II-99 : La mort de Pie VI (1799) et la campagne de Russie (1812).

Terroir Romain qu’interpretoit augure,
Par gent Gauloyse sera par trop vexée :
Mais nation Celtique craindra l’heure,
Boreas, classe trop loing l’avoir poussée.

 

 

Mon analyse :

 

Le territoire romain (« Terroir Romain »), que gouvernaient les souverains Pontifes sera foulé aux pieds (« sera par trop vexée ») par l’armée française (« Par gent Gauloyse »). L’évènement sera de mauvais augure (« qu’interpretoit augure ») pour la France (« Mais nation Celtique »). Elle devra craindre l’heure de la vengeance divine (« craindra l’heure ») en Russie (« Boreas »). L’armée de Napoléon ira trop loin en Europe (« classe trop loing l’avoir poussée »).

 

Article Wikipédia “Pie VI” :

 

Giannangelo, comte Braschi ou Giovanni Angelico Braschi à sa naissance, Jean Ange Braschy pour l’état civil français1, né le 25 décembre 1717 à Cesena (Romagne) et mort le 29 août 1799 à Valence (France), est le 250e pape de l’Église catholique, sous le nom de Pie VI (nom latin : Pius VI ; nom italien : Pio VI) du 15 février 1775 à sa mort.

Pie VI, alors âgé de 58 ans, souhaite renouer avec les fastes de Léon X, ce qui lui vaut les critiques de la « statue parlante » Pasquino.
Il est confronté au joséphisme autrichien et effectue même un voyage à Vienne en 1782 dans le but d’amener l’Empereur Joseph II à renoncer à sa politique anti-cléricale. C’est le premier voyage d’un pape hors de Rome.

Pie VI et la Révolution française.

 

Quelque temps plus tard, Pie VI doit affronter les événements de la Révolution française :
– la nationalisation des biens du clergé,
– l’abolition par l’assemblée constituante des vœux monastiques perpétuels sanctionnés par la loi civile (loi du 13 février 1790) et la suppression des ordres réguliers hors ceux ayant pour activité l’éducation et les œuvres de charité, conduisant à la mise à l’écart de 100 000 religieux (moines, chanoines, etc.), soit les deux tiers du clergé de l’époque en France,
– le projet de constitution civile du clergé (adopté par la Constituante le 12 juillet 1790),
– ainsi que la situation de schisme qu’elle entraîna entre les prêtres et les évêques « constitutionnels » et les prêtres et les évêques restés fidèles à l’Église, « réfractaires ».
Pie VI fait savoir le 9 juillet 1790 au roi de France Louis XVI qu’il s’oppose au projet de constitution civile du clergé. Il écrit aussi dans ce sens aux archevêques de Bordeaux et de Vienne le 10 juillet 1790.
Le 10 mars 1791 Pie VI envoie son bref « Quod Aliquantum » au Cardinal de La Rouchefoucault. Il y analyse le contenu de la Constitution civile du clergé pour le condamner. Toutefois il précise : « Nous n’avons pas encore jusqu’ici lancé les foudres de l’Église contre les auteurs de cette malheureuse constitution du clergé ». Les menaces d’excommunication et d’anathème ne sont qu’implicites. Dans sa lettre apostolique « Caritas » du 13 avril 1791 Pie VI critique sévèrement les nouvelles élections d’évêques, et leur bénédiction par l’évêque d’Autun. Il déclare schismatiques les propos suivants du nouvel évêque de Quimper : « Cette constitution n’altère en rien le dogme ; qu’elle réforme seulement la discipline, et la rappelle à la pureté des premiers siècles ». Ses actes sacerdotaux sont déclarés irréguliers ; il est menacé d’anathème. Toutefois Pie VI réaffirme une position prudente vis-à-vis de l’Assemblée Nationale : « Nous avons déclaré Nous être abstenu jusqu’ici de déclarer retranchés de l’Église les auteurs de cette fatale constitution ».
La réaction de Pie VI par rapport à la constitution civile du clergé n’est, aujourd’hui encore, pas simple à interpréter ; tardive par rapport aux événements, elle aurait laissé les prêtres et les évêques dans l’embarras sur la conduite à tenir par rapport au serment de fidélité à la Nation, à la loi, au roi, créant un malaise dans les provinces françaises durant les six premiers mois de l’année 1791, et laissant s’y développer un véritable schisme. Cette question fait l’objet de discussions de la part des historiens des religions.
En 1793, après la proclamation de la République en France, une commission décide de supprimer le calendrier grégorien, et de le remplacer par un calendrier républicain avec des semaines de dix jours, sans dimanche. Les campagnes françaises ne reçoivent plus les agendas traditionnels.

Pie VI et le Directoire.

 

La France annexe Avignon et le Comtat Venaissin. Le 19 février 1797, Napoléon Bonaparte contraint Pie VI à signer le traité de Tolentino (appelé aussi Paix de Tolentino) avec la France du Directoire, qui concède à la France les légations de Romagne, de Bologne et de Ferrare. Cette politique papale de Napoléon combine les questions religieuses et diplomatiques.
À la nouvelle de l’assassinat du général Duphot, le Directoire ordonne le 11 janvier 1798 l’occupation de Rome. Gaspard Monge part le 6 février pour Rome. La Révolution éclate dans la ville le 15 février. La « République romaine » est proclamée par le peuple réuni au Campo Vaccino (ancien forum).
Le pape Pie VI est contraint par la république française de renoncer à son pouvoir temporel et de se contenter de son pouvoir spirituel. Déposé le 15 février lors de la proclamation de la République romaine, il est en fait prisonnier. Octogénaire et très malade, il demande la grâce de pouvoir mourir à Rome. Le général français a la délicatesse de lui répondre : « Mourir, cela peut se faire partout ». Pie VI quitte Rome dans la nuit du 19 au 20 février 1798.
Il est conduit à Sienne puis à la chartreuse de Galluzzo de Florence (en juin 1798) où il reste jusqu’au printemps 1799. La Deuxième Coalition se traduisant par l’avancée des troupes autrichiennes venant de Vénétie, et des troupes napolitaines qui ont repris Rome et détruit la République romaine, les Français envoient le pape en France, tandis que leurs troupes reculent sur tous les fronts, dans ces débuts de la seconde campagne d’Italie. Le Pape passe par Bologne, Parme, Turin. On lui fait traverser les Alpes sur une civière. C’est ensuite Briançon, Grenoble et enfin Valence, chef-lieu du département de la Drôme. Il n’ira pas plus loin.
Malgré les bouleversements que connaissait alors la France, le pape octogénaire reçut de nombreuses marques de respect et de compassion de la part du peuple, tout au long de sa route, entre Briançon et Valence. Le poète Paul Claudel le surnommera le « père commun des fidèles ».

Prisonnier du Directoire, il meurt à Valence, épuisé, le 29 août 1799 (12 fructidor an VII) à l’âge de 81 ans. Son acte de décès figure dans le registre d’état civil de la ville de Valence, où il est nommé « Jean Ange Braschy Pie VI pontife de Rome4 ». C’est en son honneur qu’un pâtissier de la ville eut l’idée de confectionner le fameux biscuit Suisse de Valence.
Pie VI est d’abord enseveli civilement au cimetière de Valence. Les États pontificaux sont rétablis à la fin de l’année 1799, avec l’entrée des troupes napolitaines dans Rome et la chute de l’éphémère république romaine. Le conclave qui assure l’élection du successeur de Pie VI se tient à Venise, sous contrôle de l’Autriche depuis le traité de Campo-Formio de 1797. En mars 1800, Pie VII devient le nouveau pape. Napoléon Bonaparte, désormais Premier consul de la République française, engage une offensive en Italie au printemps 1800 et sa victoire à Marengo marque la fin du front italien de la seconde coalition, qui se disloque complètement en 1801. La République française normalise ses relations diplomatiques avec les états pontificaux reconstitués, et signe le concordat de juillet 1801 avec l’Église catholique. Ces évolutions permettent le retour du corps de Pie VI à Rome, le 24 décembre 1801, où il reçoit des funérailles conduites par son successeur le 10 février 1802, dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

Mais, sur réclamation des habitants de Valence, le cœur et les entrailles de Pie VI retournent et reposent dans la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence, après une cérémonie solennelle en ce lieu le 25 octobre 1811. On peut lire l’inscription suivante (rédigée en latin) sur ce monument de Valence : « Les entrailles saintes de Pie VI sont rendues aux Français ; Rome possède son corps ; son nom retentit en tous lieux ; il est mort à Valence le 29 août 1799 ». Depuis 1949, sa dépouille romaine repose dans la nécropole papale de la basilique Saint-Pierre, dans un sarcophage antique.
Moins de dix ans avant la mort du Saint-Père, Madame Vigée-Lebrun, la célèbre portraitiste de la reine de France Marie-Antoinette, qui avait elle-même fui les excès de la Révolution en se réfugiant à Rome, pouvait rapporter cette anecdote : « L’abbé Maury, qui n’était pas encore cardinal, vint chez moi pour me dire que le Pape voulait que je fisse son portrait ; je le désirais infiniment ; mais il fallait que je fusse voilée pour peindre le Saint-Père, et la crainte de ne pouvoir ainsi rien faire dont je fusse contente m’obligea à décliner cet honneur. J’en eus bien du regret, car Pie VI était encore un des plus beaux hommes qu’on pût jamais voir. »

 

Article Wikipédia “La campagne de Russie” :

 

La campagne de Russie est une campagne militaire menée par l’empereur Napoléon Ier en 1812. Après avoir conquis presque toute l’Europe, Napoléon entreprend de conquérir la Russie de l’empereur Alexandre Ier.
Jusqu’à la prise de Moscou, face à une armée impériale russe inférieure en nombre au début de l’invasion, l’avantage est aux forces napoléoniennes. Mais le prince russe Mikhaïl Koutouzov, général en chef, relève le moral de son armée et l’encourage à mener une contre-offensive, en organisant le harcèlement de la Grande Armée lors de la retraite française. C’est ainsi que les maladies, l’hiver, mais aussi les soldats et la population russes, sont responsables de la défaite de Napoléon en Russie.
Les guerres napoléoniennes ont profondément marqué la culture russe. La campagne de Russie a été relatée par Léon Tolstoï dans son célèbre roman historique Guerre et Paix, ainsi qu’évoquée par Piotr Ilitch Tchaïkovski dans son Ouverture 1812. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’invasion allemande de l’Union soviétique a été mise en parallèle avec la campagne de Russie.