IV-89 : La révolution de Guillaume d’Orange (1689).

IV-89

 

Guillaume III débarquant à Brixham, peinture de Jan Wyck vers 1688.

 

Scholie Jean-Charles de Fontbrune.

 

Trente personnages de Londres conjureront contre leur roi ; l’entreprise se fera par mer ; les fatalités de la mort (de son père) le dégoûteront puis un roi natif de Hollande sera choisi avec une blonde (Marie).

Article Wikipédia Guillaume III d’Orange.

Guillaume III (en néerlandais : Willem III et en anglais : William III ; 14 novembre 1650 – 8 mars 1702) fut stathouder des provinces de Hollande, de Zélande, d’Utrecht, de Gueldre et de Overijssel appartenant aux Provinces-Unies à partir du 9 juillet 1672. Il devint également roi d’Angleterre et d’Irlande (sous le nom de Guillaume III) et roi d’Écosse (sous le nom de Guillaume II) du 13 février 1689 à sa mort.

Issu de la maison d’Orange-Nassau (“blonde“) et titré prince d’Orange à sa naissance, Guillaume affronta les responsables politiques hollandais qui voulaient empêcher le retour de la fonction de stathouder. La catastrophique année 1672, au cours de laquelle les Provinces-Unies affrontèrent une coalition menée par la France et l’Angleterre, permit toutefois à Guillaume de devenir stathouder et il parvint à sauvegarder les intérêts néerlandais dans les différents traités de paix.

En 1677, Guillaume épousa la princesse Marie d’Angleterre, fille aînée de l’héritier du trône anglais Jacques, duc d’York. Lorsque ce dernier devint roi en 1685, son catholicisme et ses politiques impopulaires lui aliénèrent l’opinion anglaise majoritairement protestante. Dans ce qui fut appelé la « Glorieuse Révolution » de 1688, Guillaume renversa Jacques II et obtint les couronnes d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande. Dans les îles Britanniques, Guillaume III gouverna conjointement avec son épouse, Marie II jusqu’à la mort de celle-ci le 28 décembre 1694. Il poursuivit son opposition à la France de Louis XIV lors de la guerre de la Ligue d’Augsbourg et son règne marqua la transition du pouvoir personnel des Stuarts vers le pouvoir soumis au contrôle du Parlement de la Maison de Hanovre.

Guillaume était initialement opposé à l’invasion mais la plupart des historiens sont d’accord pour dire qu’il commença à assembler une force expéditionnaire en avril 1688 car il devenait de plus en plus clair que la France resterait occupée par ses campagnes en Allemagne et en Italie et ne pourrait donc pas attaquer lorsque les troupes de Guillaume seraient en Angleterre. Croyant que les Anglais accepteraient mal un envahisseur étranger, il envoya une lettre au contre-amiral Arthur Herbert dans laquelle il demandait que les protestants les plus influents d’Angleterre l’invitent d’abord à attaquer. Le 20 juin 1688, l’épouse de Jacques, Marie de Modène, accoucha d’un fils (Jacques François Stuart) qui évinçait l’épouse de Guillaume de la première place dans l’ordre de succession et laissait présager la mise en place d’une dynastie catholique. La colère publique fut également accrue par le procès de sept évêques qui s’étaient publiquement opposés à la Déclaration d’indulgence de Jacques II qui garantissait la liberté de religion à ses sujets, une politique qui semblait menacer l’Église d’Angleterre.

Le 30 juin 1688 (“Trente“), le jour de l’acquittement des évêques, un groupe de personnalités politiques appelé par la suite les « sept immortels » envoya une invitation formelle à Guillaume (“Trente de Londres secret conjureront Contre leur Roy, sur le pont l’entreprise “). Les intentions de Guillaume sur l’invasion furent rendues publiques en septembre 1688 et il débarqua à la tête d’une armée hollandaise à Brixham dans le sud-ouest de l’Angleterre le 5 novembre 1688. Il proclama à son arrivée qu’il maintiendrait les libertés de l’Angleterre et de la religion protestante. Guillaume avait débarqué avec environ 11 000 fantassins et 4 000 cavaliers. Jacques II perdit immédiatement tous ses soutiens après l’arrivée de Guillaume ; les officiers protestants de l’armée anglaise désertèrent (dont John Churchill, l’officier le plus expérimenté de Jacques) et de nombreux nobles de tout le pays déclarèrent leur soutien à l’envahisseur (“Contre leur Roy, sur le pont l’entreprise “).

Jacques II tenta initialement de résister à Guillaume mais ses efforts furent inutiles. Il envoya des émissaires pour négocier avec Guillaume mais il tenta secrètement de fuir le 11 décembre. Un groupe de pêcheurs l’arrêta et il fut ramené à Londres. Guillaume autorisa néanmoins Jacques II à quitter le pays car il ne voulait pas en faire un martyr de la cause catholique (“Luy, fatalistes la mort degousteront“).

Guillaume convoqua un parlement de convention en Angleterre qui se rassembla le 22 janvier 1689. Guillaume sentait que sa position était précaire ; même si sa femme se trouva en haut de l’ordre de succession au trône, il souhaitait régner en tant que roi de son plein droit et non en tant que simple roi consort. Le seul précédent d’une monarchie conjointe en Angleterre remontait au XVIe siècle quand la reine Marie Ire avait épousé le prince Philippe d’Espagne. Philippe ne resta roi que durant la vie de son épouse et des restrictions étaient placées sur son pouvoir. D’un autre coté, Guillaume souhaitait rester roi même après la mort de sa femme. La majorité des tories à la Chambre des Lords proposa d’acclamer Marie en tant que monarque unique mais elle refusa par loyauté à son mari.

La Chambre des Communes avec une majorité whig avait rapidement décidé que le trône était vacant et qu’il était plus sûr que le souverain soit protestant. Les tories de la Chambre des Lords n’étaient pas d’accord mais après que Guillaume eut refusé d’être un régent ou de ne régner que jusqu’à la mort de son épouse, il y eut des négociations entre les deux Chambres et les Lords reconnurent à une courte majorité que le trône était vacant. Le parlement vota la Déclaration des droits le 13 février 1689 dans laquelle il jugeait que Jacques II, en ayant tenté de fuir, avait abdiqué et avait donc laissé son trône vacant. La Couronne ne fut pas transférée au fils aîné de Jacques, Jacques François Stuart (qui aurait été l’héritier apparent en des circonstances normales), mais à Guillaume III et Marie II en tant que co-monarques (“Un Roy esleu blonde, natif de Frize“). Elle l’était, cependant, à condition que « l’exercice plein et entier de la puissance royale soit exercé par le prince d’Orange aux noms des dits prince et princesse pendant leur vie commune ».

Guillaume III et Marie II furent couronnés ensemble le 11 avril 1689 par l’évêque de Londres Henry Compton. Habituellement, le couronnement était réalisé par l’archevêque de Cantorbéry mais le détenteur du titre, William Sancroft, refusa de reconnaître le renversement de Jacques II.

Guillaume III convoqua également une réunion du parlement d’Écosse qui eut lieu le 14 mars 1689. Ce dernier envoya une lettre de conciliation mais Jacques II envoya des ordres hautains et sans compromis, ce qui poussa une majorité à se prononcer en faveur de Guillaume III. Le 11 avril, le jour du couronnement anglais, la convention déclara finalement que Jacques II n’était plus roi d’Écosse. Guillaume III et Marie II reçurent la couronne d’Écosse qu’ils acceptèrent le 11 mai.