noms énigmatiques, et un Glossaire de la langue de Nostredame, suffisamment étendu pour initier le lecteur, même le moins érudit, au style et à la manière de l’oracle.

[5] Esleu, mot roman, synonyme de : élu.

[6] Notamment ma Clef des principaux Noms énigmatique, et mon Glossaire de la Langue de Nostradamus (t. II, 3e part.), qui contient déjà plus de deux mille mots, et que les érudits pourront corriger et augmenter, au fur et à mesure qu’ils s’y appliqueront.

[7] On trouve dans les œuvres de saint Méthode, évêque et martyr sous Dioclétien, la prédiction très-détaillée, mais un peu confuse, d’un futur roi des Romains, d’origine Celtique, qui subjuguera les Turcs et fera régner la loi de Jésus-Christ sur toute la terre, aux derniers temps. Saint Augustin a résumé comme il suit les traits caractéristiques de cette légende, dans son traité de l’Antechrist (De Antichristo, édition des Bénédictins ; Paris, 1685, t. VI de la collection, III appendice, p. : 244)a :

« Tempus quidem quando Antichristus veniat, vel quando dies judicii apparere incipiat, Paulus in epistolâ ad Thessalonicenses dicens : Rogamus vos per adventum Domini Jesu-Christi ; manifestat eo loco ubi ait : quoniam nisi venerit discessio primùm ; et revelatus fuerit homo peccati ; filius perditionis, etc. »

« Scimus enim quoniam post regnum Graecorum, sive etiam post regnum Persarum, ex quibus unumquodque suo tempore magna gloria viguit, & maxima potentia floruit, ad ultimùm quoque post caetera regna regnum Romanorum cœpit, quod fortissimum omnium regnorum superiorum fuit, & omnia regna terrarum sub dominatione sua habuit ; omnesque populorum nationes Romanis subjacuerunt, & eis sub tributo servierunt. »

« Indè ergo dicit Apostolus Paulus, Antichristum non anteà in mundum esse venturum, nisi venerit primum discressio, hoc est : nisi discessererint omnia regna a Romano Imperia, cui priùs subdita erant. »

« Hoc autem tempus nondum advenit ; quia licet videamus Romanum Imperium ex maximà parte jam destructum, tamen quandiù reges Francorum duraverint, qui Romanum Imperium tenere debent, Romani dignitas ex toto non peribit, quia in Regibus suis stabit. »

« Quidam vero doctores nostri dicunt, quod unus ex Regibus Francorum Romanum Imperium ex integro tenebit, qui in novissimo tempore erit, & ipse erit maximus, & omnium Regum ultimus : Qui postquàm regnum suum feliciter gubernaverit, ad ultimùm lerosolymam veniet, & in monte Oliveti sceptrum & coronam suam deponet (hic erit finis & consummatio Romanorum Christianorumque Imperii) : Statimque, secundùm sentenriam praedictam Apostoli Pauli, Antichristum dicunt ad futurum. »

—————–

« Quant au temps auquel viendra l’Antéchrist, ou auquel commencera le jour du jugement universel, Paul, dans son épître aux Thessaloniciens (IIe ad Thessal., II, I), à ce passage : « Nous vous conjurons par l’avènement de N.-S. Jésus-Christ ; l’indique à l’endroit où il dit : « Ce jour ne viendra pas que la grande apostasie ne soit arrivé auparavant ; qu’on n’ait vu paraître l’homme de péché, cet enfant de perdition, etc. »

« Or nous savons qu’après l’empire des Grecs, de même qu’après celui des Perses, qui fleurirent chacun en son temps avec une grande splendeur et une très­grande puissance, l’empire Romain commença enfin à s’élever à son tour, devint le plus puissant de tous ceux qui l’avaient précédé, et tint sous sa domination tous les royaumes de la terre : de sorte que toutes les nations furent soumises aux Romains et leur payèrent tribut. C’est pourquoi l’apôtre Paul dit que l’Antéchrist ne viendra point dans le monde, que l’apostasie ne soit arrivée auparavant, c’est-à­dire ; que tous les royaumes qui étaient assujettis d’abord à l’empire Romain n’en aient secoué le joug. »

« Or ce temps n’est pas encore arrivéb ; car quoique nous voyions l’empire Romain en très-grande partie déjà détruitc, cependant tant que dureront les Rois des Francs qui doivent soutenir cet empire, la suprématie du nom Romain ne périra pas tout entière, parce qu’elle se maintiendra dans ses Roisd. »

« Quelques-uns de nos docteurs disent même qu’un Roi des Francs possédera l’empire Romain tout entiere ; lequel Roi viendra au dernier temps, et sera lui-même le plus grand et le dernier de tous les Rois. Et après avoir heureusement gouverné son royaume, il viendra à la fin à Jérusalem, et il déposera son sceptre et sa couronne sur le mont des Oliviersf (ce qui sera la fin et la consommation de l’empire Romano-Chrétien) : Et les mêmes docteurs ajoutent qu’aussitôt après, selon la prédiction ci-dessus rapportée de l’apôtre Paul, paraîtra l’Antéchrist. »

  1. Elle a été reproduite, depuis saint Augustin, et exactement dans les mêmes termes, par le savant abbé Alcuin, qui vivait au temps de Charlemagne (Alchuuini Opera, 1 vol. in-folio, Paris, 1617, p. 1209, Vita Antichristi).
  2. L’empire Romain, renversé en Occident par Odoacre en 476, s’est maintenu en Orient jusqu’en 1413 ; et avant d’y être détruit par Mahomet II, il avait été relevé en 800 par Charlemagne en Occident, où il a continué de subsister dans l’empire d’Allemagne, jusqu’à son abolition définitive (mille ans après) en 1806 par Napoléon Ier.
  3. Saint Augustin, écrivant son traité : De I’Antéchrist, au commencement du Ve siècle, avait ici en vue les invasions continuelles des Barbares en Italie.
  4. C’est-à-dire que la suprématie du nom Romain se maintiendra dans la succession des Papes, Rois des Romains, protégés par l’épée des Francs.
  5. C’est-à-dire l’empire temporel de toute la chrétienté, dont le Pape, alors régnant, l’aura investi de son plein gré, comme un nouveau Charlemagne.
  6. En oblation à N.-S. Jésus-Christ.

[8] Latin : œnea barba, barbe blonde (de la couleur de l’airain).

[9] Les Français descendent des anciens Celtes.

[10] Chiren, anagramme de : Henric (du latin : Henricus).

[11] Latin : secundus, secourable.

[12] Jupiter, planète présidant, soit à sa nativite, soit à son destin.

[13] C’est-à-dire : le Roi qui transférera le siège de la monarchie française à Blois.

[14] Grec : , le croissant de la lune (l’étendard des Turcs) ; Chiren-Selyn, Henric-Dompteur des Turcs.

[15] « Pastor Angelicus. » (Dictionnaire de Moréri, art. Malachie.)

[16] La Libitine, déesse des funérailles, chez les Romains.

[17] Mars, planète présidant, soit à sa nativité, soit à son destin.

[18] Latin : lconi par, semblable ou égal à un lion.

[19] Le prince qui arbore l’étendard du Croissant, le sultan des Turcs.

[20] Saturne, planète présidant, soit à sa nativité, soit à son destin.

[21] Enfant né après la mort de son père.

[22] Indépendamment du grand Antéchrist final, prédit par les prophètes et par les docteurs catholiques, Nostredame en compte trois, qu’il distingue entre eux par les noms de premier, deuxième et troisième Antéchrist : lesquels pourraient être, non-seulement les précurseurs, mais encore les ancêtres paternels du dernier.

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