I-85 : L’assassinat du duc de Guise (1589).

I-85

 

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Henri de Guise (vers 1585-1590).  Musée Carnavalet.

 

Scholie (Anatole Le Pelletier).

 

Henri III (« roy ») sera troublé par la réponse de Catherine de Médicis (« dame ») qui n’approuvera pas le meurtre des Guise ; les envoyés de la ville de Paris et les députés aux Etat de Blois (« ambassadeurs ») lui feront de vives remontrances au péril de leur vie ; le duc de Mayenne (« le grand »), proclamé chef de la Ligue, prendra le titre de lieutenant général du royaume et semblera se doubler lui-même (« contrefera doublé »), afin d’égaler ses frères, Henri de Guise et le cardinal, assassinés tous deux par suite de la colère, de la haine et de la jalousie de Henri III et de sa cour.

Article Wikipédia (Henri Ier de Guise).

Le , Henri de Guise est assassiné sur l’ordre d’Henri III qui l’avait convoqué dans son « cabinet vieux » (“Ambassadeurs mespriseront leur vie“), voisin de la salle du Conseil du château de Blois, sous prétexte d’un prochain déplacement, Guise pensant que le roi allait enfin le nommer connétable. Alors que le duc passe dans la chambre du roi pour se rendre à ce cabinet, huit membres des « Quarante-cinq », la garde personnelle du roi, se ruent sur lui pour l’exécuter. Le duc parvient à riposter et blesser quatre adversaires avant de s’effondrer, percé d’une trentaine de coups d’épée et de dagues. On retrouve sur le duc ce billet portant son écriture : “Pour entretenir la guerre en France, il faut sept cens mille écus, tous les mois”.

Son corps fut confié au Sieur de Richelieu, grand prévôt de France, qui par commandement du roi, le fit dépecer par le bourreau puis brûler à la chaux vive avant que ses cendres ne soient dispersées dans la Loire. Le même jour sont arrêtés sa mère Anne, son fils Charles et son frère le cardinal de Lorraine. Celui-ci fut exécuté puis brûlé dans sa prison le lendemain (“Le grand ses freres contrefera doublé Par deus mourront, ire, haine, enuie“).

Quoique apocryphe, un célèbre mot historique est continuellement prêté à Henri III. Voyant étendu à ses pieds le corps de son ennemi qui mesurait presque deux mètres, le roi se serait exclamé : « Il est plus grand mort que vivant ! » (“Le grand “).

Le duc de Guise était le chef de la ligue catholique en lutte contre les protestants.

Article Wikipédia (Henri III).

Le 23 décembre au matin, il fait assassiner le duc de Guise et le lendemain, son frère le cardinal de Guise, jugé aussi dangereux que son frère, à coups de hallebarde. À Blois, il fait arrêter les ligueurs et les membres de la famille des Guise.

Le 5 janvier 1589, il est au chevet de sa vieille mère qui meurt dans la nuit (“Par la response de dame, roy troublé“).

L’assassinat du duc de Guise provoque le soulèvement immédiat de la France ligueuse. À Paris, la Sorbonne délie de son serment de fidélité le peuple de France, alors que les prêcheurs appellent au meurtre. Toutes les villes et les provinces suivent, à l’exception de Tours, Blois et Beaugency, proches du roi, et Bordeaux (tenue par Matignon), Angers (d’Aumont) et le Dauphiné (d’Ornano). Abandonnant Blois, le roi se réfugia à Tours le 6 mars 1589. Isolé, traqué par le duc de Mayenne (“Le grand ses freres contrefera doublé“) près d’Amboise, Henri III se voit contraint de se réconcilier et de traiter avec le roi de Navarre le 3 avril 1589.

Article Wikipédia (Catherine de Médicis).

La fin de la vie de Catherine est marquée par les préparatifs de mariage de sa petite-fille Christine de Lorraine qu’elle élevait depuis la mort de la duchesse de Lorraine sa mère (1575).

Ses derniers mois sont assombris par la montée en puissance de la Ligue catholique qui, à l’occasion de la journée des barricades, prend possession de la ville de Paris. Prisonnière dans la ville, Catherine se fait l’intermédiaire du duc de Guise pour le réconcilier avec le roi, ce qu’elle croit avoir réussi, lorsqu’ils se retrouvent à Chartres (“Par la response de dame, roy troublé“).

Catherine entreprend ensuite son ultime voyage lorsque la cour se rend à Blois pour la réunion des États généraux. À l’arrivée de l’hiver, Catherine prend froid. Sa santé se dégrade rapidement avec l’assassinat du duc de Guise qui l’inquiète d’autant plus que le roi ne l’avait pas avertie.

Quelques jours plus tard, le , elle meurt d’une pleurésie, entourée de l’amour des siens, mais complètement abattue par la ruine de sa famille et de sa politique.

Comme la basilique de Saint-Denis est aux mains des ligueurs, elle ne peut être enterrée dans le somptueux tombeau qu’elle y avait fait édifier pour sa famille. Sa dépouille n’y sera mise que vingt-deux ans plus tard, et au XVIIIe siècle son monument sera détruit.

Selon une anecdote célèbre au sujet de sa mort, une quinzaine d’années auparavant, vers 1571, son astrologue Côme Ruggieri lui aurait prédit qu’elle mourrait « près de Saint-Germain ». Catherine de Médicis, très superstitieuse, s’éloigna alors de tous les endroits rappelant de près ou de loin « Saint-Germain », pensant ainsi échapper à la funeste prédiction. Ainsi, par exemple, elle fit interrompre la construction du Palais des Tuileries dépendant de la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois et s’installa précipitamment en 1572 dans ce qui allait devenir l’Hôtel de la Reine. Mais le destin la rattrapa, et sur son lit de mort, lorsqu’elle demanda son nom au confesseur appelé auprès d’elle pour lui porter l’extrême-onction, celui-ci répondit : Julien de Saint-Germain.

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