I-88 : le mariage de Napoléon Ier et Marie-Louise d’Autriche (1810).

Le divin mal surprendra le grand prince
Un peu devant aura femme espousée,
Son puy & credit à un coup viendra mince,
Conseil mourra pour la teste rasée.

 

 

Mon analyse :

 

La colère divine (« le mal divin ») frappera (« surprendra ») le prince Bonaparte (« le grand prince »), peu de temps (« Un peu devant ») après son mariage (« aura femme espousée »). Il s’agit du mariage avec Marie-Louise d’Autriche (« femme espousée »). Sa prépondérance (« Son puy & credit ») en Europe décroîtra aussitôt (« deviendra mince »). L’Empereur à courte chevelure (« à la teste rasée »), s’éteindra (« mourra »).

 

Article Wikipédia “Napoléon Ier” :

 

Mariages et enfants.

 

Napoléon s’est marié deux fois :
une première fois le 9 mars 1796 avec Joséphine de Beauharnais, qui est ensuite couronnée impératrice ; ce mariage restant sans enfants, il se conclut par un divorce, prononcé par un sénatus-consulte le 16 décembre 1809 ;
une seconde fois, le 2 avril 1810m avec l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, qui lui donne un fils onze mois plus tard : Napoléon François Joseph Charles Bonaparte (20 mars 1811-22 juillet 1832), roi de Rome, duc de Reichstadt, connu également sous le nom de Napoléon II, bien qu’il n’ait jamais régné qu’en théorie et ce pendant quinze jours, entre la deuxième abdication de Napoléon et la Seconde Restauration.
Napoléon s’était fiancé le 21 avril 1795 à Désirée Clary (1777-1860), sœur de Julie Clary elle-même mariée en 1794 avec Joseph Bonaparte. Mais Napoléon rencontre Joséphine de Beauharnais à Paris, le 15 octobre 1795, par le biais de son ami Paul Barras, et le fait renoncer au projet de mariage avec Désirée, non sans mauvaise conscience comme en témoigne sa correspondance avec Désirée.

 

Article Wikipédia “Napoléon Ier” :

 

Quatre ans de vie commune avec Napoléon (1810-1814).

La vie d’impératrice.

 

Marie-Louise, impératrice des Français. Portrait par Robert Lefèvre.
Napoléon s’amourache rapidement de Marie-Louise, dont il admire la noblesse de la naissance et les vertus domestiques. Marie-Louise se révèle une épouse idéale pour l’empereur, elle a été formée à obéir dès son enfance, elle est dévote, affectueuse et ne s’ingère pas dans les affaires politiques. Marie-Louise est une « enfant délicieuse », elle tutoie son mari à la grande surprise des courtisans et elle l’appelle « Nana » ou « Popo ». Metternich tente d’influencer l’impératrice afin d’exercer un certain contrôle sur son mari et l’amener à une politique pro-autrichienne, mais Marie-Louise refuse.
Bien qu’appréciée par l’empereur, Marie-Louise est, pour les Français, la nouvelle « Autrichienne ». Dans ses lettres adressées à son père, elle dit être heureuse mais laisse parfois transparaître une certaine amertume. Le poète Lamartine en parle comme d’« une statue de la mélancolie du septentrion abandonnée au milieu d’un camp français, parmi le fracas des armes ».
Aux Tuileries, quatre pièces, dans lesquelles Marie-Antoinette a vécu pendant la Révolution française, lui sont réservées. Marie-Louise ne se sent pas à l’aise dans ce pays et, comme l’indique Napoléon dans ses mémoires, « elle avait toujours peur d’être parmi des Français qui avaient tué sa tante ». L’impératrice n’aime pas l’atmosphère de la cour et tout ce cercle de nobles complaisants et accommodants. Dans son journal, elle écrit : « Je n’aime pas qu’ils me flattent en ma présence, surtout quand l’éloge n’est pas vrai, comme quand ils me disent que je suis belle ».
Toutefois Marie-Louise trouve pour amie sa première dame de compagnie, la duchesse de Montebellog, veuve depuis peu du maréchal Lannesh (fait duc par Napoléon, tombé au champ d’honneur à Essling : c’est une femme droite mais qui ne se remet pas de la mort de son mari et en considère l’empereur comme le responsable).
Les courtisans ne tardent pas à mépriser l’impératrice : Marie-Louise est très timide, n’a pas le charme et la désinvolture de l’impératrice Joséphine et, contrairement à cette dernière, elle préfère l’intimité de sa vie privée à la société parisienne. Femme du XIXè siècle alors que Joséphine est une femme du XVIIIè siècle, Marie-Louise se contente de jouer le rôle de première dame aux côtés de son mari, montrant l’attitude droite et docile apprise à la cour de Vienne.

La jeune impératrice entre rapidement en conflit avec le clan corse des Bonaparte qui, avant elle, avait manifesté la même haine envers Joséphine. Si la mère de Napoléon, Maria Letizia Ramolino, se contente de lancer des regards méprisants à la jeune femme inexpérimentée, ses filles font en sorte de la ridiculiser auprès de la Cour. La seule personne avec qui elle a de bons rapports est Hortense de Beauharnais, reine de Hollande. Quant à Joséphine, Marie-Louise la craint et ne souhaite pas la rencontreri. Les deux impératrices sont très différentes et Napoléon, lui-même, les compare : « Chez l’une – Joséphine – tout est art et grâce, chez l’autre – Marie-Louise – c’est l’innocence faite personne », Joséphine est restée « toujours plus ou moins loin de la vérité » tandis que Marie-Louise « ne sait pas simuler et ne s’éloigne jamais de la vérité ». Une autre grande différence entre les deux concerne les dépenses de Cour en robes et bijoux : Joséphine dépasse même Marie-Antoinette, déjà célèbre pour son extravagance, et par exemple, entre 1804 et 1806, elle dépense 6 647 580 francs. Marie-Louise reste toujours en dessous des 500 000 francs qui lui sont accordés.
Dans la vie privée, l’impératrice se consacre aux activités qui avaient rempli ses journées à Vienne et que Napoléon apprécie. Elle continue à s’occuper de broderie et de travaux de couture ; jouer des instruments reste une de ses activités favorites et elle se consacre à la harpe, au clavecin et au piano. Ferdinando Paër lui donne des cours de chant et Marie-Louise l’aide à Paris dans sa carrière : en 1812, il devient directeur du théâtre de l’Opéra italien et du théâtre de l’Impératrice. Prud’hon et Isabey sont ses professeurs de dessin. La lecture est un passe-temps important, mais c’est également un outil d’apprentissage et d’éducation. Bien que critiquées, elle aime lire les œuvres de Chateaubriand : Atala, René et le Génie du christianisme. Elle s’adonne aussi, quoique avec plus de réserves, à la lecture de textes plus frivoles comme ceux de Madame de Genlis et de Restif de la Bretonne, dont elle n’aime pas la coquetterie typiquement française.
Marie-Louise donne une grande importance aux repas et est gourmande. Elle aime jouer au billard, se promener dans les jardins de l’Élysée, courir à cheval à Saint-Cloud. Les chasses ne la passionnent pas, elle les suit seulement en carrosse. Concernant Versailles, elle est partagée : elle aime le parc du Petit Trianon, qui lui rappelle Laxenbourg, mais l’atmosphère lui semble imprégnée de la défunte Marie-Antoinette. Ayant grandi dans l’ambiance dévote de Vienne, Marie-Louise se rend à la messe du dimanche et des différents jours fériés religieux. Dans les limites consenties par son mari et sous le strict contrôle de l’appareil d’État, elle s’occupe aussi de charité50.

 

La naissance de l’Aiglon et la première régence.

 

En juillet 1810, trois mois après la première nuit passée à Compiègne, Marie-Louise écrit à son père qu’elle est enceintej. La grossesse ne présente pas de problèmes particuliers et le titre de l’enfant est déjà choisi : le roi de Rome si c’est un garçon, la princesse de Venise s’il s’agit d’une fille — non souhaitée. Des complications ont lieu lors de l’accouchement qui dure douze heures : l’étiquette impériale interdisant la présence d’une sage-femme, c’est l’accoucheur attitré le docteur Antoine Dubois qui officie, sans l’aide initiale du médecin personnel de l’empereur, Jean-Nicolas Corvisart, qui est allé se coucher. La poche amniotique ayant crevé, les vies de l’enfant et de la mère sont menacées. Le docteur Dubois demande alors à Napoléon Ier qui sauver en cas de danger. Napoléon dit alors de sauver en priorité la mère : « Allons donc, ne perdez pas la tête : sauvez la mère, ne pensez qu’à la mère… La nature n’a pas de loi, Monsieur : faites comme s’il s’agissait d’une petite bourgeoise de la rue Saint-Denis. Conduisez-vous exactement comme si vous attendiez le fils d’un savetier » répond l’empereur à Dubois, contrairement à l’usage qui est de sauver l’enfant ce qui équivaut à sauver l’alliance autrichienne, Napoléon pensant que Marie-Louise pourra lui donner d’autres héritiers. Dubois, qui a fait appeler Corvisart, doit notamment utiliser « les ferrements » (forceps) car l’enfant naît par les pieds, ce qui fait hurler Marie-Louise. Ainsi naît, à 9h15 du matin le 20 mars 1811, l’héritier tant attendu, Napoléon François Charles Joseph Bonaparte, roi de Rome, mais « sans donner aucun signe de vie ». Corvisart arrivé sur les lieux trouve le nourrisson posé à l’écart sur le plancher, Dubois s’occupant uniquement de la mère. Corvisart le fait frictionner et l’enfant jette enfin un cri au bout de sept minutes. Marie-Louise a beaucoup souffert et les médecins déconseillent d’autres grossesses ce qui renferme un peu plus l’impératrice dans ses appartements. Le nouveau-né est rapidement confié à sa gouvernante, Mme de Montesquiou.

Le 9 juin 1811, dans la cathédrale Notre-Dame, Napoléon François Charles Joseph est baptisé57. Ses prénoms rendent hommage à son père, son grand-père maternel, son oncle, Joseph Bonaparte et son grand-père Charles Bonaparte. Ses parrains sont le duc de Toscane Ferdinand III (représentant l’empereur), Maria Letizia Ramolino, Joseph Bonaparte et Hortense de Beauharnais. Marie-Louise, comme beaucoup d’autres souveraines avant elle, ne peut s’occuper directement de l’enfant. En fait, Napoléon a déjà programmé sa formation et son éducation, sa femme est tenue à l’écart58. À une de ses dames de compagnie, elle confie : « On me vole mon fils, mon bien cher enfant, je voudrais tant pouvoir le bercer, le promener, le montrer moi-même à l’Empereur… Je suis certaine qu’en Autriche j’aurais eu la permission de passer toutes les journées auprès de mon fils ».
En mai 1812, Napoléon part pour la campagne de Russie. Marie-Louise le suit jusqu’à Dresde où elle peut rencontrer son père et sa belle-mère. Alors que Napoléon poursuit son périple qui le mène au désastre, Marie-Louise peut voyager dans les territoires de l’empire de son père, de juin à juillet. Le 18 juillet, elle est de retour à Paris. Pendant toute la durée de l’expédition, l’empereur et l’impératrice s’échangent de nombreuses lettres et restent en contact en permanence. La tentative de coup d’État d’octobre du général Malet provoque la colère de Napoléon Ier : personne n’avait eu l’idée de crier « L’Empereur est mort. Vive l’Empereur ». Seule Marie-Louise informée par le prince Aldobrandini songe à sauver le roi de Rome. Le 19 octobre 1812, la retraite en Russie commence tandis qu’à Paris, Marie-Louise est de plus en plus inquiète : si Napoléon devait mourir, elle deviendrait régente au nom de son fils. Le 18 décembre, juste avant minuit, Napoléon retrouve l’impératrice.
1813 est marquée par l’entrée en guerre de la Prusse aux côtés de la Russie et de l’Angleterre. Napoléon fait son possible pour que Marie-Louise intervienne auprès de la cour de Vienne.
Le 5 février, la clause de la régence est instituée sans le concordat que Pie VIII refuse finalement67 et, le 30 mars, Marie-Louise est nommée régente de l’empire alors que jusque-là, elle a été tenue à l’écart des affaires68. Le 15 avril, Napoléon part pour l’Allemagne. La régence est un fardeau pour l’impératrice, bien que son rôle ne soit que représentatif. En effet toutes les décisions sont prises par Napoléon et mises en œuvre par son entourage le plus proche : Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, Charles-François Lebrun, Joseph Bonaparte, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Anne Jean Marie René Savary.
Les fonctions officielles de la régente sont de présider le Sénat, le Conseil d’État, le Conseil des Ministres et le Conseil privé. En même temps, obéissant aux demandes pressantes de Napoléon, l’impératrice continue à solliciter l’aide de son père pour la guerre, mais sans résultats71. L’Autriche reste neutre et préfère entreprendre des négociations de paix entre les États belligérants.
Napoléon n’accepte pas les conditions de la paix de Prague et l’Autriche entre en guerre aux côtés des Alliés le 11 août 181373. L’impératrice des Français se range du côté de son époux contre son propre père. Après l’entrée en guerre de l’Autriche, la position de la France se dégrade. Marie-Louise est toujours surnommée « l’Autrichienne », les jeunes conscrits de moins de 18 ans enrôlés en octobre reçoivent l’appellation de « Marie-Louise » à la demande de Napoléon. La décisive bataille de Leipzig a lieu entre le 16 et le 19 octobre : Napoléon est battu et de retour à Saint-Cloud le 9 novembre.

La deuxième régence et l’effondrement de l’empire.

 

1814 ne débute pas sous les meilleurs auspices, beaucoup de personnes, à l’intérieur du pays ne font plus l’éloge de l’empereur, principalement en raison de l’augmentation des impôts76 et du recrutement de 300 000 hommes en novembre 1813. Marie-Louise, quant à elle, est écrasée par le désespoir et confie à Hortense : « Je porte malchance partout où je vais. Tous ceux avec qui j’ai eu affaire ont été plus ou moins touchés, et depuis l’enfance je n’ai fait que passer ma vie à fuir. ». Le 23 janvier, Marie-Louise est nommée régente pour la deuxième fois. Le matin du 25 janvier, Napoléon fait ses adieux à son fils et sa femme en larmes, ils ne se reverront plus.
Napoléon invite à nouveau sa femme à écrire à son père pour lui demander de changer de parti, mais François est catégorique. De nouveaux pourparlers de paix, qui ont commencé, le 5 février, à Châtillon-sur-Seine, se révèlent être un échec. En sa qualité de régente, tous les matins, Marie-Louise préside le Conseil montrant une absolue confiance dans l’empereur bien qu’elle alterne entre craintes et espérances. Dans des lettres adressées à son mari, elle évoque une situation difficile : elle est très triste, les femmes et les enfants abandonnent Paris, les peintures et les trésors du Louvre sont mis en sécurité. Le 8 février, Napoléon écrit à son frère Joseph, qu’il a nommé Lieutenant général de l’Empire, que s’il devait mourir, l’impératrice et le prince héritier devraient aller à Rambouillet plutôt que de tomber entre les mains des Autrichiens : « Je préférerais qu’on égorge mon fils plutôt que de le voir jamais élevé à Vienne, comme prince autrichien ». Marie-Louise écrit à son mari : « Maintenant je ne désire que la paix, loin de vous je me sens tellement impuissante et si triste que tous mes désirs se bornent à ceci ».
Entre le 20 et le 21 mars, Napoléon est battu lors de la bataille d’Arcis-sur-Aube et par la suite, il essaye de contourner l’ennemi au lieu de l’arrêter devant Paris. Les Alliés envoient 8 000 hommes contre Napoléon et 180 000 prennent la route de Paris. La ville est en plein chaos et le 28 mars, lors du Conseil, le ministre de la Guerre, Clarke, avance l’idée d’évacuer l’impératrice et le prince héritier. D’autres ministres, Talleyrand, Champagny et Savary, décident que la régente doit rester à Paris. Joseph intervient alors pour lire les ordres explicites de l’empereur écrits dans une lettre du 16 mars : s’il est impossible de défendre la ville, sa femme et son fils doivent quitter la capitale et se diriger vers la Loire.
Le matin du 29 mars 1814, le cortège impérial quitte Paris, menacé à l’ouest par les Cosaques qui occupent déjà Neuilly-sur-Seine. Le lendemain, Paris capitule, les conséquences de la défaite sont importantes pour la France dont les frontières sont ramenées à celles de la République. Le voyage de l’impératrice se termine dans la soirée du 2 avril à Blois, où les réunions du Conseil continuent à se tenir. C’est le quatrième anniversaire de leur mariage et Marie-Louise écrit à Napoléon, qui se trouve à Fontainebleau, « Je crois que la paix me rendra toute ma sérénité. Il faut vraiment que tu en fasses rapidement le don ». Le 3 avril à Paris, le Sénat déclare la déchéance de l’empereur, « coupable d’avoir violé son serment et attenté aux droits des peuples en levant des hommes et des impôts contrairement aux institutions ». Napoléon demande à sa femme d’écrire une lettre à son père François afin qu’il la protège ainsi que son fils. La régente écrit : « L’état des choses est tellement triste et effrayant pour nous que je recherche auprès de vous un refuge pour moi et mon fils. C’est en vous, cher père, que je place notre salut ». Le 6 avril, Napoléon abdique sans conditions, sans que Napoléon II lui succède, ni que la régence soit accordée à Marie-Louise. Le lendemain, des nouvelles arrivent à Blois ainsi qu’une lettre de Napoléon pour Marie-Louise : « Adieu, ma bonne Louise, je suis désolé pour toi. Écris à ton père et demande-lui de te donner la Toscane. Quant à moi, je ne veux que l’île d’Elbe ».
Tout d’abord Marie-Louise prend la décision de le rejoindre à Fontainebleau, puis elle se laisse convaincre de rester à Blois. Elle écrit à son mari pour lui demander ses instructions parce que certains lui demandent d’aller le retrouver alors que d’autres l’invitent à rejoindre son père. Napoléon ne répond pas et ce sont un aide de camp du tsar et un représentant du gouvernement provisoire français qui se présentent à Blois afin de la convaincre de partir pour Orléans. Dans la ville, ses objets de valeur sont confisqués, non seulement les biens d’État, mais aussi les cadeaux de son mari. Marie-Louise est terrifiée, elle craint de finir comme Marie-Antoinette et elle écrit à Napoléon qu’elle est fiévreuse, qu’elle crache du sang et qu’elle a besoin d’aide. Le 11 avril, Napoléon lui écrit et l’informe des décisions prises par les Alliés : il sera envoyé sur l’île d’Elbe, elle et son fils dans le duché de Parme, Plaisance et Guastalla alors que lui aurait préféré qu’elle reçoive la Toscane, de sorte qu’elle puisse le rejoindre de manière permanente sur l’île d’Elbe. Marie-Louise ne suit pas son mari dans son exil et le 16 avril, elle rencontre son père à Rambouillet.

 

Le renoncement à l’exil avec Napoléon.

 

François reprend le rôle de tuteur que l’empereur des Français avait occupé pendant quatre ans. Le 23 avril 1814, le voyage de retour de Marie-Louise en Autriche commence. Le 2 mai, elle franchit le Rhin et quitte la France. Dans son journal, elle écrit : « Je souhaite de bonnes choses à la pauvre France. Qu’elle puisse profiter de la paix dont elle a besoin depuis tant de temps et qu’elle éprouve de temps à autre un peu de compassion pour une personne qui lui est restée affectionnée et qui regrette son propre destin et les amis qu’elle doit nécessairement abandonner ».
Pendant le reste du voyage, son état de santé se dégrade sensiblement : elle maigrit de plus en plus, elle est en permanence fiévreuse et elle souhaite « la paix qui se trouve seulement dans la tombe ».
En Autriche, elle commence peu à peu à se reprendre. Par la suite, elle pense trouver un appui à Vienne, un royaume à Parme et quelques séjours sur l’île d’Elbe avec son mari.
À Vienne, Marie-Louise est d’abord accueillie par de grandes démonstrations d’affection. Elle conserve cependant l’intention de rejoindre l’Empereur dans son île, elle lui écrit : « je me console avec l’idée que tu penses quelques fois à moi mais ne devrais je pas désirer [que tu puisses] m’oublier ; tu n’aurais pas d’inquiétudes tandis que moi, tourmentée, t’aimant plus tendrement que jamais, je passe des journées entières à me désespérer de ne pas te voir ».
Peu après, sa sérénité commence à gêner l’opinion publique et sa famille parce qu’elle se montre affligée par le malheur de son marik. En juin 1814, François Ier accorde des vacances à Marie-Louise dans la ville thermale d’Aix-les-Bains ; elle est alors accompagnée par un général en qui son père a toute confiance, Adam Albert de Neipperg. Le but véritable de sa mission est de tout faire pour empêcher l’impératrice de rejoindre Napoléon. Neipperg, qui a parfaitement compris, dit en partant : « Dans six semaines, je serai son meilleur ami et dans six mois son amant », il ne faudra pas si longtemps. Vers la fin du mois d’août, la duchesse de Colorno, nouveau titre de Marie-Louise, aspire à retourner à Vienne pour discuter de son avenir et de celui de son fils. Napoléon lui écrit qu’il l’attend sur l’île d’Elbe en septembre, mais Marie-Louise n’a pas envie d’y aller, de plus elle ne saurait s’y rendre sans le consentement de son pèrel. Pendant le voyage de retour par la Suisse, Marie-Louise exprime les sentiments d’amour qu’elle éprouve pour Neipperg et ils deviennent amants dans la nuit du 25 au 26 septembre à l’auberge du Soleil d’Or au Righi100. Elle écrit à Mme de Montebello « Figurez vous que dans les derniers jours de mon séjour à Aix, l’Empereur m’a envoyé message sur message pour m’engager à venir le rejoindre […] Je n’irais pas pour le moment dans l’isle d’Elbe et je n’irais jamais ». Marie-Louise est sévèrement critiquée par les Français et les Autrichiens.