La pensée politique pour les complotistes : l’antiquité gréco-romaine.

Le livre “la pensée politique pour les complotistes” est sorti le 7 septembre 2018 dans toutes les librairies. L’auteur persécuté depuis des années à été délogé illégalement de son appartement par le GIPN le 27 septembre et jeté à la rue. Autant dire que ce livre et considéré comme très dangereux par le gouvernement Macron et ses exécutants de base œuvre dans le Nord. Le contenu déplaît aux loges et arrière loges qui agissent en sous-main derrière le gamin de l’Elysée.

 

 

Il traite de l’antiquité gréco-romaine.

“L’antiquité gréco-romaine constitue le fondement de notre civilisation occidentale. Le christianisme étant l’autre versant. Il est d’ailleurs né lui-même sous l’antiquité donnant naissance à l’helléno-christianisme. Nous touchons-là au coeur de notre vie culturelle. C’est dans ce terreau culturel que notre inconscient collectif prend ses racines. Il m’a donc paru normal de commencer mon étude de la pensée politique avec cette période historique. Le volume suivant concernera sans doute le christianisme et la monarchie d’ancien régime.
Un de mes professeur de droit à l’université de Dijon, Monsieur Pierri, aimait dire à ses étudiant que les penseurs grecs avaient tout dit, tout découvert et que l’étude de la pensée politique pouvait s’arrêter avec la mort de Chrysippe, le dernier stoïcien, en 205 avant Jésus-Christ. Tout le reste ne fera que reprendre l’imagination du monde grec, ne sera que le plagiat de cette formidable époquée. Le génie grec est d’avoir tous vue, tout compris et donc tout dit avant les autres. Quelques soit les époques, les plus grands philosophes ne s’y sont pas trompé. Ils puissent leurs inspirations dans le monde hellène. C’est d’ailleurs pour moi un signe qui ne trompe personne sur le talent d’un auteur. Il doit être capable de retrouver son prédécesseur du monde antique pour le citer et l’adapter à l’époque moderne. Pour provocatrice qu’elle soit, la formule est exacte. J’y souscrit des deux mains. C’est ce que je m’efforcerais de montrer tout au long de ce recueil.
Monsieur Pieri ne visait que la pensée grecque. A titre personnel j’y inclus également le monde romain. Pour Rome, la question est différente. Aucun romain n’arrive à la cheville d’un Platon, d’un Aristote ou même d’un Diogène. La pensée ne s’exprime pas tant chez les philosophes que dans le monde concret.
La ville aux sept collines reprend la philosophie hellène et sa mythologie pour l’adapter à l’Italie. Elle ne produit rien de spécifique. En revanche l’action politique est ici exprimée au-delà du génie. Les hommes de la république romaine s’inspirent certes de Solon, de Dracon ou de Périclès, mais c’est pour porter leurs idées à une ou plusieurs octaves supérieures.”

 

 

 

Première Partie : L’antiquité grecque.

 

Sous Partie 3 :
La démocratie athénienne en crise.

 

Chapitre 2 : Socrate (469-399 av. J-C).

 

Figure 46 : Buste de Socrate, Ier siècle, Lysippe.

 

Socrate n’a laissé aucune œuvre écrite. Nous le connaissons par le travail de Platon et de Xénophon. Les deux hommes furent ses élèves. Nous pouvons donc penser que la restitution de sa pensée est assez fidèle à la réalité.

 

Socrate développe une forme de philosophie novatrice, la maïeutique (Section 1). Sa critique de la démocratie (Section 2) entraînera son procès puis son exécution (Section 3).

 

Section 1 : La maïeutique.

 

La maïeutique, l’accouchement est une méthode philosophique qui permet de faire émerger la vérité chez l’élève.

 

Elle est utilisée pour la première fois dans le « Théétète »[1], un dialogue entre Socrate et le jeune athénien Théétète (oui, je sais, le nom est difficile à prononcer). Nous sommes trois jours avant son procès.

 

 

« Socrate : Maintenant sommes-nous encore gros de quelque chose, cher ami, et sentons-nous des douleurs d’enfantement au sujet de la science, ou sommes-nous entièrement délivrés ?

 

Théétète : Oui, par Zeus, et j’ai dit avec ton aide plus de choses que je n’en portais en moi.

 

Socrate : Mais tout cela, notre art maïeutique n’affirme-t-il pas que ce n’était que du vent et que cela ne mérite pas qu’on le nourrisse ?

 

Théétète : Certainement.

 

Socrate : Si donc, Théétète, tu essayes par la suite de concevoir d’autres pensées et si tu les conçois, tu seras plein de choses meilleures grâce à la discussion présente, et, si tu demeures vide, tu seras moins à charge à ceux que tu fréquenteras, et plus doux, parce que tu seras assez sage pour ne pas croire que tu sais ce que tu ne sais pas. C’est là tout ce que mon art peut faire, et rien de plus. Je ne sais rien de ce que savent les grands et admirables sages de ce temps et du temps passé. Quant à l’art d’accoucher, ma mère et moi, nous l’avons reçu de Dieu, elle pour les femmes, et moi pour les jeunes gens d’âme généreuse et pour tous ceux qui sont beaux.

Et maintenant il faut que je me rende au Portique du Roi pour répondre à l’accusation que m’a intentée Mélétos. Mais je te donne rendez-vous ici pour demain matin, Théodore. » (Platon, Théétète, XL-IV).

 

 

Socrate considère que seul le dialogue peut aboutir à la maïeutique. C’est à l’élève de se détacher de toute illusion pour apprendre à se connaître. C’est l’expression célèbre, « Connaît toi, toi-même ». La sagesse découle de la compréhension de ses propres actes par la confrontation avec la réalité et le dialogue. Pensons à Néo dans Matrix[2] qui choisit lui-même de prendre la pilule rouge. Le film étant lui-même une adaptation au monde moderne de l’allégorie de la caverne dans « la République » au livre VII.

 

 

« Maintenant, repris-je, représente-toi de la façon que voici l’état de notre nature relativement à l’instruction et à l’ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête ; la lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux ; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.

 

Je vois cela, dit-il.

 

Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d’hommes et d’animaux, en pierre, en bois, et en toute espèce de matière ; naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.

 

Voilà, s’écria-t-il, un étrange tableau et d’étranges prisonniers.

 

Ils nous ressemblent, répondis-je ; et d’abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d’eux-mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ?

 

Et comment ? observa-t-il, s’ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie ?

 

Et pour les objets qui défilent, n’en est-il pas de même ?

 

Sans contredit.

 

Si donc ils pouvaient s’entretenir ensemble ne penses-tu pas qu’ils prendraient pour des objets réels les ombres qu’ils verraient ?

 

Il y a nécessité.

 

Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l’un des porteurs parlerait, croiraient-ils entendre autre chose que l’ombre qui passerait devant eux ?

Non, par Zeus, dit-il.

 

Assurément, repris-je, de tels hommes n’attribueront de réalité qu’aux ombres des objets fabriqués.

 

C’est de toute nécessité.

 

Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu’on les guérisse de leur ignorance. Qu’on détache l’un de ces prisonniers, qu’on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements il souffrira, et l’éblouissement l’empêchera de distinguer ces objets dont tout à l’heure il voyait les ombres. » (Platon, la république, livre VII, 514-515).

 

 

Section 2 : Critique de la démocratie.

 

Socrate prend part à une discussion sur le pouvoir politique dans « la République ».

Toutefois, les développements les plus intéressants sur le sujet se trouvent dans l’œuvre de son autre élève, Xenophon, « les mémorables »[3]. C’est ici qu’il critique de la manière la plus virulents la démocratie.

 

 

« Mais, par Jupiter, dit l’accusateur, il excitait ses disciples au mépris des lois établies, disant que c’est folie de choisir avec une fève les magistrats d’une république, tandis que personne ne voudrait employer un pilote désigné par la fève, ni un architecte, ni un joueur de flûte, ni aucun de ces hommes, dont les fautes sont pourtant bien moins nuisibles que les erreurs de ceux qui gouvernent les États. De tels discours, ajoute-t-il, inspirent aux jeunes gens le mépris de la constitution en vigueur, et les rendent violents. » (Xenophon, Mémorables, I, 2).

 

 

Socrate est sceptique vis-à-vis de la démocratie. Pour lui, il est inconcevable de confier le pouvoir a des citoyens élus ou tiré au sort. On donne le pouvoir à des hommes désigné par une foule ignorante. Ce sont les plus médiocres qui sont choisis.

La politique est un art que l’on doit acquérir par un savoir-faire. Elle exige une excellence morale. Ainsi, le pouvoir doit être confié au meilleur, à celui qui dispose de la sagesse et de la vertu.

 

Quand on voit les trois derniers Présidents de la République élus par le peuple, on ne peut que donner raison à Socrate. Nicolas Sarkozy, François Hollande ou Emmanuel Macron sont à l’image de la médiocrité dont parle le philosophe. Quant à l’ignorance de la foule, elle est le résultat du déclin du système éducatif et de la propagande des moyens de communication.

 

Section 3 : Le procès de Socrate.

 

 

Les critiques de Socrate son insupportable pour une démocratie à l’agonie. Les hommes politiques lui intentent un procès, qui est relaté dans deux œuvres distinctes portant toutes les deux le même titre. « L’Apologie de Socrate » de Platon[4] et de Xenophon[5].

 

 

Le philosophe fait face à un régime démocratique qui l’accuse de corrompre la jeunesse. Le procès se déroule en 399, au moment où celui-ci traverse une crise. Elle vient de connaître une terrible défaite militaire contre Sparte lors de la guerre du Péloponnèse.

 

En 411 et en 404, elle doit faire face à plusieurs tentatives de renversement. On tente de mettre en place une oligarchie. Parmi les putschistes, se trouvent plusieurs élèves de Socrate. Cela va pousser les autorités politiques de la cité à engager des poursuites judiciaires contre lui.

 

On accuse Socrate de ne pas croire aux Dieux de l’Olympe, de vouloir importer de nouveau Dieux. Est en cause, son dialogue intérieur avec son daimon. Les spécialistes l’on pris à tort, pour un démon, alors qu’il s’agit en réalité de son ange gardien ou d’un archétype issu de l’inconscient. En réalité, comme souvent, en pareille situation, ce ne sont que des prétextes. Il faut savoir lire entre les lignes de l’accusation. Les démocrates lui reprochent, en terme à peine voilé, de critiquer la démocratie. Au moment de sa gloire, le régime aurait laissé passer une telle critique. Elle ne fit aucun procès à Aristophane. Mais la crise crispe le pouvoir et le rend moins tolérant à la critique. C’est souvent un signe avant-coureur de sa chute. Socrate nous le montre.

 

Le philosophe est condamné à mort par l’héliée puis exécutée. C’est la première victime d’un procès politique d’une démocratie en crise. Un régime qui ne supporte pas qu’on remette en cause sa toute-puissance. Un peu comme aujourd’hui avec les procès que l’on intente à Dieudonné. J’ai toujours trouvé que les persécutions judiciaires contre l’humoriste, lui donnaient un aspect socratique.

 

 

[1] Platon, Théétète, GF, 2016.

 

[2] Les frères Warchowski, Matrix la trilogie, Warner bros, 2014.

 

[3] Xénophon, les mémorables, les belles lettres, 2015.

 

[4] Platon, Apologie de Socrate, Librio philosophie, 2018.

 

[5] Xenophon, Apologie de Socrate, Les belles lettres, 2002.

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