X-39 : Mort de François II et discorde entre Elisabeth et Marie Stuart (1560).

 

Élisabeth Ire par un artiste inconnu, vers 1575.

Élisabeth Ire par un artiste inconnu, vers 1575.

 

Scholie Le Pelletier.

 

François II, fils aîné de Henri II (« premier fils »), mourra à la fleur de l’âge (« incompetant âge »), âgé de moins de dix-huit ans (« avant dix-huict ») ; il laissera Marie Stuart (« veuve ») sans enfants, après un malheureux mariage qui aura durée moins de deux années.

Sa mort fera éclater une grande discorde entre Elisabeth et Marie Stuart, reine d’Angleterre et d’Ecosse (« deux isles en discord »).

Charles IX son frère puîné (« l’autre après »), sera fiancé plus jeune encore avec Elisabeth d’Autriche.

"Marie en tenue de deuil"

“Marie en tenue de deuil”.

Scholie Torné-Chavigny.

 

Marie Stuart deviendra veuve de François II, fils aîné de Henri II et le premier mort des sept enfants royaux. Ce mariage malheureux ne laissera aucun enfant héritier des trônes de France et d’Ecosse. De retour dans son royaume, Marie aura contre elle Elisabeth, reine comme elle d’une partie des Iles britanniques, qui la fera périr sur l’échafaud. François II sera mort avant d’achevé ses 18 ans d’âge, à 17 ans 10 mois et 15 jours. Il se sera marié à 15 ans, 3 mois et 5 jours. Elisabeth, plus près par l’âge que ses cinq autres frères et sœurs de son aîné François II, se mariera en plus bas âge que lui, n’ayant que 14 ans 2 mois et 9 jours.

Article Wikipédia François II.

Date de naissance : le 19 janvier 1544.

Date du décès : 5 décembre 1560.

Il est mort à l’âge de 16 ans 10 mois et 14 jours (erreur de calcul chez Torné-Chavigny).

Article Wikipédia Elisabeth Ire.

Au début de son règne, la politique étrangère d’Élisabeth Ire envers l’Écosse visait à réduire la présence française dans le pays. Elle craignait que ces derniers n’envahissent l’Angleterre pour placer Marie Ire d’Écosse, considérée par beaucoup comme l’héritière de la Couronne d’Angleterre sur le trône. Élisabeth Ire décida d’envoyer des troupes en Écosse pour soutenir les rebelles protestants et même si la campagne fut un échec, le traité d’Édimbourg de juillet 1560 écarta la menace française au nord. Lorsque Marie Ire retourna en Écosse en 1561 après plus d’une décennie en France, le pays, qui avait établi une Église protestante, était gouverné par un conseil de nobles protestants soutenus par Élisabeth Ire. Elle refusa de ratifier le traité.

En 1563, Élisabeth Ire proposa que Robert Dudley épouse Marie Ire sans en informer les deux intéressés. Ces derniers ne furent pas convaincus et en 1565, Marie Ire épousa Henry Stuart, Lord Darnley qui pouvait également prétendre à la Couronne d’Angleterre. Cette union fut la première d’une série d’erreurs de jugement de Marie Ire qui permit la victoire des protestants écossais et d’Élisabeth Ire. Darnley devint rapidement impopulaire puis détesté en Écosse pour avoir commandité le meurtre du secrétaire italien de Marie Ire, David Rizzio, et, en février 1567, fut assassiné par un groupe probablement mené par James Hepburn. Peu après, le 15 mai 1567, Hepburn épousa Marie Ire, ce qui accrédita les rumeurs selon lesquelles elle aurait été complice dans le meurtre de son mari. Élisabeth Ire lui écrivit : « Quel pire choix pour votre honneur qu’en si grande hâte épouser un tel sujet, qui en plus d’autres et fameux manquements, a été publiquement accusé du meurtre de votre défunt mari dans lequel vous seriez d’ailleurs impliquée même si nous ne croyons pas à cette idée. »

Ces événements entraînèrent rapidement le renversement de Marie Ire qui fut emprisonnée au château de Loch Leven. Les nobles écossais l’obligèrent à abdiquer en faveur de son fils Jacques né en juin 1566 et ce dernier fut emmené au château de Stirling pour être élevé dans la foi protestante. Marie s’échappa de Loch Leven en 1568 mais ses partisans furent défaits et elle dut se réfugier en Angleterre dont on lui avait dit qu’elle pourrait compter sur le soutien de la reine. La première intention d’Élisabeth Ire était de la restaurer sur le trône d’Écosse mais son conseil et elle décidèrent d’être plus prudents. Plutôt que de prendre le risque de ramener Marie en Écosse avec une armée anglaise ou de l’envoyer en France auprès des ennemis catholiques de l’Angleterre, ils décidèrent de la garder en prison où elle resta pendant 19 ans.

Voir quatrain III-66 (arrestation de Groslot).