IX-52 : Paix de Cateau-Cambresis (1559).

 

 

 

Scholie Anatole Le Pelletier.

 

La paix de la France avec l’Espagne s’approche d’un côté, et la guerre civile des catholiques avec les calvinistes s’approche de l’autre : jamais on n’aura vu une lutte aussi acharnée (« poursuite si grande »).

Plaignez les hommes, les femmes, les enfants innocents dont le sang ruissellera à flots (« sang par terre ») : les catholiques ou réformés, ce sera du sang français qui sera versé de part et d’autre (« a toute bande »).

Article Wikipédia La paix de Cateau-Cambresis.

Cette paix était devenue nécessaire aux deux parties épuisées financièrement, au point de risquer la banqueroute : leurs bailleurs de fonds (les banquiers d’Anvers notamment) étaient ruinés par une crise économique (1557-1559) sans précédent.

La France, déjà affaiblie économiquement et saignée par les défaites de Saint-Quentin (1557) et Gravelines (1558), était de plus en proie à des troubles religieux (“La paix s’approche d’un costé, & la guerre“). Le roi Henri II espérait profiter de la paix pour extirper la Réforme protestante (“Oncques ne fut la poursuitte si grande“). Depuis trois ans, le protestantisme ne cessait de se développer malgré ses édits répressifs.

Mais la Réforme grandissait aussi en Flandres, et même sur le sol espagnol. Philippe II d’Espagne, voulant affermir son gouvernement à Valladolid alors capitale du royaume, se préparait à y faire écraser par l’Inquisition un foyer réformé de même qu’à Séville : les autodafés allaient se succéder dans les mois à venir. L’Espagne, par ailleurs, sentait grandir sa vocation coloniale et évangélisatrice au Nouveau Monde, et cherchait à se faire de la France une alliée dans sa lutte contre la Réforme. C’est pourquoi les clauses du traité ne furent pas aussi défavorables aux Français que la situation militaire l’aurait fait craindre.

Voir III-66 (arrestation de Groslot).