III-41 : meurtre du prince de Condé (1569).

III-41

Image illustrative de l'article Louis Ier de Bourbon-Condé

Louis Ier prince de Condé.

 

Scholie (Anatole Le Pelletier.)

 

Un bossu sera élu pour chef par l’assemblée : on ne vit jamais sur la terre un plus hideux monstre. Le coup, porté à dessein (« voulant »), crèvera l’œil de ce traître, qui avait juré d’être fidèle au Roi.

Le prince Louis de Condé, petit et bossu, sera élu général en chef par le conciliabule des notables calvinistes : jamais on ne vit sur la terre un plus insigne scélérat.

Montesquiou, en lui tirant de sang-froid (« voulant ») un coup de pistolet dans la tête, à la bataille de Jarnac, en 1565, mettra fin aux rébellions incessantes de ce traitre qui, deux fois déjà  (en 1560 et 1562), avait obtenu grâce de la vie, en jurant fidélité à Charles IX.

 

Scholie (Torné-Chavigny).

 

Le prince de Condé, bossu, sera élu chef dans l’assemblée des principaux conjurés protestants. Jamais homme lié par sa naissance et la foi de ses ancêtres n’aura trahi aussi souvent tous les partis politiques et religieux.

En lui déchargeant, de sang froid un coup de pistolet dans la tête après qu’il se sera constitué prisonnier, Montesquieu accomplira la volonté du frère d’un roi qui aura plusieurs fois reçu pour fidèle le traître.

Article Wikipédia louis prince de Condé.

Après la mort d’Henri II, les mécontentements que lui font essuyer les Guise le jettent dans l’action violente. Il aurait été le capitaine muet de la conjuration d’Amboise (mars 1560), qu’il combat finalement pour donner le change. Suspecté par les Guise au pouvoir d’avoir fait partie des conjurés, Condé est assigné à demeure à la cour. S’il n’est pas arrêté, c’est que les Guise n’ont pas de preuve écrite de sa participation à la conjuration.

Réfugié chez son frère le roi de Navarre, il soutient activement le mouvement de sédition qui anime la province pendant l’été. L’arrestation de l’un de ses agents en possession de documents compromettants pousse le roi, le 31 octobre, à le faire arrêter. Certaines sources le présentent comme condamné à mort sans que cela soit établi. Son exécution aurait été ajournée par la maladie du roi qui meurt le 5 décembre. Avec le changement de gouvernement, il est libéré par Catherine de Médicis, qui a besoin du contrepoids que représente un prince du sang face aux Guise, après la mort du roi François II.

Première guerre.

Après le massacre de Wassy le 1er mars 1562, il prend les armes. En avril, il publie un manifeste où il proclame sa volonté de délivrer la régente et le roi des Guise. Il obtient des promesses d’aide d’Allemagne, et s’empare de plusieurs villes de la vallée de la Loire avec une poignée de cavaliers. Les protestants prennent le contrôle de la vallée du Rhône, du Dauphiné, du Languedoc, de Lyon, dont il confie la garde à Soubise. Mais aucun renfort ne peut lui parvenir, ni de ces régions ni de Guyenne. Il perd la bataille de Dreux et y est fait prisonnier (1562). Il est libéré par la paix d’Amboise de 1563, qui octroie aux huguenots une certaine tolérance religieuse.

Deuxième guerre.

En 1567, il tente d’enlever le roi et sa mère. Cet épisode, resté sous le nom de surprise de Meaux fait reprendre la guerre entre les deux camps religieux. Le prince de Condé livre en novembre 1567 la bataille de Saint-Denis, qui reste indécise, et se termine par une paix relative, la paix de Longjumeau, qui n’est en réalité qu’une trêve permettant aux deux camps de reconstituer leurs troupes.

Troisième guerre.

Pendant la trêve qui suit la paix de Longjumeau, il se retire à Noyers. Il en fuit le 23 août, menacé par les troupes royales, et rejoint La Rochelle avec Coligny le 19 septembre. Ils y retrouvent Jeanne d’Albret et ses Gascons, accompagnée du sieur de Piles, de ses gentilshommes périgourdins, des cavaliers du sénéchal de Poitou Fonteraille, puis plus tard par le baron d’Acier.

L’affrontement avec l’armée royale a lieu le à Jarnac. Blessé durant le combat, Condé tente de se rendre lorsqu’il est assassiné d’un coup de pistolet par Joseph-François de Montesquiou, capitaine des gardes du duc d’Anjou appelés les manteaux rouges. Promené sur une ânesse, son cadavre est l’objet des quolibets de l’armée catholique avant d’être exposé pendant deux jours sur une table au château de Jarnac[5].