IX-49 : traité de Westphalie (1648) et exécution de Charles Ier (1649).

 

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La libération de Leyde (1574) par Otto van Veen.

 

Scholie Anatole Le Pelletier.

 

Au temps où des troupes marcheront ensemble de Gand et de Bruxelles en passant par (« contre ») Anvers, le Long-Parlement d’Angleterre (« Sénat de Londres ») mettra à mort son roi. La force et la sagesse (« vin et sel ») manqueront à ce prince (« lui seront à l’envers ») ; et eux (« les révolutionnaires anglais »), ils se rendront maîtres du royaume en le bouleversant (« ils auront le regne en desarroy »).

Au temps de la guerre de Philippe IV, maître de la partie méridionale des Pays-Bas (« Gand, Bruxelles et Anvers »), contre la Hollande révoltée, le Long-Parlement d’Angleterre condamnera à mort son roi Charles Ier ; la sagesse et la force auront fait défaut à ce prince, et le royaume tombera dans l’anarchie (« en desarroy »).

La Hollande s’est détachée en 1579 des Pays-Bas, dont elle formait auparavant la partie septentrionale. Or Anvers, située à la limite des possessions espagnoles, confine à la Hollande. Philippe IV fit de grands efforts pour soumettre la Hollande et conserva ses prétentions sur elle jusqu’au traité de Westphalie, qui consacra son indépendance en 1648 (un an avant le supplice de Charles Ier).

Article Wikipédia La guerre de Quatre-vingt ans.

 

La guerre de Quatre-Vingts Ans, également appelée révolte des Pays-Bas ou encore révolte des gueux, est le soulèvement armé mené de 1568 (bataille de Heiligerlee) à 1648 (traité de Westphalie) — sauf pendant la Trêve de douze ans de 1609 à 1621 — contre la monarchie espagnole par les provinces s’étendant aujourd’hui sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et le nord de la France. Au terme de ce soulèvement, les sept provinces septentrionales gagnèrent leur indépendance sous le nom de Provinces-Unies, indépendance efficiente en 1581 par l’Acte de La Haye et reconnue par l’Espagne par un traité signé en 1648 en marge des traités de Westphalie.

Incapable de contenir cette nouvelle rébellion, le duc d’Albe remet sa démission. Il est remplacé en 1573 par Luis de Requesens, qui tente une politique de conciliation. Mais en 1575, la Couronne d’Espagne fait banqueroute, si bien que lorsque Requesens meurt au début de l’année suivante, sans être parvenu à un accord entre le roi et les rebelles orangistes, les mercenaires espagnols, qui ne sont plus payés, se mutinent et, pour faire du butin, mettent à sac la ville d’Anvers (“Anvers“) au mois de novembre 1576, faisant 8 000 morts. Cette « furie espagnole » marque un nouveau tournant dans la prise de conscience nationale des 17 provinces.

Les États conviennent alors d’un traité, la Pacification de Gand (“Gand“), par lequel les provinces conviennent d’une trêve religieuse et s’engagent à combattre les mutins espagnols. Pour la plupart des provinces catholiques, les pillages des mutins étaient le principal motif de rejoindre la rébellion, bien qu’elles restent formellement fidèles au roi Philippe II. Pour autant, les émeutes religieuses se poursuivent par endroit et l’Espagne, renflouée financièrement par les cargaisons de métaux précieux rapportées du Nouveau Monde, met sur pied une nouvelle armée confiée à Alexandre Farnèse, duc de Parme et de Piacenza.

Le traité de Gand (“Gand“), connu sous le nom de Pacification de Gand, est entériné à Bruxelles (“Bruceles“) en janvier 1577 par un acte qui en précise les données d’application. Connu sous le nom d’Union de Bruxelles (“Bruceles“), ce traité a été rédigé sous l’influence de la majorité des seigneurs des États Généraux qui, bien que patriote, aspirait à la réconciliation avec Philippe II et au maintien du catholicisme comme unique religion autorisée. Afin d’obtenir l’adhésion de toutes les provinces, les provinces du Sud, menées par Guillaume d’Orange, étant favorables à l’indépendance et à la liberté de culte, elle est rédigée en des termes hostiles aux Espagnols, mais une clause très ferme est ajoutée qui pose la « conservation de notre sainte foi et de la religion catholique, apostolique et romaine, sous la due obéissance de Sa Majesté ». La Pacification de Gand trouve donc une effectivité mais l’accent est mis sur le rétablissement des relations avec la couronne et la conservation de la foi catholique romaine, les deux sujets principaux de divergence entre les Unions d’Arras et d’Utrecht.

Le , quelques États des Pays-Bas méridionaux dont la Flandre romane, effrayés des accès de fanatisme des calvinistes de Hollande, souhaitent exprimer à nouveau leur fidélité à la Couronne et, à l’instigation du duc de Parme, signent l’Union d’Arras. Cette union met un terme au protocole de la Pacification de Gand, qui laissait entrevoir une indépendance de l’ensemble des 17 provinces.

Pour faire pièce à l’Union d’Arras, le , Guillaume d’Orange fédère les États de Hollande, Zélande, d’Utrecht, de Gueldre, de Flandre, de Brabant, de Limbourg et la province de Groningue au sein de l’Union d’Utrecht. De grandes villes du sud comme Bruges, Gand, Bruxelles, Anvers, Tournai et Valenciennes les rejoignent. Ainsi, les 17 provinces sont maintenant divisées en un camp loyal au roi d’Espagne, et un camp d’insurgés.

En cette fin de XVIe siècle, il n’est pas concevable qu’un pays puisse être gouverné autrement que par une aristocratie, pour ne pas dire par un roi : aussi les États généraux cherchent-ils d’abord un successeur plausible au roi Philippe. La reine protestante d’Angleterre, Élisabeth Ire, fait un protecteur tout désigné. Mais Élisabeth, qui ne souhaite pas provoquer Philippe II plus que de mesure, repousse la proposition. Les États généraux jettent alors leur dévolu sur le frère cadet du roi de France, François, duc d’Anjou. Anjou accepte à la seule condition que les Pays-Bas proclament officiellement la déchéance de Philippe II en tant que souverain du pays. En 1581, un décret de déchéance est voté (acte de La Haye) : les Provinces y proclament que le roi d’Espagne, n’ayant pas assumé ses devoirs de monarque vis-à-vis du peuple des Pays-Bas, ne sera plus dorénavant considéré comme souverain de la province. Cependant, la population se défie énormément du duc d’Anjou et les limitations constitutionnelles que les États lui imposent finissent par agacer François d’Anjou. Celui-ci, après quelques tentatives pour contraindre militairement les cités insoumises (dont Anvers), quitte les Pays-Bas en 1583.

On propose derechef la souveraineté sur le pays à la reine Élisabeth, mais elle refuse de nouveau. Tous les recours pour fonder une monarchie constitutionnelle ayant été épuisés, les corps constitués des États généraux se résolvent à proclamer la République.

Dès la promulgation du Décret de déchéance, l’Espagne dépêche un nouveau corps expéditionnaire pour reprendre en main les Provinces-Unies. Dans les années qui suivent, le duc de Parme reconquiert la plus grande partie des Flandres et du Brabant, ainsi que de larges portions des provinces du nord-est (Liège et Limbourg) : la religion catholique est rétablie dans la plupart de ces provinces. En 1585, c’est au tour de la cité d’Anvers (la plus grande ville des Pays-Bas à l’époque) de tomber aux mains du duc, et la moitié des bourgeois quittent la ville pour gagner les provinces du nord (“contre Anvers“). De 1560 à 1590, la population d’Anvers tombe de 100 000 à 42 000 habitants.

Guillaume d’Orange, qui avait été mis au ban par Philippe II en mars 1580, est assassiné par un royaliste le . Son fils Maurice de Nassau, prince d’Orange, prend alors la tête de l’insurrection.

Les Pays-Bas sont à présent coupés entre les provinces du nord, sécessionnistes et républicaines, et les provinces méridionales qui sont administrées par le roi d’Espagne. Du fait que le gouvernement soit assuré presque sans interruption par des sécessionnistes calvinistes, l’essentiel de la population des provinces du nord se convertit au Protestantisme en quelques décennies. Le Sud, sous gouvernement espagnol, devient quant à lui un bastion catholique: presque tous les protestants doivent fuir vers le nord. L’Espagne maintient une armée importante, dans l’éventualité d’une intervention des huguenots français.

Dans la guerre à laquelle elles allaient devoir faire face, les Provinces-Unies cherchèrent de l’aide auprès des royaumes d’Angleterre et de France.

Alors que l’Angleterre s’était bornée depuis plusieurs années à un soutien officieux des rebelles hollandais, la reine Élisabeth décida désormais d’aider ouvertement la nouvelle république. En 1585, ayant officialisé son appui militaire par le traité de Sans-Pareil, Élisabeth Ire dépêcha le comte de Leicester comme gouverneur délégué, à la tête d’un corps expéditionnaire de 5 000 à 6 000 hommes dont 1 000 cavaliers. Mais le comte de Leicester, outre qu’il s’avéra un piètre stratège, ne saisit pas toute la subtilité des accords commerciaux que les rebelles, en dépit du conflit, conservaient avec l’Espagne. En outre, Leicester prit sans nuance parti pour les seuls Calvinistes, s’aliénant la confiance des catholiques et des modérés. Arguant de la sécurité du pays, il se heurta aussi aux États des provinces en imposant son propre gouvernement d’exception dans les villes de la côte. C’est ainsi qu’un an seulement après son arrivée dans le pays, il s’était mis toute la population à dos. Leicester dut repartir pour l’Angleterre, si bien que les États généraux des Pays-Bas, en quête d’un chef militaire, durent en 1587 se rabattre sur Maurice de Nassau (le fils de Guillaume le Taciturne), un jeune homme de 20 ans qu’elles nommèrent stathouder.

Les contours actuels des Pays-Bas sont pour l’essentiel ceux issus des guerres menées par Maurice de Nassau. Les succès hollandais sont pour partie redevables à l’action de ce général, et pour partie à l’énorme tribut que l’Espagne dut verser pour reconstituer une flotte de guerre après la désastreuse équipée de l’Invincible Armada et résister à la vigoureuse contre-attaque anglaise menée par Francis Drake. En 1595, lorsqu’Henri IV, nouveau roi de France, déclara la guerre à l’Espagne, le gouvernement espagnol dut une seconde fois se déclarer en faillite.

Écrasé militairement et financièrement, Philippe II dut se résoudre en 1598 à signer la paix de Vervins avec la France, par laquelle entre autres il acceptait de céder les Pays-Bas en dot à sa fille Isabelle, son neveu et beau-fils l’archiduc d’Autriche devenant le nouveau suzerain des Pays-Bas. Pendant ce temps, Maurice d’Orange-Nassau faisait tomber l’une après l’autre les places-fortes espagnoles: après s’être emparé de Berg-op-Zoom (1588), Maurice conquit Bréda (1590), Zutphen, Deventer, Delfzijl et Nimègue (1591), Steenwijk et Coevorden (1592), Mont-Sainte-Gertrude (1593), Groningue (1594), Grol, Enschede, Ootmarsum et Oldenzaal (1597), puis enfin Grave (1602). Comme tous ces combats ou sièges eurent lieu aux marches des provinces rebelles, la Hollande, pratiquement épargnée par le conflit, fut le berceau de ce qu’on appelle aujourd’hui le Siècle d’or néerlandais.

Pour autant, il était tout aussi clair que les Espagnols tenaient maintenant les provinces du sud bien en main militairement, à ceci près que la mainmise des Provinces-Unies sur la Zélande permettait à tout moment à la jeune république d’établir un blocus depuis l’estuaire de l’Escaut, artère maritime vitale de l’immense port d’Anvers. Plus au nord, le port concurrent d’Amsterdam allait graduellement s’enrichir du blocus d’Anvers, au point que l’oligarchie commerçante de Hollande commença à se demander sérieusement si la conquête des provinces du sud valait vraiment la peine. Contre l’avis de Maurice de Nassau, on vota finalement le lancement d’une campagne militaire contre les ports de la côte sud en 1600. Cette campagne, bien que présentée par les Hollandais comme une guerre de libération des provinces méridionales, visait en fait à mettre un terme aux assauts des convois marchands par les corsaires dunkerquois stipendiés par les Espagnols. Les Espagnols, conscients du danger, renforcèrent leurs positions le long de la côte, et c’est dans ce contexte qu’éclata la bataille de Nieuport.

Malgré la défaite éclatante et inattendue que l’armée des Provinces-Unies infligea alors en bataille rangée à l’armée royale espagnole, Maurice décida d’interrompre sa marche vers Dunkerque et, invaincu, fit retraite vers les provinces du nord. Maurice ne pardonna jamais aux régents, menés par le grand-pensionnaire van Oldenbarnevelt, de l’avoir chargé de cette mission.

La sécession des Pays-Bas en deux groupes de provinces était à présent consommée. N’ayant pu mettre un terme par voie de terre à la menace dunkerquoise, les États décidèrent de développer une puissante marine de guerre pour protéger leurs convois commerciaux, qui s’étaient multipliés depuis la création de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales en 1602. Les flottes de guerre néerlandaises devaient au fil des décennies s’avérer une force militaire formidable : leur action sonna le glas de l’empire colonial espagnol outre-mer.

Le , le conflit prend fin avec la signature du traité de Münster entre l’Espagne et les Provinces-Unies. À Münster, le , les représentants des belligérants échangent les exemplaires ratifiés du traité, qui n’est que l’un des multiples accords aboutissant à la paix de Westphalie, laquelle conclut la guerre de Trente Ans.

Le traité sanctionne le nouvel équilibre géopolitique des puissances en Europe. Concrètement, la république des Provinces-Unies, dont l’existence n’était alors que juridique, est reconnue comme un État indépendant et comprend les territoires conquis en 1648. Cette nouvelle république comporte sept provinces : la Hollande, la Zélande, Utrecht, la Gueldre, Overijssel, la Frise, et Groningue. Chaque province est administrée par un parlement, « les États », et par un chef militaire, le stathouder. Au plan constitutionnel, le stathouder est élu et est subordonné aux États généraux des Pays-Bas. Mais en pratique, c’est dans la Maison d’Orange-Nassau (dynastie fondée par Guillaume le Taciturne), que se recrutent de facto les stathouders des provinces de Hollande et de Zélande ; les autres provinces se rangeaient fréquemment à ce choix elles aussi. Une lutte constante pour le pouvoir, dont les contours se dessinaient déjà pendant la Trêve de Douze Ans, se poursuit désormais entre les orangistes, partisans d’une république militaire dirigée par un « stathouder général », et les républicains préférant le gouvernement du Grand-pensionnaire.

Les provinces périphériques occupées à la fin des hostilités par les Républicains, à savoir des portions des Flandres, du Brabant et du Limbourg, seront gouvernées directement par la Fédération, c’est-à-dire les États généraux des Pays-Bas. Ces nouvelles provinces, les Pays de la Généralité (Generaliteitslanden), comprenaient les États de Brabant (aujourd’hui Brabant-Septentrional), les États de Flandre (aujourd’hui Flandre zélandaise) et les États de Limbourg (aujourd’hui district de Maastricht).

Pour la jeune république, la paix devait n’être que de courte durée : seulement quatre ans après les Traités de Westphalie, en 1652, elle entra en guerre avec le Commonwealth de l’Angleterre (Première Guerre anglo-néerlandaise).

 

Article Wikipédia Charles Ier.

Charles Ier () fut roi d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande de 1625 à son exécution en 1649.

Dès le début de son règne, Charles Ier affronta le parlement d’Angleterre pour accroître ses revenus alors que ce dernier cherchait à limiter les prérogatives royales que le roi considérait être de droit divin (“Le sel & vin luy seront à l’envers“). Ses interférences dans les affaires religieuses des Églises d’Angleterre et d’Écosse et ses hausses d’impôts sans l’accord du Parlement furent très mal acceptées par ses sujets qui le considéraient comme un monarque absolu et un tyran (“Le sel & vin luy seront à l’envers“). De même son refus de soutenir les forces protestantes durant la guerre de Trente Ans associé à son mariage à une princesse catholique souleva des interrogations quant à sa religion. Charles Ier s’allia également à des figures ecclésiastiques controversées comme Richard Montagu et William Laud qu’il nomma archevêque de Cantorbéry. De nombreux sujets, dont les puritains, considéraient que cela rapprochait trop l’Église d’Angleterre de l’Église catholique. Ses tentatives pour imposer des réformes religieuses en Écosse furent la cause des guerres des évêques qui renforcèrent la position des parlements anglais et écossais et précipitèrent la chute du roi.

Les dernières années de Charles Ier furent marquées par la première Révolution anglaise au cours de laquelle il affronta les forces parlementaires (“Senat de Londres“). Ses troupes furent défaites lors de la première guerre civile (1642-1645) et le Parlement escomptait qu’il accepterait ses demandes de monarchie constitutionnelle. Il refusa de négocier et forgea une alliance avec l’Écosse avant de s’enfuir sur l’île de Wight. Cela déclencha une deuxième guerre civile (1648-1649) et Charles Ier fut battu (“Pour eux avoir le regne en desarroy“), arrêté, jugé et exécuté pour haute trahison (“mettront à mort leur Roy“). La monarchie fut alors abolie et une république appelée Commonwealth d’Angleterre fut instaurée avec Oliver Cromwell à sa tête. En 1660, la monarchie fut restaurée et le fils aîné de Charles Ier monta sur le trône sous le nom de Charles II.