V-49 : la guerre de succession d’Espagne (1701-1714).

V-49

 

Bataille de Denain.

 

Scholie Henri Torné-Chavigny.

 

Nul des prétendants de la maison d’Espagne en faveur desquels auront été faits divers testaments, ne sera élu pour tenir le gouvernail d’un Etat bien affaibli, assailli de toutes parts et au moment de périr, mais bien un petit-fils de la vieille maison de France. A l’ennemi séculaire de son peuple, armé en ce moment-là même contre lui, Charles II aura mis une confiance qui causera tous les malheurs du gouvernement français si prospère jusqu’alors.

Article Wikipédia Guerre de Succession d’Espagne.

La guerre de Succession d’Espagne est un conflit qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol Charles II (“Nul de l’Espagne“) et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle permit à la France d’installer un monarque français à Madrid : Philippe V (“mais de l’antique France“), mais avec un pouvoir réduit, et le renoncement, pour lui et pour sa descendance, au trône de France, même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. Ces conditions ne permettaient pas une union aussi étroite que celle qui était espérée par Louis XIV. La guerre de succession donna néanmoins naissance à la dynastie des Bourbons d’Espagne, qui règne toujours aujourd’hui.

Le dernier testament de Charles II du 2 octobre 1700 fait du duc d’Anjou l’héritier unique des Espagnes à la condition expresse que l’héritage ne soit pas divisé : c’est la victoire du parti castillan sur le parti autrichien, qui était incarné par la reine (Marie-Anne de Neubourg). Or Charles II meurt le 1er novembre 1700.

Louis XIV est mis au courant le 9 novembre. Il est alors face à un dilemme :

  • ou il exécute le traité de partage de mars 1700 ;
  • ou bien il accepte le testament de Charles II.

Le Conseil d’en haut, consulté, est partagé :

  • deux de ses membres préfèreraient accepter le testament : Pontchartrain et le Dauphin ;
  • deux autres conseillent de refuser : Torcy et Beauvilliers.

Madame de Maintenon, consultée en dernier lieu, est d’avis d’accepter. Le roi ne se prononce pas aussitôt : ce n’est qu’après avoir reçu d’autres courriers de Madrid qu’il accepte le testament et présente le duc d’Anjou à la cour sous son nouveau titre, le 16 novembre 1700 : « Messieurs, voici le roi d’Espagne ».

Les avantages de ce choix sont la neutralisation définitive de l’Espagne (“A l’ennemy sera faicte fiance“), grande puissance maritime et coloniale (« il n’y a plus de Pyrénées »). L’Espagne sera de fait l’alliée de la France jusqu’à la Révolution (sauf pendant la guerre de la Quadruple-Alliance, sous l’influence du cardinal Giulio Alberoni, guerre de l’Espagne contre la France et l’Angleterre en 1719 qui a mené à l’échec des fiançailles de la fille de Philippe V avec Louis XV en 1725). Un autre avantage est l’apparente ouverture du marché américain à la France.

Les inconvénients de ce choix sont clairs : toute l’Europe se sent menacée par l’alliance dynastique de la France et de l’Espagne, d’autant plus forte que, par lettres patentes du 1er février 1701, Louis XIV reconnaît le droit de Philippe V à succéder à la couronne de France. La guerre européenne serait donc prévisible (“Qui dans son regne sera peste cruelle“).