X-90 : les cent jours et la captivité de Saint-Hélène (1815).

Cent fois mourra le tyran inhumain,
Mis à son lieu sçauant & debonnaire,
Tout le Senat sera dessous sa main,
Fasché sera par malin temeraire.

 

 

Mon analyse :

 

Après une période de cent jours (« Cent fois ») à la tête de la France, Napoléon (« le tyran inhumain ») perdra le pouvoir (« mourra »). Il sera emprisonné sous la garde des anglais dans l’île de Saint-Hélène (« Mis à son lieu »).
Il sera remplacé par Louis XVIII, un roi débonnaire (« sçauant & debonnaire »), qui se présentera devant le Sénat napoléonien (« tout le sénat ») qui aura changer de bord politique (« sera dessous sa main ») en abandonnant l’Empereur (« Fasché sera par malin temeraire. »).

 

Article Wikipédia “l’exil de Napoléon Ier à Saint-Hélène” :

 

L’exil de Napoléon Ier à Sainte-Hélène désigne la situation dans laquelle se trouva le premier empereur des Français à la suite de sa seconde abdication en 1815 au terme des « Cents-Jours » qui se termina par sa défaite militaire face aux forces de la Septième Coalition pendant la bataille de Waterloo, livrée dans la journée du 18 juin 1815.
Après avoir rejoint Rochefort, Napoléon Ier décide finalement de s’en remettre à l’honneur des Anglais, et ainsi pouvoir se rendre en Angleterre, plutôt que de tenter de rejoindre les États-Unis. Le gouvernement britannique avait déjà décidé de le faire prisonnier et de le déporter sur l’île Sainte-Hélène, au milieu de l’océan Atlantique, pour qu’il ne puisse plus « nuire au repos du monde ». Il meurt presque 6 ans après son arrivée dans l’île, le 5 mai 1821.

Après s’être livré aux Anglais le 15 juillet 1815 devant l’île d’Aix, Napoléon est mené à Torbay puis à Plymouth, sur la côte sud-ouest de l’Angleterre à bord du HMS Bellerophon1. Après avoir appris sa déportation sur l’île de Sainte-Hélène le 31 juillet, Napoléon est transféré le 7 août 1815 sur le Northumberland, qui le conduit à l’île de Sainte-Hélène, après une traversée de deux mois et une semaine2. Un certain nombre de témoins ont relaté cette traversée, notamment Emmanuel de Las Cases dans son Mémorial de Sainte-Hélène et Denzil Ibbetson, commissaire anglais chargé des fournitures militaires, qui a laissé un journal, longtemps inédit, mis en vente fin 2010.
Sainte-Hélène est une terre du bout du monde situé à 1 900 km à l’ouest de l’Afrique en plein Atlantique sud, île volcanique escarpée, avec très peu de lieux pour y accoster, ce qui la rend aisée à surveiller et défendre.
Le Northumberland mouille devant Sainte-Hélène le 15 octobre 18153. Napoléon débarque le lendemain4. Parmi ceux qui l’accompagnent se trouvent le Grand Maréchal du Palais, Henri Gratien Bertrand, le général Gourgaud, Las Cases et le Général Montholon, Louis-Étienne Saint-Denis, dit le Mamelouk Ali, et son valet de chambre Marchand. Le 17 octobre, Napoléon s’établit au pavillon des Briars chez les Balcombe, en attendant que son lieu de détention définitif, Longwood, soit prêt à l’accueillir avec ses compagnons d’exil. Longwood, de par sa situation sur un plateau, permet une surveillance plus aisée mais s’avère exposé de façon constante aux vents alizés, souvent plongé dans le brouillard et l’humidité, avec des alternances soudaines de violentes pluies et de soleil ardent. Napoléon est enfin installé dans son ultime résidence le 10 décembre 1815 par le gouverneur provisoire, l’amiral Cockburn.

Installé le 10 décembre 1815 à Longwood House, une habitation sans confort à l’image d’une ferme, surveillé en permanence par ses gardiens, Napoléon est soumis à des vexations de la part de Hudson Lowe, le nouveau gouverneur de l’Île qu’il reçoit pour la première fois le 17 avril 18165. Les relations sont tendues entre Napoléon et Lowe : sur ordre du gouvernement britannique, ce dernier refuse à Napoléon le titre d’empereur et même celui de « général Bonaparte », acceptant seulement de supprimer le « u » de Buonaparte, son nom d’origine, pour l’appeler Napoléon Bonaparte.
Ses armes sont confisquées, son courrier censuré, et toute liberté de mouvement restreinte. Cet exil forcé attise les susceptibilités, autorise les mesquineries de ceux qui partagent sa condition, la chaleur et l’humidité faisant le reste. L’Empereur revient sur sa vie et son règne, dictant ses mémoires à ses compagnons d’infortune. Pendant ce temps, les passagers en escale à Sainte-Hélène se succèdent et sollicitent de la part des geôliers de Napoléon de leur laisser apercevoir le captif.
À la fin de l’année 1816, Las Cases quitte l’île de Sainte-Hélène (il publiera, en 1823, le Mémorial de Sainte-Hélène). Début 1818, c’est au tour de Gourgaud, fâché avec Napoléon, de quitter Longwood. Puis, en juillet 1819, madame de Montholon retourne en Europe, avec tous ses enfants. Progressivement vidé, Longwood tombe dans une atmosphère d’attente et de langueur à peine supportable. L’arrivée en septembre 1819 d’une petite colonie de nouveaux compagnons, la plupart corses, envoyés d’Italie par la famille Bonaparte, permit de rompre la monotonie régnante, quoique les nouveaux venus ne fussent pas au niveau des espérances de Napoléon et de ses autres compagnons de captivité.