VI-75 : défection de Coligny (1568).

VI-75

 

Vers 1565 par François Clouet, Musée d'art de Saint-Louis.

Vers 1565 par François Clouet, Musée d’art de Saint-Louis.

 

Scholie (Anatole Le Pelletier).

 

Celui qui aura du Roi une commission d’amiral (« mandé grand pilote »), laissera la flotte (« la classe ») pour atteindre à un plus haut rang (« plus haut lieu »).

Sept ans après, il marchera en bande contre son souverain (« il sera contrebandé »). Venis craindra une armée de barbares qui viendra contre elle.

Gaspard de Coligny, élevé au grade d’amiral (« grand pilote ») par Henri II, en 1552, résignera sa charge (« laissera la flotte ») en 1559, à la mort du Roi, pour se mettre à la tête du parti calviniste. Nommé en 1562 premier lieutenant général des calvinistes, il sera en 1567 (« sept ans après sa démission ») au plus fort de sa rébellion et le principal instigateur de la guerre civile (« il sera contrebandé »). Ces évènements coïncideront avec le temps où Venise craindra les armes victorieuses du sultan Sélim II (« armée barbare »), qui lui enlèvera de vive force l’île de Chypre, en 1570.

Article Wikipédia Gaspard de Coligny.

Le roi le rappela bientôt et Coligny repartit en campagne. Écarté du siège de Metz par François de Guise, il contribua à la victoire de Renty, s’emparant notamment de l’artillerie espagnole. Il fut nommé amiral de France en 1552 (“Le grand pillot par Roy sera mandé“) et gouverneur de Picardie.

Entre temps, à la fin de l’année 1554, le souverain français Henri II ordonna la préparation d’une expédition secrète vers le Brésil, à son principal ministre, Gaspard de Coligny. Il s’agissait de créer une colonie française en Amérique du Sud. Coligny choisit le vice-amiral Nicolas Durand de Villegagnon comme commandant de cette expédition pour la création (1555) de la colonie de la France antarctique, qui sera reprise par les Portugais en mars 1560.

En 1557, après la rupture de la trêve de Vaucelles passée avec Charles Quint, l’armée impériale, dirigée par le duc Emmanuel-Philibert de Savoie, assiégea la ville de Saint-Quentin, défendue par Coligny. Après une longue résistance, il dut se rendre le 27 septembre. La bataille de Saint-Quentin fut une défaite très lourde pour la France : elle entraina le traité de Cateau-Cambrésis (1559).

Après la mort du roi Henri II, Coligny conserve ses fonctions et demeure chargé, en tant qu’amiral, d’organiser la flotte de secours pour l’Écosse (“Laisser la classe pour plus haut lieu atteindre“). Il se rend pour cette raison à plusieurs reprises au Havre et à Dieppe (Normandie). Cette occupation lui prenant beaucoup de temps, il démissionne en janvier 1560 de sa fonction de gouverneur de Picardie.

À la cour, il pousse Catherine de Médicis à adopter une politique de conciliation à l’égard des réformés. À l’origine, très modéré dans son adhésion à la Réforme protestante, il refuse, par fidélité au roi, la voie de la violence et condamne la conjuration d’Amboise. Mais, las des intrigues de la cour et écarté du pouvoir par les Guise, il se retire régulièrement chez lui à Châtillon-sur-Loing ; dans cette retraite, la lecture des livres des novateurs changea ses opinions religieuses, et à l’instigation de sa femme et de son frère Andelot, il se convertit au protestantisme. Durant l’été 1560, il participe publiquement au culte (“Sept ans apres sera contrebandé“). Au cours de l’assemblée des notables de Fontainebleau (juillet 1560), il communique au roi les revendications des protestants de Normandie.

La chute des Guise à la mort de François II le satisfait. Durant l’année 1561, il jouit avec ses frères d’une grande faveur auprès de Catherine de Médicis et ne désespère pas de la voir adhérer à la Réforme. Il participe au conseil du roi et joue un grand rôle dans la politique royale de conciliation. Cependant, la violente réaction catholique à l’Édit de Janvier (1562) obligea la reine-mère à se séparer de lui et Coligny rentra sur ses terres. C’est là qu’il apprend la nouvelle du massacre de Wassy et la marche à la guerre.

Coligny chercha alors à rentrer dans les bonnes grâces de Charles IX, qui l’avait condamné à mort et fait confisquer ses biens. En 1571, il rentra à la cour et le roi lui fit bon accueil.

Les catholiques de la cour, cependant, le haïssaient, et son influence sur le roi resta limitée. Sa proposition d’intervenir dans le Comté de Flandre contre l’Espagne fut ainsi rejetée plusieurs fois.

Mais l’assassinat de tous les chefs protestants fut alors décidé et, dans la nuit du 24 au 25 août 1572, eut lieu le massacre de la Saint-Barthélemy. Trois seigneurs (le duc de Guise, le duc d’Aumale et le demi-frère du roi Henri, Grand Prieur de France) furent chargés d’organiser l’assassinat de l’amiral chez lui, rue de Béthisy.

Coligny fut achevé dans son lit, à coups de dague, par Charles Danowitz dit Besme, capitaine originaire de Bohême ; son corps fut jeté par la fenêtre, émasculé et décapité dans la cour, toujours par Besme. Le corps fut ensuite porté jusqu’à la Seine, avant d’être traîné dans les rues par des enfants puis pendu au gibet de Montfaucon, (lieu des exécutions ordinaires) où il fut exhibé, pendu par les pieds. François de Montmorency, son cousin – qui, bien que catholique, était proche des protestants –, fait ensuite décrocher son cadavre du gibet en toute discrétion.

Article Wikipédia la bataille de Lépante.

La bataille de Lépante est l’une des plus grandes batailles navales de l’histoire. Elle s’est déroulée le dans le golfe de Patras en Grèce, à proximité de Naupacte (appelée alors Lépante).

La puissante marine ottomane (“Barbare armee”) y affrontait une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes (“Barbare armee viendra Venise craindre“) et espagnoles renforcées de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réuni sous le nom de Sainte Ligue à l’initiative du pape Pie V.

La bataille se conclut par une défaite pour les Turcs qui y perdirent la plus grande partie de leurs vaisseaux et près de 20 000 hommes. L’événement eut un retentissement considérable en Europe car, plus encore que la défaite des janissaires lors du Grand Siège de Malte de 1565, il sonnait comme un coup d’arrêt porté à l’expansionnisme ottoman.

Voir quatrain IV-47 (le massacre de la Saint-Barthélemy).