I-35 : mort d’Henri II (1559).

I-35

 

Henri II

Henri II (d’après François Clouet, 1559).

 

Scholie (Anatole Le Pelletier).

 

Montgomery (« le lion jeune ») terrassera Henri II (« le vieux surmontera ») en champ clos, dans un tournoi où ils jouteront l’un contre l’autre, seul à seul (« par singulier duel ») ; il lui crèvera l’œil d’un coup de lance porté au travers de la visière d’or de son casque (« dans caige d’or »).

Voici le premier des deux meurtres qui abattront l’arbre dynastique des Valais ; ainsi Henri II, blessé mortellement, périra de mort violente.

 

Le tournoi fatal. Gravure allemande du XVIe siècle.

 

Scholie (Henri Torné-Chavigny).

 

Montgomery, vaillant soldat, triomphera du brave Henri II, plus âgé que lui, dans un tournoi où ils lutteront seul à seul.

En lui crevant l’œil à travers la visière de son casque d’or, il lui fera fermer les yeux à la lumière.

Les assistants divisés en deux classes, et prenant parti pour l’un et l’autre des combattants, se réuniront en un même regret sur l’issue fatale de la lutte. Henri II survivra onze jours à sa blessure, et sa mort aura pour la France les suites les plus cruelles.

 

Henri II mort

L’agonie d’Henri II à l’hôtel des Tournelles.

 

Article Wikipédia (Henri II).

 

À l’occasion du double mariage d’Élisabeth de France avec Philippe II d’Espagne et de Marguerite de France, sœur du roi, avec le duc de Savoie, un tournoi est organisé le 30 juin 1559 rue Saint-Antoine, la plus large rue de Paris à l’époque, car elle a déjà les dimensions qu’on lui connaît de nos jours.

Au cours d’une joute se déroulant devant l’hôtel de Sully (soit au niveau de l’actuel numéro 62), Henri II est grièvement blessé d’un coup de lance accidentel par Gabriel de Lorges, comte de Montgommery, capitaine de sa Garde écossaise. Il est transporté à l’hôtel des Tournelles, résidence royale toute proche située à l’emplacement de l’actuelle place des Vosges. Malgré les soins des médecins et chirurgiens royaux dont Ambroise Paré, autorisé à reproduire la blessure sur des condamnés à mort afin de mieux la soigner, et André Vésale, chirurgien particulier de Philippe II d’Espagne appelé d’urgence de Bruxelles au chevet du blessé, le roi meurt dans d’atroces souffrances le .

Les entrailles et le cœur du monarque furent portés à l’église des Célestins, tandis que le corps était embaumé. Le , on exposa l’effigie du roi sur une estrade haute de quatre marches, surmontée d’un dais. Paré des ornements royaux (la couronne fermée, la tunique de satin violet semée de fleur de lys, le manteau fourré d’hermine), tandis que le sceptre et la main de justice étaient placés de part et d’autre, le mannequin témoignait de l’éclat permanent de la dignité royale. Pendant six jours, on servit les repas comme s’il s’agissait d’un être vivant. Le 5 août 1559, l’effigie fut enlevée. Le cercueil abritant le corps périssable du monarque était désormais exposé seul, sur de simples tréteaux. Le , l’effigie et le corps furent portés solennellement à la cathédrale Notre-Dame, où l’on célébra deux jours des messes de requiem et enfin le , le cortège funèbre se rendit à Saint-Denis.

Plusieurs astrologues auraient conseillé au roi d’éviter tout combat singulier. Le quatrain I-35, par lequel Nostradamus aurait anticipé la mort de Henri II, est l’un de ses plus célèbres, mais ni Nostradamus ni ses contemporains n’ont relié le quatrain à l’événement.

 

Jean-François Dreux du Radier (1759).

 

« Henri, qui voulut voiler l’ignominie du traité de Câteau-Cambresis, par splendeur des fêtes et la magnificence des noces de sa fille Elisabeth de France, avec Philippe II Roi d’Espagne et celle de sa sœur Marguerite de France avec Emmanuel–Philibert, Duc de Savoye, ordonna un Tournoi Solemnel contre tous venans (“En champ bellique par singulier duelle“). Sa majesté, le Duc de Ferrare, le Duc de Guise, et M. de Nemours étaient les tenants.
Le Roi, l’un des meilleurs cavaliers de son royaume, fit admirer son adresse et sa valeur. Mais vers la fin du tournoi, voulant, dit-il, rompre encore une lance à l’honneur des dames (“Deux classes une, puis mourir,mort cruelle“), d’autres disent de la Reine son épouse, il en envoya une au jeune Gabriel de Montgommery (“Le lyon  jeune le vieux surmontera“). La Reine, le supplia inutilement de sortir du tournoi : Montgommery refusa d’entrer en lice autant qu’il le put, et jusqu’à un ordre exprès qu’il en reçut du Roi. Ils coururent enfin l’un contre l’autre, et si rudement que les lances se brisèrent et que Montgommery, emporté par son cheval, donna dans l’œil droit du Roi, qui avait la visière de son casque levée (“Dans caige d’or les yeux luy crevera“), du tronçon qui lui resta la main. Le coup pénétra si avant, que le crâne en fut enfoncé.
Le Roi chancela et aussitôt emporté à l’hôtel des Tournelles (aujourd’hui la Place Royale), près duquel le combat s’était déroulé. On épuisa inutilement tout ce que la chirurgie a d’art et d’industrie. Il se forma un abcès dans la tête du Roi, qui mourut le douzième jour, qui était le 10 juillet 1559 (“mourir, mort cruelle“). Il ordonna qu’on achevât le mariage de sa sœur avec le Duc de savoye, et déclara qu’il pardonnait à Montgommery…”.

 

— Jean-François Dreux du Radier, Tablette anecdotes et historique de rois de France depuis Pharamond jusqu’à Louis XV.

 

Voir quatrain III-30 (mort de Montgomery).

Voir quatrain VI-63 (régence de Catherine de Médicis).

voir quatrain III-55 (mort d’Henri II).

Voir quatrain V-67 (mort d’Henri II et d’Henri III).

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