IV-54 : Napoléon et les femmes étrangères (1804).

Du nom qui onques ne fut au Roy Gaulois
Jamais ne fut un fouldre si craintif.
Tremblant l’Italie, l’Espaigne et les Anglois,
De femme estrangiers grandement attentif.

 

Mon analyse :

 

Bonaparte se fera sacrer empereur sous un nom qu’aucun roi n’aura jamais porté (« Du nom qui onques ne fut au Roy Gaulois »).

Jamais foudre de guerre (« Jamais ne fut un fouldre ») n’aura été vu aussi craintif en dehors de la vie militaire (« si craintif »). Il sera très attentif (« grandement attentif ») aux femmes étrangères (« De femme estrangiers »).

L’Italie (« l’Italie »), l’Espagne (« l’Espaigne ») et les Anglais (« et les Anglois ») seront tremblants (« Tremblant ») durant son règne.

 

Article Wikipédia “Premier Empire” :

 

Les débuts de l’Empire (1804).

 

Le 25 mai 1804, Napoléon signe un décret qui établit la préfecture du département de la Vendée en la ville de La Roche-sur-Yon, qui est ainsi refondée par un grand projet urbanistique. Cet acte vise à mettre un terme à l’instabilité de la Vendée.
Le 15 juillet, la première cérémonie de remise de la Légion d’honneur a lieu.

 

Le sacre du 2 décembre 1804.

 

Le 2 décembre 1804 : Le Sacre de Napoléon, dû à David (1807) ; cette scène, reconstituée par David à partir de ses croquis, montre le moment où Napoléon prend des mains de Pie VII la couronne impériale pour en coiffer sa femme l’impératrice Joséphine.
Napoléon Ier est sacré Empereur en la cathédrale Notre-Dame de Paris par le pape Pie VII. Il est réellement sacré puisque le sacre consiste à être oint par le saint-chrême ce qui fut fait effectivement par le pape aux endroits habituels pour les souverains. Ainsi, le fait qu’il plaça lui-même la couronne au-dessus de sa tête n’a rien à voir avec le sacre puisque la couronne n’est qu’un objet représentant le pouvoir impérial, tout comme le globe ou l’épée.
N’étant pas pratiquant, l’Empereur ne communie pas lors de la messe. Il se couronne donc lui-même comme évoqué plus haut, se souvenant sans doute de l’épisode du couronnement impérial de Charlemagne. Il couronne ensuite son épouse Joséphine, qui devient alors impératrice. Cette scène est représentée par le célèbre tableau de Jacques-Louis David Le Sacre de Napoléon.
Le sacre impérial est lourdement chargé en symboles. Le passage de la République à l’Empire nécessite la création d’armoiries impériales, ainsi que la création d’objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon, qui se veut rassembleur, décide d’associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts européens.
Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens, et leur disposition sur les armoiries et le manteau impérial doit rappeler les fleurs de lys des Capétiens. La main de justice, utilisée par les Capétiens lors des sacres royaux, doit faire apparaître que l’Empereur est l’héritier de leur pouvoir. Napoléon veut montrer qu’il est le fondateur de la « quatrième dynastie », celle des Bonaparte, après les Mérovingiens, les Carolingiens, et les Capétiens. D’autres symboles utilisés pendant le sacre sont chargés de valeurs morales. Ainsi Napoléon tient-il un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce même empereur. Son épée et son sceptre sont dits « de Charlemagne » : ils ont été en réalité utilisés depuis plusieurs siècles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.
L’aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions, mais il est également le symbole de Charlemagne, l’aigle éployée. La couleur rouge du manteau impérial est une référence directe à la pourpre de l’imperium romain. Napoléon se pose ainsi en héritier de l’Empire romain et de Charlemagne.
Serment prononcé par Napoléon Ier lors de son sacre ;
« Je jure de maintenir l’intégrité du territoire de la République ; de respecter et de faire respecter les lois du concordat et la liberté des cultes ; de respecter et faire respecter l’égalité des droits, la liberté politique et civile, l’irrévocabilité des ventes des biens nationaux ; de ne lever aucun impôt, de n’établir aucune taxe qu’en vertu de la loi ; de maintenir l’institution de la légion d’honneur ; de gouverner dans la seule vue de l’intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français. »
Napoléon devient aux yeux du peuple un chef d’État représentant à la fois le consensus politique d’une nation et un monarque choisi et protégé par la grâce de Dieu. Toutefois, il est considéré à l’étranger comme l’héritier d’une révolution fondamentalement antimonarchique. Cette ambiguïté est sans aucun doute le point faible du régime.
L’expansion de l’Empire napoléonien (1805–1812)[modifier | modifier le code]

La bataille d’Austerlitz, 2 décembre 1805 peint par François Gérard (1810), conservé au Musée de l’Histoire de France (Versailles).
C’est par ses victoires et alliances militaires que Napoléon Bonaparte parvient à faire de l’Empire la puissance dominante de presque la totalité de l’Europe continentale, brisant successivement les différentes coalitions que les souverains de l’Europe, soutenus militairement ou financièrement par l’Angleterre, lui opposent.
En 1805, face à la Troisième Coalition, qui regroupe l’Empire russe, et l’Empire d’Autriche, financés par les Britanniques, Napoléon commence la première campagne d’Autriche. La Grande Armée marche sur l’Autriche, Après avoir passé le Rhin, les sept corps d’armée de Napoléon déferlent sur l’Allemagne. L’Empereur pousse son adversaire Karl Mack à s’enfermer dans Ulm. Mack capitule le 19 octobre. C’était une victoire éclatante pour Napoléon, mais il fallait encore battre les Russes de Koutouzov et les autres armées autrichiennes.
À la nouvelle de la défaite d’Ulm, l’archiduc Charles est contraint de se replier sur Vienne, la Grande Armée entre en Moravie, mais elle ne peut empêcher la jonction des troupes de Koutouzov avec celles d’Alexandre Ier et de François Ier d’Autriche à Austerlitz.
Napoléon Ier veut faire croire à l’ennemi qu’il est trop faible pour le pousser à une offensive téméraire pour le vaincre. Pour ce faire, il utilise de nombreuses ruses (organiser le repli de ses troupes lors d’affrontements ou d’escarmouches, demander à être reçu par les autres empereurs pour un semblant de négociation, etc.). Les ennemis pensent alors que Napoléon ne dispose que de 40 000 hommes. Koutouzov n’en est pas persuadé, mais les jeunes généraux veulent briller devant leur empereur, et foncent dans le piège…
Le 2 décembre 1805, à la bataille d’Austerlitz, malgré son infériorité numérique, Napoléon Ier et ses 73 000 hommes infligent une défaite humiliante aux coalisés austro-russes (86 000 hommes), en appliquant son plan considéré comme un chef-d’œuvre tactique.
Le 26 décembre, l’Autriche signe le traité de Presbourg. La France a alors les mains libres pour réorganiser l’Allemagne : Napoléon Ier forme la Confédération du Rhin qui dissout de facto le Saint-Empire romain germanique. Enfin, l’Autriche doit payer une indemnité de quarante millions de florins, soit un septième de son revenu national.
La Prusse n’accepte pas que la suprématie française s’étende, avec la Confédération du Rhin, à ses propres frontières et, le 9 août 1806, le roi Frédéric-Guillaume III, poussé par la Russie et le Royaume-Uni, décrète la mobilisation afin de faire la guerre à la France.
Une Quatrième Coalition contre Napoléon se forme au mois d’octobre 1806, composée de la Prusse, du Royaume-Uni, de l’Empire russe, de la Saxe et de la Suède.
Napoléon doit alors préparer une nouvelle campagne militaire. Il concentre son armée sur le Rhin, et le 25 septembre, il avance vers la Saxe avec environ 160 000 hommes (effectif de départ, augmentant au cours de la campagne). Le premier choc a lieu lors de la bataille de Saalfeld, durant laquelle le prince Louis-Ferdinand de Prusse est tué.
L’avancée rapide de l’armée française est telle qu’elle permet d’annihiler l’armée prussienne, qui comptait 250 000 hommes. En effet, Napoléon et le maréchal Davout la mettent en déroute lors des batailles d’Iéna et d’Auerstadt, le 14 octobre 1806. L’armée prussienne perd dans la même journée environ 43 000 hommes, et toute son artillerie. Ces défaites jettent les Prussiens dans le désarroi. Ainsi, on vit 500 hussards français commandés par le général Lasalle capturer à eux seuls et sans résistance la ville fortifiée de Stettin, le 29 octobre. L’armée prussienne n’existe plus.
Le 27 octobre, Napoléon fait son entrée à Berlin à la tête de la Grande Armée. Au total, Napoléon n’a mis que dix-neuf jours du lancement de son attaque sur la Prusse jusqu’à son entrée dans Berlin.
Le 21 novembre 1806, Napoléon Ier décrète l’établissement d’un Blocus continental envers l’Angleterre.
Après cette victoire sur les Prussiens, Napoléon décide d’envahir la Pologne prussienne avant que n’arrive l’armée russe. Le dernier partage de la Pologne ayant eu lieu 11 ans plus tôt, les soldats de Napoléon sont accueillis en libérateurs dans toutes les villes et dans toutes les campagnes, d’autant que, parmi eux, se trouvent les anciens des légions polonaises de l’armée d’Italie de Dombrowski. L’insurrection des provinces polonaises contre les occupants prussien et russe fournit à Napoléon 30 000 hommes.
Devant Varsovie, les Russes se dérobent, et refusent de livrer bataille. Murat s’empare de Praga, faubourg de la capitale. Napoléon arrive le 19 décembre à Varsovie. Obligé d’hiverner en Pologne, Napoléon passe, ainsi, tout le mois de janvier 1807 à Varsovie, où il rencontre la comtesse Marie Walewska. En fait, l’armée française a besoin de repos et de réorganisation ce qui lui interdit d’affronter immédiatement l’armée russe. Elle se replie alors sur la Vistule pour ses quartiers d’hiver en attendant de recevoir les renforts de France. Heureusement, de mémoire de Polonais, jamais l’hiver n’a été aussi clément. Pour les Français, la température est plus douce qu’à Paris en cette saison.
Le général russe Bennigsen attaque à la fin du mois de janvier 1807, ce qui oblige Napoléon à engager la terrible et indécise bataille d’Eylau le 8 février. Les Russes se replient, malgré de lourdes pertes dans les deux camps.
L’armée française contre-attaque. Le 10 juin, à la bataille d’Heilsberg une charge impressionnante de la cavalerie de Murat contraint l’armée de Bennigsen à se replier à nouveau. Les Français les poursuivent et, le 14 juin, remportent une victoire décisive à la bataille de Friedland. Modèle de manœuvre et de jugement, comparable à Austerlitz dans sa conception, la bataille de Friedland marque la victoire sans appel de l’armée française.
Le 7 juillet, les deux chefs d’État signent, à Tilsit, le traité du même nom. La Russie devient alliée de l’Empire français, lui cédant ses territoires méditerranéens de Cattaro et des îles Ioniennes, et adhérant au Blocus continental. Le traité est catastrophique pour le royaume de Prusse : il perd ses territoires à l’ouest de l’Elbe, qui formeront le royaume de Westphalie, avec, à sa tête, le frère de l’empereur, Jérôme. Il doit céder ses possessions en Pologne afin de constituer le Duché de Varsovie, et doit verser une lourde indemnité de guerre. Jamais l’empereur Napoléon n’a atteint un tel degré de puissance.
À partir de la fin de l’année 1807, l’engagement de la France dans les affaires de la péninsule Ibérique (invasion du Portugal pour le forcer à appliquer le Blocus continental, ingérence dans la crise dynastique espagnole) déclenche la guerre d’Espagne, un conflit brutal qui s’étalera sur plus de six ans, et qui affaiblira l’Empire de manière importante.
Le traité de Fontainebleau entre la France et l’Espagne permet l’intervention de la France dans la péninsule ibérique pour contrôler le Portugal : le roi Jean VI de Portugal s’enfuit le 27 novembre 1807 avec sa cour vers le Brésil avec l’aide de la flotte britannique. Quelques mois plus tard et tandis que des troupes françaises dirigées vers le Portugal contrôlent plusieurs villes espagnoles, Napoléon obtient à Bayonne, après l’annonce du soulèvement du 2 mai 1808 à Madrid, l’abdication du roi Charles IV et le renoncement à leurs droits de son fils Ferdinand VII et des frères de ce dernier. Ce traité de Bayonne permet à Napoléon de placer son frère Joseph Bonaparte sur le trône espagnol. Cependant, le contrôle du pays est rendu très difficile par le soulèvement de la population espagnole – notamment par les guérillas – ainsi que par l’intervention du Royaume-Uni qui expulse l’armée française du Portugal (Convention de Cintra du 30 août 1808). Les armées françaises ne parviendront jamais à soumettre le Portugal.
En 1809, la France et l’Autriche s’affrontent à nouveau. La France triomphe de cette Cinquième Coalition à la bataille de Wagram, et impose le traité de Schönbrunn aux Habsbourg.

L’apogée de l’Empire (1812).

 

À son apogée en 1812, l’Empire Français compte 130 départements et plus de 44 millions de sujets. Il est capable de déployer, avec ses alliés, 600 000 hommes contre la Russie. Il maintient une présence militaire étendue en Allemagne, Italie, Espagne et sur le Duché de Varsovie. La Prusse et l’Autriche sont ses alliées. Enfin les provinces illyriennes sont directement rattachées à l’Empire, sans être cependant départementalisées (le projet de départementalisation ayant été abandonné en 1811), tandis que la Catalogne est détachée du royaume d’Espagne en janvier 1812 pour être directement soumise à l’autorité de l’Empereur.

Le déclin et la chute de l’Empire (1812-1815).

 

En février 1808, Murat prend le commandement de l’armée française stationnée en Espagne, pour appuyer l’invasion du Portugal. Le 2 mai, le peuple de Madrid, inquiet de voir la famille royale espagnole convoquée à Bayonne par Napoléon, se soulève contre l’armée française (Dos de mayo). Une terrible répression de la part de Murat s’abat alors dans la nuit du 2 au 3 mai. De 1809 à 1810, la lutte de la guérilla espagnole est indécise. De 1811 à 1812, les défaites françaises se multiplient en Espagne, tandis qu’une tension diplomatique augmente entre l’Empire français et l’Empire russe, du fait des rivalités économiques amplifiées par la logique du Blocus continental et l’application du traité de Tilsit.
Le 24 juin 1812, ces tensions croissantes entre la France et la Russie aboutissent à l’invasion du territoire russe par Napoléon et sa Grande Armée constituée de soldats de vingt nations. La campagne de Russie se révèle catastrophique pour l’Empire français. Les russes utilisent la tactique de la terre brulée, qui consiste à détruire leurs vivres et leurs maisons pour éviter que les soldats ennemis ne puissent se ravitailler ou s’abriter. La Grande Armée se dissout quasi-totalement (600 000 hommes au départ et environ 30 000 soldats encore opérationnels au retour) tandis que les alliés de la veille redeviennent des adversaires : la Prusse en février 1813 et l’Autriche en août suivant.
En 1813, la guerre contre la sixième coalition aboutit à l’expulsion des forces impériales de l’Allemagne (défaite de Leipzig le 19 octobre), à quelques places fortes près. De janvier à mars 1814, la campagne de France voit la France envahie par les coalisés. Autrichiens, Prussiens et Russes occupent le pays après l’abdication de Napoléon, le 6 avril 1814.
Son ultime retour, du 20 mars au 22 juin 1815, lors des Cent-Jours s’achève par la déroute de l’armée française à Waterloo (18 juin).