IV-88 : la grande peste de Marseille.

Le grand Antoine du nom[1] de faict sordide[2]

De Phthyriaise[3] à son dernier rongé :

Un qui de plomb voudra estre cupide,

Passant le port d’esleu[4] sera plongé.

 

[1] Qui ferra grand bruit.

[2] En 1720, en médecine, le mot sordide désigne un abcès, un ulcère.

[3] Affection de la peau qui la ronge.

[4] Le premier échevin de la ville

 

Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille), tableau de Michel Serre.

 

Mon analyse.

 

Le bateau « le Grand saint Antoine » (« Le grand Antoine du nom de faict sordide ») en provenance de Syrie transmettra la peste à Marseille par sa cargaison de tissu et d’étoffe pour le premier échevin de la ville (« Passant le port d’esleu »). Par sa cupidité (« voudra estre cupide ») l’élu remplira la ville de cerceuil de plomb (« Un qui de plomb »).

La peste produira des abcès, des ulcères (« de faict sordide ») et des affections de la peau qui l’à rongera (« De Phthyriaise à son dernier rongé »).