IV-60 : le meurtre du duc de Guise (1588) et d’Henri III (1589).

IV-60

 

Jacques Clément assassin de Henri III

 

Scholie Anatole Le Pelletier.

 

Sept enfants seront laissés en sa maison. Le tiers état (« le tiers ») enverra un émissaire qui assassinera son dernier fils (« son enfant »), parce que deux hommes auront été percés à coups d’épée (« estoc ») par ce même fils.

Le Génois et le Florentin (« Gennes, Florence ») viendront ensuite les mettre en déroute.

Henri II laissera après lui sept enfants survivants de sa maison. Le conseil des Seize (« le tiers ») suscitera Jacques Clément qui ira à Saint-Cloud assassiner Henri III, le dernier fils de Henri II, parce que Henri de Guise et le Cardinal, son frère (« deux d’estoc percés »), auront été tués à coups d’épée par l’ordre de ce même fils de Henri II.

Puis Charles-Emmanuel Ier, duc régnant de Savoie (« le Génois »), et Alexandre Farnèse, duc de Parme (« le Florentin »), général de Philippe II, viendront faire la guerre à Henri IV qui sera forcé, par le duc de Parme, de lever précipitamment le siège de Paris, en 1590, et celui de Rouen, en 1592.

 

Scholie Henri Torné-Chavigny.

 

Henri II laissera ses sept enfants au milieu des partis hostiles à sa maison. Le Tiers ou le Conseil des Seize armera le bras d’un assassin qui tuera Henri III, le dernier des fils Henri II, parce que les deux de Guise auront été percés à coups de poignard et de hallebarde par ordre de ce prince.

Dans le temps où les fleurs de lis seront dans la gêne, les armées italiennes commandées par le duc de Parme et le duc de Savoie entreront de toutes parts en France, à la voix de la Ligue, et Florence s’emparera des îles qui sont devant Marseille.

Article Wikipédia Henri III.

Installé à Saint-Cloud dans l’attente du siège de Paris, ce 1er août 1589, vers huit heures du matin, Henri III accueille sur sa chaise percée le procureur général accompagné d’un moine dominicain ligueur, Jacques Clément, qui se dit porteur de nouvelles en provenance du Louvre. Devant l’insistance du religieux à vouloir parler en privé avec le souverain, on les laisse tous les deux seuls. Selon les versions des chroniqueurs de l’époque, le roi reste sur sa chaise percée ou se lève pour s’entretenir dans l’embrasure d’une fenêtre. Jacques Clément en profite pour frapper le roi au bas ventre avec le couteau qu’il tenait dissimulé sous son habit (“Le tiers viendra son enfant trucider“). Henri III se lève, arrache le couteau de son intestin perforé et s’en sert pour frapper son assaillant en s’écriant : « Méchant moine, tu m’as tué ! ».

Au bruit, les gardes du roi, les fameux Quarante-cinq, accourent, transpercent le moine de leurs épées et le jettent par la fenêtre. Dans un premier temps, les médecins minimisent la gravité de la blessure, remettent les intestins en place et recousent la plaie. Henri III parvient à dicter des lettres aux villes qui lui obéissaient afin de couper court aux rumeurs. À sa femme restée à Chenonceau, il affirme même que dans quelques jours, il monterait de nouveau à cheval. Cependant, le soir venu, la péritonite progresse et ses souffrances augmentent. Selon les règles de passation de pouvoir, il montre son cousin Henri de Navarre à l’assistance et dit « voilà votre roi ». Après une douloureuse agonie, il décède le 2 août 1589 vers 3 heures du matin. Henri de Navarre lui succède sous le nom d’Henri IV.

Henri III est le dernier souverain de la Maison capétienne de Valois, laquelle régna sur la France de 1328 à 1589.

Article Wikipédia Henri IV.

En 1595, Henri IV déclare officiellement la guerre à l’Espagne. Le roi éprouve alors d’énormes difficultés à repousser les attaques espagnoles en Picardie. La prise d’Amiens par les Espagnols et le débarquement d’une troupe hispanique en Bretagne, où le gouverneur Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, cousin des Guise et beau-frère du feu roi Henri III, ne reconnaît toujours pas Henri IV pour roi, laisse celui-ci dans une situation périlleuse.

Le roi perd également l’appui de la noblesse protestante. À l’imitation de La Trémoille et de Bouillon, elle s’abstient de paraître au combat. Choqués par sa conversion et par les nombreuses personnalités qui l’imitent, les protestants en plein désarroi reprochent au roi de les avoir abandonnés. Ils se réunissent régulièrement en assemblée pour réactiver leur organisation politique. Ils vont jusqu’à se saisir de l’impôt royal pour leur propre compte.

Après avoir soumis la Bretagne et avoir repris Amiens aux Espagnols, Henri IV signe, le 13 avril 1598, l’Édit de Nantes qui met en place une paix entre protestants et catholiques. Les deux armées étant à bout de forces, le 2 mai 1598 est signée la paix de Vervins entre la France et l’Espagne. Après plusieurs décennies de guerres civiles, la France connaît enfin la paix.

Toutefois, l’article de la paix de Vervins concernant le duc de Savoie devint la cause d’une nouvelle guerre. Le , Henri IV reçut Charles-Emmanuel Ier de Savoie à Fontainebleau afin de régler le différend. En mars 1600, le duc de Savoie demanda un délai de réflexion de trois mois et repartit pour ses États. Le terme de trois mois étant écoulé, Henri IV fit sommer Charles-Emmanuel de se déclarer. Le prince répondit que la guerre lui serait moins préjudiciable qu’une paix comme celle qu’on lui offrait. Immédiatement, Henri IV lui déclara la guerre, le  (“Gennes, Florence, les viendra enconder“).

Voir quatrain I-10 (sépulture du dernier roi Valois à Saint-Denis).

Voir quatrain I-85 (assassinat du duc de Guise).

Voir quatrain III-51 (assassinat du duc de Guise).

Voir quatrain III-55 (assassinat du duc de Guise).

Voir quatrain V-67 (mort d’Henri II et d’Henri III).

Voir quatrain X-37 (la guerre franco-savoyarde).