III-51 : le meurtre du duc de Guise (1588).

III-51

 

Scholie Anatole Le Pelletier.

 

Il se tramera à Paris, pour commettre un meurtre considérable, un complot qui aura son plein effet à Blois. Les Orléanais voudront se donner un gouverneur dévoué comme eux à la ligue (« leur chef ») ; Angers, Troyes et Langres tiendront pour le parti contraire (« leur feront un méfait »).

Henri III formera à Paris le dessein de faire assassiner le duc de Guise, et ce meurtre s’accomplira le 23 décembre 1588, au château de Blois. A cette nouvelle, les Orléanais se soulèveront contre Balzac d’Entragues, gouverneur de la ville pour le roi et mettront à leur tête Charles de Lorraine, chevalier d’Aumale, l’un des chefs de la Ligue (« leur chef »). Angers, Troyes et Langres prendront au contraire parti pour Henri III.

 

Scholie Henri Torné-Chavigny.

 

Dans Paris, à la veille de la journée des Barricades, Henri III aura délibéré avec son Conseil sur la mort du duc de Guise, le premier personnage du moment. A Blois, dans la même année, le roi donnera suite à sa délibération en faisant périr ce duc dans cette ville.

Les bourgeois d’Orléans, aussitôt la mort de Guise, chasseront le gouverneur que leur aura donné le roi, pour remettre à leur tête le duc de Mayenne, résidant dans leur ville et devenu le chef de la Ligue, alors en guerre ouverte contre le roi.

Angers, Troyes et Langres feront ressortir le crime de cette conduite : la première, en combattant pour le roi ; la seconde, en fournissant l’homme qui entraînera le Parlement à placer la couronne sur la tête de Henri IV ; la troisième, en tenant pour le roi au milieu de ka défection générale et en constituant ainsi à l’être le symbole de la fidélité.

Article Wikipédia Henri Ier de Guise.

En 1584, Henri III reconnaît comme son héritier légitime Henri de Navarre, le chef de la maison de Bourbon, la maison rivale des Guise. Henri de Guise mène alors un mouvement de fronde, connu sous le nom de Ligue. À ce titre, il signe le traité de Joinville avec le roi Philippe II d’Espagne, en vertu duquel ce dernier apportait son soutien financier à la ligue.

Il est l’un des promoteurs de l’Édit de Nemours () par lequel Henri III révoqua l’édit de pacification et relança la guerre contre les protestants.

Lors de la huitième guerre de religion, à la tête des troupes catholiques, il vainc successivement les protestants à Vimory () puis à Auneau (). Il détruit la saline de Saulnot, propriété de la principauté de Montbéliard.

Revenu à Paris le malgré l’interdiction formelle du roi, il prend une part très active dans la journée des barricades (). D’autre part, on le soupçonne d’être à la solde de Philippe II, principal ennemi des protestants en Europe, qui prépare une offensive décisive contre le protestantisme en envoyant le l’Invincible Armada contre l’Angleterre. Toutes ces menaces affaiblissent Henri III et contraignent le roi à signer l’édit d’union () par lequel le duc de Guise devenait lieutenant-général des armées du royaume.

Le duc de Guise lors de la journée des barricades, par Paul Lehugeur.

Le débutent les États généraux au château de Blois. La nouvelle de l’échec de l’« Invincible Armada » en conforte le roi. Cependant, la ligue est majoritaire et le duc entame une nouvelle épreuve de force contre le roi. Le , Louis, cardinal de Guise, représentant du clergé aux États généraux, aurait porté un toast à son frère le duc de Guise en disant : « Je bois à la santé du roi de France ».

Le , Henri de Guise est assassiné sur l’ordre d’Henri III (“PARIS conjure un grand meurtre commetre“) qui l’avait convoqué dans son « cabinet vieux », voisin de la salle du Conseil du château de Blois (“Bloys le fera sortir en plain effet), sous prétexte d’un prochain déplacement, Guise pensant que le roi allait enfin le nommer connétable. Alors que le duc passe dans la chambre du roi pour se rendre à ce cabinet, huit membres des « Quarante-cinq », la garde personnelle du roi, se ruent sur lui pour l’exécuter. Le duc parvient à riposter et blesser quatre adversaires avant de s’effondrer, percé d’une trentaine de coups d’épée et de dagues. On retrouve sur le duc ce billet portant son écriture : « Pour entretenir la guerre en France, il faut sept cens mille écus, tous les mois ».

Son corps fut confié au Sieur de Richelieu, grand prévôt de France, qui par commandement du roi, le fit dépecer par le bourreau puis brûler à la chaux vive avant que ses cendres ne soient dispersées dans la Loire. Le même jour sont arrêtés sa mère Anne, son fils Charles et son frère le cardinal de Lorraine. Celui-ci fut exécuté puis brûlé dans sa prison le lendemain.

Quoique apocryphe, un célèbre mot historique est continuellement prêté à Henri III. Voyant étendu à ses pieds le corps de son ennemi qui mesurait presque deux mètres, le roi se serait exclamé : « Il est plus grand mort que vivant ! ».

Article Wikipédia Ligue catholique (France).

Cependant Henri III avait interdit à Henri de Guise d’entrer dans Paris, où des rumeurs d’insurrection couraient. Mais celui-ci passa outre, et pénétra dans la capitale le . Devant les mouvements de l’armée royale, Paris soutenant les Guise ne tarda pas à se hérisser de barricades (journée des barricades du initiée à la place Maubert). Ayant perdu le contrôle de sa capitale, Henri III se réfugie à Chartres. Henri III fait mine de se réconcilier avec les Ligueurs, il signe à Rouen le l’Édit d’Union contre les protestants, et livre la ville portuaire de Boulogne-sur-Mer aux Ligueurs pour que ces derniers puissent y recevoir la flotte espagnole. De plus, Henri de Guise est fait lieutenant-général du roi pour le royaume (chef des armées).

Le roi est contraint de convoquer de nouveau les États généraux, à Blois. Ceux-ci sont majoritairement favorables à la Ligue, et lui refusent des subsides. C’est alors qu’Henri III tente par un coup d’éclat de se débarrasser des Guise. Peu avant Noël (), il fait exécuter sommairement le duc de Guise, arrêter les chefs ligueurs dont le cardinal de Lorraine, frère du duc de Guise, (qui est exécuté le lendemain), l’archevêque de Lyon, le cardinal de Bourbon, le prince de Joinville, fils du duc de Guise, sa mère la duchesse de Nemours et son cousin, le duc d’Elbeuf. Plusieurs députés des États généraux sont également arrêtés. Après l’exécution du duc de Guise, le duc Charles de Mayenne, frère de Henri de Guise, dirige la ligue (“Ceux d’Orleans voudront leur chef remetre“).

Ce coup d’État provoque un soulèvement général. La Sorbonne relève les sujets de leur devoir de fidélité au roi. Toutes les provinces tenues par la Ligue (essentiellement la Champagne (“Troye“), le Midi, la Bourgogne (“langres“), la Bretagne, la Normandie tenue par Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne et beau-frère d’Henri III, et la région de Paris) se soulèvent contre le « tyran » Henri III. Celui-ci s’allie au roi de Navarre, et leur armée met le siège devant Paris. C’est alors qu’Henri III est assassiné le par Jacques Clément, un dominicain membre de la ligue.

Voir quatrain III-55 (mort d’Henri II et du duc de Guise).

Voir quatrain IV-60 (meurtre du duc de Guise).

Voir quatrain V-67 (mort d’Henri II et d’Henri III).