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L’astrologie grecque (2) : Persée et l’astrologie.

De nombreux auteurs ont étudié les contes de fée et ont essayé de chercher à découper l’histoire en séquence afin d’en comprendre la logique et le sens.

L’ethnologue russe Vladimir Propp va analyser les contes de fées dans son très important livre « Morphologie du conte ». Il propose une méthode pour classifier les contes en distinguant plusieurs phases et des variantes selon une grille de lecture asse complexe.

Nous pouvons synthétiser sa pensée en divisant les contes de fées en sept parties :

  1. La situation initiale.
  2. La partie préparatoire.
  3. Le nœud de l’intrigue.
  4. Les donateurs.
  5. L’entrée en scène de l’auxiliaire à la fin de la première séquence.
  6. Début de la seconde séquence.
  7. Suite de la seconde séquence.

Quelques années plus tard, la psychologue Marie-louise von Franz va reprendre la technique d’analyse de Propp en la simplifiant dans son livre introductif « l’interprétation des contes de fées ».

Elle distingue six phases dans un conte de fées :

  1. Introduction.
  2. Les personnages du drame.
  3. Exposition du problème.
  4. Les péripéties de l’action.
  5. Point culminant de l’action.
  6. Le dénouement.

Du conte de fées à la mythologie, il n’y a qu’un pas. C’est la même logique qui se trouve en action. C’est ce que nous allons faire pour rechercher des références astrologiques dans les textes de la mythologie grecque dans les prochains articles.

Persée est un héros de la mythologie grecque dont le destin est rempli de références astrologiques. Un héros est toujours marqué par une naissance miraculeuse et l’annonce d’une vie exceptionnelle (I), qui s’accomplira avec la réalisation d’un certain nombre d’épreuves (II).

I. Naissance miraculeuse et destin exceptionnel.

Ce chapitre couvre les trois premières parties de Marie-Louise von Franz : l’introduction, les personnages du drame et l’exposition du problème.

L’introduction donne des indications sur le temps et le lieu de l’action.

Souvent, dans les contes de fées, il s’agit de la phrase « Il était une fois… ». C’est un rituel d’entrée dans le conte de fées. Elle indique que l’histoire est hors du temps et de l’espace. Elle concerne toutes les époques et tous les pays.

Les personnages du drame parlent des acteurs du conte. Il faut regarder les personnages au début du conte de fées.

Il faut également étudier le type de héros qui est indiqué dans l’histoire. Vladimir Propp distingue deux types de héros : le héros quêteur et le héros victime.

Dans l’histoire de Persée, c’est le schéma classique du conte de fées dans lequel une prophétie désigne le successeur du roi. Le souverain va mettre toute son énergie pour empêcher son successeur d’accéder au trône. Il s’oppose au renouvellement de la société entre les générations.

L’exposition du problème concerne le trouble qui est concerné par l’histoire.

En fonction de ce trouble, le héros va avoir pour fonction de restaurer une situation en péril. C’est sa mission, sa fonction. Le problème est simple, le roi va s’opposer à la réalisation de la prophétie.

Dans l’histoire de Persée, la prophétie va prendre la forme de l’oracle de Delphes qui annonce au roi d’Argos qu’il va donner naissance à un enfant qui le tuera (A). Craignant la réalisation de la prophétie, le roi d’Argos fera enfermer Danaé afin d’empêcher la naissance d’un fils (B), toutefois Zeus parviendra à séduire Danaé dans sa prison et donner naissance à Persée (C).

A : Prédiction de l’oracle.

Acrisios était le roi d’Argos. Argos était la principale ville de la région de l’Argolide. Il était sans héritier mâle pour lui succéder sur le trône Inquiet, il alla consulter la Pythie de Delphes pour savoir s’il aurait un successeur.

« Acrisios ayant Consulté l’oracle sur sa postérité, le dieu lui répondit que sa fille aurait un fils qui le tuerait. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §1)

L’oracle lui prédit que sa fille donnera naissance à un fils, mais que celui-ci sera l’origine de sa mort. C’est un grand classique de la mythologie grecque. C’est le thème de la punition divine. Nous en avons déjà parlé concernant la vie d’Œdipe à Thèbes.

Ce genre d’avertissement pousse le roi à tout faire pour empêcher la réalisation de la punition. Mais dans la conception grecque de la vie, personne ne peut échapper à son destin.

On retrouve ce thème également dans les contes de fées. Prenons l’exemple du conte n° 29 des frères Grimm, « les trois cheveux d’or du diable ».

Voici quelques extraits intéressants de ce conte, en lien avec le thème du mythe de Persée.

« … une pauvre femme qui mit au monde un fils…« 

« … et comme il était coiffé quand il naquit, on lui prédit que, dans sa quatorzième année, il épouserait la fille du roi. « 

« Sur ces entrefaites, le roi passa par le village, sans que personne le reconnût ; et comme il demandait ce qu’il y avait de nouveau, on lui répondit qu’il venait de naître un enfant coiffé, que tout ce qu’il entreprendrait lui réussirait, et qu’on lui avait prédit que, lorsqu’il aurait quatorze ans, il épouserait la fille du roi. »

Un roi d’une contrée inconnue attend la naissance d’un successeur. Une prophétie annonce qu’un enfant va naître et épousera la fille du roi lorsqu’il aura quatorze ans. Le roi veut tout faire pour empêcher la réalisation de la prophétie, car il ne veut pas de successeur. Il s’oppose au renouvellement de la société. Car, comme nous l’avons vu, la mort d’un roi et la montée sur le trône de son successeur est un renouvellement de la société nécessaire à sa survie. Il faut bien comprendre ce point important.

Le Christ dont la naissance fut annoncée par de nombreuses prophéties de l’Ancien Testament. Nous trouvons aussi dans le destin exceptionnel de Moïse une sorte de prophétie, même cela n’est pas dit explicitement, qui annonce que le peuple juif prendra de l’importance dans l’avenir et fait craindre aux Égyptiens une atteinte à leur puissance.

« Il s’éleva sur l’Egypte un nouveau roi qui ne connaissait pas Joseph. Il dit à son peuple :  » Voici que les enfants d’Israël forment un peuple plus nombreux et plus puissant que nous. Allons ! Prenons des précautions contre lui, de peur qu’il ne s’accroisse, et que, une guerre survenant, il ne se joigne à nos ennemis pour nous combattre, et ne sorte ensuite du pays.  » Les Egyptiens établirent donc sur Israël des chefs de corvée, afin de l’accabler par des travaux pénibles. C’est ainsi qu’il bâtit des villes pour servir de magasins à Pharaon, savoir Pithom et Ramsès. Mais plus on l’accablait, plus il multipliait et s’accroissait, et l’on prit en aversion les enfants d’Israël. Les Egyptiens firent travailler les enfants d’Israël par force ;

ils leur rendaient la vie amère par de rudes travaux, mortier, briques et toute sorte de travaux des champs, tout le travail qu’ils leur imposaient avec dureté. » (Exode, I : 8-14)

Notons que dans le cadre du mythe de Persée et ses liens avec l’astrologie, il faut noter le rôle primordial de la fonction royale. Nous le retrouverons tout au long de nos développements. Le roi, c’est de manière évidente le signe astrologique du Lion.

B : Emprisonnement de Danaé.

Acrisios va faire enfermer sa fille Danaé, pour l’empêcher de donner naissance à un fils.

« Craignant l’effet de cette prédiction, Acrisios fit bâtir une chambre souterraine, en airain, dans laquelle il enferma Danaé. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §1)

Le roi d’Argos va faire construire une prison souterraine en airain. Les murs d’airain avaient été polis. L’airain symbolisait la solidité et d’inaltérabilité.

Les portes étaient infranchissables afin d’empêcher une intrusion ou une évasion. La chambre de Danaé n’était pas seulement une prison physique, mais aussi une cage dorée où elle serait privée de toute liberté et de contact humain. Aucun serviteur, aucun prétendant ne pouvait s’approcher de la jeune princesse, qui était ainsi condamnée à une solitude absolue.

Dans le conte des « trois cheveux d’or du diable« , nous retrouvons le même principe du roi qui tente de s’opposer à la naissance d’un enfant afin d’empêcher la réalisation d’une prophétie.

« Il alla trouver les parents du nouveau-né, et leur dit d’un air tout amical : « Vous êtes de pauvres gens, donnez-moi votre enfant, j’en aurai bien soin. » Ils refusèrent d’abord ; mais l’étranger leur offrit de l’or, et ils se dirent : « Puisque l’enfant est né coiffé, ce qui arrive est pour son bien. » Ils finirent par consentir et par livrer leur fils. »

C : Histoire d’amour entre Zeus et Danaé.

Seul Zeus va parvenir à franchir les murs de la prison dorée pour séduire la belle Danaé.

« Zeus, s’étant changé en pluie d’or, pénétra dans son sein, à travers le tait de la prison, et jouit d’elle. Acrisios voyant qu’elle avait mis au monde Persée, et ne croyant point qu’elle eût été séduite par Zeus, l’enferma dans un coffre avec son fils, et les jeta dans la mer. Le vent ayant poussé le coffre vers l’île de Sériphos, Dictys le retira et éleva l’enfant. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §1)

Pour franchir les murs d’airain, Zeus va se transformer en pluie d’or. Une fois dans la chambre, il reprend son apparence et s’unit à Danaé. Neuf mois plus tard, elle accoucha de Persée.

Danaé et la pluie d’or. Face A d’un cratère en cloche béotien à figures rouges.

C’est le mythe de la conception divine, de la naissance miraculeuse. Un grand classique de la mythologie, en matière religieuse ou même dans les contes de fées. Il a pour fonction de montrer que rien ne peut empêcher la volonté divine d’agir. La volonté divine est exprimée par l’intermédiaire de la prophétie de la Pythie.

Toutefois, Acrisios était déterminé à empêcher à tout prix l’accomplissement de la prophétie. Il fit enfermer dans un coffre sa fille et son petit-fils. Il jeta ensuite le coffre dans la mer. Le coffre vogua jusqu’à l’île de Seriphos où il fut trouvé par Dictys, un modeste pêcheur. Persée et sa mère Danaé restèrent chez lui en sécurité. C’est là encore un grand classique des mythes et des contes de fées, par exemple pensons à la réaction du père d’Œdipe ou à l’abandon de Moïse lors de sa naissance.

Au niveau astrologique, la pluie d’or représente le signe du Verseau. La pluie, c’est de l’eau qui tombe du ciel. Le Verseau n’est pas un signe d’eau, comme son nom pourrait le laisser croire (aquarius, en latin), mais un signe d’air. Il est lié au Ciel et à l’air. C’est également un signe lié à l’esprit et à l’intelligence. L’eau qui concerne le Verseau n’est pas l’eau qui circule sur la Terre dans les rivières, les fleuves, les mers ou les océans, mais l’eau qui vient du ciel comme la pluie. Ici, la pluie est d’or, sans doute, par l’influence du Lion qui est le signe des rois, donc le métal est l’or. Nous savons que le Verseau est dans le zodiaque en opposition au signe du Lion. Nous trouvons un axe Lion-Verseau très important dans les ères astrologiques. Dans le cadre du mythe de Persée, le signe principal est celui du Lion et le Verseau est le signe secondaire. C’est pour cela que nous trouvons un symbole atténué, celui de la pluie pour représenter le Verseau.

Dans le conte des « trois cheveux d’or du diable », nous retrouvons le même principe du roi qui tente de s’opposer à la naissance d’un enfant afin d’empêcher la réalisation d’une prophétie.

« Le roi le mit dans une boite, et chevaucha avec ce fardeau jusqu’au bord d’une rivière profonde où il le jeta, en pensant qu’il délivrait sa fille d’un galant sur lequel elle ne comptait guère. Mais la botte, loin de couler à fond, se mit à flotter comme un petit batelet, sans qu’il entrât dedans une seule goutte d’eau ; elle alla ainsi à la dérive jusqu’à deux lieues de la capitale, et s’arrêta contre l’écluse d’un moulin. Un garçon meunier qui se trouvait là par bonheur l’aperçut et l’attira avec un croc ; il s’attendait, en l’ouvrant, à y trouver de grands trésors : mais c’était un joli petit garçon, frais et éveillé. Il le porta au moulin ; le meunier et sa femme, qui n’avaient pas d’enfants, reçurent celui-là comme si Dieu le leur eût envoyé. Ils traitèrent de leur mieux le petit orphelin, qui grandit chez eux en forces et en bonnes qualités.

$7Un jour, le roi, surpris par la pluie, entra dans le moulin et demanda au meunier si ce grand jeune homme était son fils. « Non, sire, répondit-il : c’est un enfant trouvé qui est venu dans une boîte échouer contre notre écluse, il y a quatorze ans ; notre garçon meunier l’a tiré de l’eau.« 

On le voit, le roi va mettre l’enfant dans une boîte en bois qui va flotter le long d’une rivière jusqu’à une écluse. Il sera récupéré par un modeste meunier, comme Persée sera retrouvé par un modeste pêcheur. Le fleuve représente ici le destin qui s’accomplit et suit son cours malgré la volonté contraire du roi. C’est un élément symbolique important.

Dans la catégorisation des héros, selon Vladimir Propp, nous avons à faire avec un héros-victime. Persée et sa mère sont chassés de leur domicile. Il est secrètement sauvé d’une mort certaine afin d’accomplir la réalisation de la prophétie.

Nous retrouvons un élément identique entre Persée et Moïse dans leurs destins.

« Un homme de la maison de Lévi était allé prendre pour femme une fille de Lévi. Cette femme devint enceinte et enfanta un fils. Voyant qu’il était beau, elle le cacha pendant trois mois. Comme elle ne pouvait plus le tenir caché, elle prit une caisse de jonc et, l’ayant enduite de bitume et de poix, elle y mit l’enfant et le déposa parmi les roseaux, sur le bord du fleuve. La sœur de l’enfant se tenait à quelque distance pour savoir ce qui lui arriverait.

La fille de Pharaon descendit au fleuve pour se baigner, et ses compagnes se promenaient le long du fleuve. Ayant aperçu la caisse au milieu des roseaux, elle envoya sa servante pour la prendre. Elle l’ouvrit et vit l’enfant : c’était un petit garçon qui pleurait ; elle en eut pitié, » (Exode, II : 1-6)

En raison de l’identité entre les deux mythes, on peut s’interroger pour savoir si les Hébreux se sont inspirés de la mythologie grecque ou si la mythologie grecque s’est inspiré des Hébreux. Il est également possible que cela corresponde à un mythe commun de l’inconscient collectif.

L’enfant Moïse est jeté sur les flots d’une rivière pour empêcher sa mort. Le pharaon voulait empêcher la réalisation de la prophétie en tuant tous les nouveau-nés hébreux.

« Le roi d’Egypte parla aussi aux sages-femmes des Hébreux, dont l’une se nommait Séphora, et l’autre Phua. Il leur dit :  » Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux, et que vous les verrez sur le double siège, si c’est un fils, faites-le mourir ; si c’est une fille, elle peut vivre.  » Mais les sages-femmes craignirent Dieu, et ne firent pas comme leur avait dit le roi d’Egypte ; elles laissèrent vivre les garçons.

Le roi d’Egypte fit appeler les sages-femmes et leur dit : « Pourquoi avez-vous agi ainsi, et avez-vous laissé vivre les garçons ? » Les sages-femmes répondirent à Pharaon : « C’est que les femmes des Hébreux ne ressemblent pas aux Egyptiennes : elles sont vigoureuses, et elles accouchent avant l’arrivée de la sage-femme. » Et Dieu fit du bien aux sages-femmes, et le peuple devint nombreux et extrêmement fort. Parce que les sages-femmes avaient craint Dieu, Dieu fit prospérer leur maison.

Alors Pharaon donna cet ordre à tout son peuple : « Vous jetterez dans le fleuve tout fils qui naîtra et vous laisserez vivre toutes les filles. »  » (Exode, I : 15-22)

Moïse sauvé des eaux, 1633 Orazio Gentileschi Musée du Prado, Madrid.

Le massacre des enfants pour empêcher la naissance d’un futur sauveur se retrouve également lors de la naissance du Christ. D’ailleurs les premières années de la vie de Jésus sont un modèle de l’archétype du sauveur.

« Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des Mages arrivèrent d’Orient à Jérusalem, disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l’adorer. » Ce que le roi Hérode ayant appris, il fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les Princes des prêtres et les Scribes du peuple, et s’enquit auprès d’eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent : « A Bethléem de Judée, selon ce qui a été écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es pas la moindre parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un Chef qui doit paître Israël, mon peuple. »

Alors Hérode, ayant fait venir secrètement les Mages, apprit d’eux la date précise à laquelle l’étoile était apparue.

Et il les envoya à Bethléem en disant : « Allez, informez-vous exactement de l’Enfant, et lorsque vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi aussi j’aille l’adorer. » Ayant entendu les paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient allait devant eux, jusqu’à ce que, venant au-dessus du lieu où était l’Enfant, elle s’arrêta. A la vue de l’étoile, ils se réjouirent d’une grande joie. Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l’Enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Après leur départ, voici qu’un ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil, et lui dit : « Lève-toi, prends l’Enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse ; car Hérode va rechercher l’Enfant pour le faire périr. » Joseph se leva, et la nuit même, prenant l’Enfant avec sa mère, il se retira en Egypte. Et il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce qu’avait dit le Seigneur par le Prophète : « J’ai rappelé mon fils d’Egypte. »

Alors Hérode, voyant que les Mages s’étaient joués de lui, entra dans une grande colère, et envoya tuer tous les enfants qui étaient dans Bethléem et dans les environs, depuis l’âge de deux ans et au-dessous, d’après la date qu’il connaissait exactement par les Mages. » (Mathieu, II : 1-16)

Nous retrouvons tous les éléments du mythe de la naissance miraculeuse annoncée par une prophétie.

Le Massacre des Innocents de Rubens.

Une prophétie annonce au roi de Jérusalem la naissance d’un successeur. Jésus est, en effet, présenté comme le futur roi des Juifs. Hérode tente d’empêcher la naissance de l’enfant en tuant tous les nouveau-nés. Mais le père et la mère s’enfuient en Egypte avec l’enfant. Jésus va en direction de l’Egypte, là où Moïse avait quitté l’Egypte vers la Terre Sainte. Il y a comme un mouvement inverse, alors que l’arrière-plan du mythe est commun. C’est un élément très étrange.

II.Les aventures de Persée.

Dans l’analyse des contes de fées de Marie-Louise von Franz, ce chapitre concerne les péripéties, le point culminant et le dénouement de l’action.

Les péripéties de l’action étudient les différentes aventures que traverses le héros.

Le point culminant de l’action est le moment décisif où l’histoire se résout en bien ou en mal.

Le dénoument, c’est la fin heureuse ou malheureuse de l’histoire. C’est le rituel de sortie.

Ces trois éléments concernent la quête de la tête de la Méduse (A) et les épreuves du chemin du retour (B) qui verra ensuite l’accomplissement de la prophétie (C).

A : La quête de la tête de la Méduse.

Le véritable destin de Persée va s’accomplir avec la quête de la Méduse qui est proposée par le roi de l’île de Seriphos, Polydectès (1). Pour accomplir sa mission, il va d’abord rencontrer les Phorcydes (2) avant d’aller affronter la Méduse (3).

1 : Polydectès et l’origine de la quête.

Comme nous l’avons déjà vu, c’est le pêcheur Dictys qui avait récupéré le coffre de bois contenant Danaé et Persée avait pour frère le roi de l’île de Seriphos. Le roi était Polydectès.

« Polydectès, frère de Dictys, et qui régnait alors à Seriphos, devint amoureux de Danaé ; mais comme Persée était déjà grand, il ne pouvait pas satisfaire sa passion. Pour y parvenir, il invita ses amis et Persée avec eux, à contribuer pour lui former, un présent, qui put lui faire obtenir la main d’Hippodamie, fille d’Œnomaos. Persée, ayant dit que, fallût-il la tête de la Gorgone, il ne s’y refuserait pas, Polydectès demanda aux autres des chevaux, et lui demanda, à lui, cette tête.  » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §2)

La beauté légendaire de Danaé était restée intacte malgré les années passées auprès du pêcheur Dictys. Dictys avait pour frère Polydectès, le roi de Seriphos. Lorsqu’il fit connaissance de Danaé, il en tomba amoureux. Mais Danaé refusa ses avances, car elle désirait s’occuper uniquement de son fils.

Danaé, Rembrandt (1636).

Le roi décida donc de séparer la mère de son fils. La mère, enfin seule, il obtiendrait l’attention exclusive de la belle. Elle ne pourrait que céder à ses avances.

Afin d’arriver à ses fins, il mit en œuvre un stratagème afin de se débarrasser de Persée. Il organisa un grand banquet afin de célébrer son mariage avec Hippodamie, la fille du roi d’Œnomaos. Il convia pour les noces tous ses sujets, dont Persée.

Chacun de ses sujets devait offrir un cadeau de mariage. Mais Persée était pauvre n’avait rien à offrir. Moqué par les autres convives, Persée proposa d’offrir comme cadeau au roi la tête de la Méduse, l’une des trois Gorgones.

Polydectès le prit au mot et lui jeta comme défi d’aller chercher la tête de la Méduse. Il espérait ainsi que Persée mourait lors de sa quête.

C’est ainsi que commença la vie de Persée comme héros mythologique.

Nous retrouvons plusieurs étapes importantes de l’étude des contes de fées de Vladimir Propp. Nous avons déjà vu que selon lui, il existe deux types de héros : le héros-quêteur et le héros-victime.

De manière évidente, dans l’histoire de Persée, nous avons à faire avec un héros-quêteur. Dans la partie précédente, nous avions vu également qu’il entrait dans la catégorie du héros-victime. En réalité, il y a le passage du héros-victime au héros-quêteur dans le même conte. D’abord, il échappe à la mort étant enfant, puis il devient un héros qui part en quête pour accomplir un certain nombre de travaux, avant de réaliser la prophétie.

Le héros-quêteur, selon Vladimir Propp doit accomplir deux tâches consécutives et indissociables : il accepte sa mission (classification sous le numéro latin X) et il quitte son foyer pour accomplir sa mission. Il accepte d’aller chercher la tête de la Méduse et quitte le château du roi.

Au niveau de l’astrologie, il faut également noter que l’on trouve encore un roi au centre de l’action. Cela renvoie au signe astrologique du Lion. De même, nous avons une vierge et son enfant (Danaé et Persée). Le signe astrologique de la Vierge est le signe de l’ère précédente. Un signe qui devra être sacrifié pour permettre le règne plein et entier du Lion.

2 : Les Phorcydes et les nymphes.

Pour affronter la Méduse, Persée doit obtenir l’aide des Dieux de l’Olympe. Nous retrouvons la fonction du « donateur » dans les contes de fées, qui fut mise en évidence par Vladimir Propp. Le donateur va faire passer un certain nombre d’épreuves au héros afin de lui permettre d’acquérir un ou des objets magiques qui vont l’aider dans sa quête.

Pour rencontrer ses donateurs, Persée part à la rencontre des Phorcydes (a) afin de connaître le lieu où trouver les Nymphes qui vont lui offrir les seules armes capables de vaincre la Méduse (b).

a : Les Phorcydes.

« Persée, sous la direction de Athéna et de Hermés, alla d’abord trouver les Phorcydes, Enyo, Pephredo et Dino. Elles étaient filles de Céto et de Phorcys ; vieilles dès leur naissance, elles n’avoient entre elles trois qu’un œil et qu’une dent qu’elles se prêtaient mutuellement. Persée s’en étant emparé, leur promit de les leur rendre, lorsqu’elles lui auraient montré le chemin pour aller vers les nymphes. (…) Les Phorcydes lui ayant montré la route qu’il fallait prendre, il leur rendit leur œil et leur dent. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §2)

Les Phorcydes étaient les enfants de Phorcys et Céto. Ils eurent deux types d’enfants : les Grées et les Gorgones.

Les Grées étaient trois sœurs, Enyo, Pephredo et Dino. Elles étaient âgées dès leur naissance. Elles partageaient un seul œil et une seule dent qu’elles utilisaient à tour de rôle. Elles étaient sœurs des trois Gorgones que devra affronter ultérieurement Persée.

Persée décide donc de s’adresser aux trois Grées avant d’affronter les Gorgones. Il souhaite obtenir des informations sur les Nymphes, car elles gardaient des objets indispensables pour tuer la Méduse. Leur apparence terrifiante symbolisait l’antique sagesse et les mystères du monde caché.

Ayant compris que les Grées étaient vulnérables sans leur œil, il profita du moment où elles échangeaient l’œil pour le dérober. Elles devenaient aveugles. Il en profita pour faire du chantage. Il restituerait l’œil, en échange de l’information qu’il désirait. Elles lui indiquèrent le chemin pour aller voir les Nymphes, afin de retrouver la vue.

C’est l’épreuve qu’impose le donateur pour donner des objets magiques.

b : Les Nymphes.

La rencontre entre Persée et les Nymphes permettent au héros d’acquérir un certain nombre d’objets magiques qui vont l’aider dans sa quête contre la Méduse.

« Ces nymphes avaient en leur possession des brodequins ailés, une kibisis, qu’on croit être une espèce de valise, (Pindare, et Hésiode dans le poème nommé le bouclier d’Héraclès, dit, au sujet de Persée : tout son dos était couvert par la tête de la Gorgone, ce monstre terrible et la kibisis entourait son corps. On la nommait kibisis, parce qu’on y mettait des vivres et des vêtements) et le casque d’Hadès.  (…) et ayant été trouver les nymphes, il obtint d’elles ce qu’il désirait ; ayant alors attaché la valise autour de son corps, mis les brodequins ailés à ses pieds, et le casque à sa tête (ce casque avait la vertu de rendre invisible celui qui le portait) ; ayant reçu de Hermes une faux de diamant, il se rendit en volant sur les bords de l’Océan. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §2)

Les nymphes sont des divinités de la nature, féminines et jeunes. Les nymphes vivent dans des lieux secrets, souvent des forêts sacrées ou des jardins mythiques. C’est pour cette raison qu’il va chercher à connaître leur lieu de résidence auprès des Grées.

Lorsque Persée parvient à les trouver, il est accueilli chaleureusement et obtient très facilement les objets qu’il était venu chercher. Ces objets symbole l’alliance entre le héros choisi et les dieux. Les objets magiques sont la représentation de l’aide divine dont va bénéficier le héros.

Astrologiquement, avec les nymphes, nous avons ici le symbole du signe de la Vierge, signe de protection nourricière. Elles vont aider le héros à vaincre une Vierge devenue destructrice, en raison du passage à l’ère du Lion. C’est pour cela qu’elle est perçue comme négative, afin de justifier son sacrifice. Un signe astrologique a toujours un visage positif (les nymphes) et un visage négatif (la Méduse).

Persée va recevoir quatre objets magiques : les sandales ailées (b1), la Kibisis (b2) et le casque d’invisibilité d’Hadès (b3). Il reçoit également d’Hermes une faux de diamant (b4).

b1 : Les sandales ailées.

Les Nymphes vont offrir les sandales ailées qui appartenaient à Hermès, le dieu des voyageurs et des voleurs. Grâce à elles, Persée va pouvoir survoler la Méduse lors de son combat.

Hermès à la sandale, copie en marbre de la première période impériale romaine d’un bronze de Lysippe.

Au niveau astrologique, les sandales ailées représentent le signe astrologique du Verseau. Elles permettent de voler dans les airs, de réaliser des voyages aériens. Le Verseau est un signe d’air.

b2 : La Kibisis.

Les Nymphes vont également donner à Persée, la Kibisis, qui était une sorte de bourse magique, un sac de voyage qui permettait de contenir une grande quantité d’objets. Persée pourra ainsi mettre la tête de la Méduse, une fois décapitée, sans être transformé en pierre à son contact.

Persée et la Kibisis, Poterie : hydrie à figures rouges (jarre à eau).

b3 : Le casque d’invisibilité d’Hadès.

Les Nymphes transmettent à Persée le casque d’invisibilité d’Hadès. Il permet à celui qui le porte d’être invisible. Il sera très utile lors du combat contre la Méduse qui ne pourra pas le voir.

b4 : La faux de diamant.

Enfin, les Nymphes vont donner à Persée une faux en diamant qui sera capable de trancher les surfaces les plus solides. Il pourra donc s’en servir pour décapiter la Méduse. Elle appartient à Hermès.

Persée et la faux de diamant, Poterie : hydrie à figures rouges (jarre à eau).

3 : Le combat contre la Méduse.

Le combat contre la Méduse est le moment clef de la vie du héros, c’est le point culminant de l’action. Il se rendit jusqu’aux confins du monde, sur les rives de l’Océan, où résidaient les trois Gorgones : Sthéno, Euryale et Méduse.

« et trouva les Gorgones endormies ; elles se nommaient Sthéno, Euryale, Méduse. Cette dernière était la seule mortelle, et c’était sa tête qu’on avait demandée à Persée. Leurs têtes étaient hérissées de serpents ; elles avaient des dents comme des défenses de sanglier, des mains d’airain et des ailes d’or, à l’aide desquelles elles s’élevaient dans les airs. Ceux qui les regardaient étaient changés en pierres. Persée s’approcha d’elles, tandis qu’elles dormaient, détournant les yeux en arrière, et les tenant fixés sur un bouclier d’airain qui réfléchissait la figure de la Gorgone, il lui trancha la tête, à l’aide d’Athéna qui lui dirigeait la main. Cette tête étant coupée, Pégase, le cheval ailé, et Chrysaor, père de Géryon, que Méduse avait conçus de Neptune, sortirent de son corps. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §2)

Une Gorgone sur une amphore à col attique à figures noires, vers 520–510 av. J.-C.

Ces créatures monstrueuses sont des Phorcydes, filles de Phorcys et de Céto et donc les sœurs des trois Grées. Les Gorgones possédaient des serpents à la place des cheveux et un regard capable de pétrifier quiconque osait les regarder directement. Persée va d’abord élaborer une stratégie pour pouvoir approcher la Méduse (a) afin de porter le coup décisif (b) puis de prendre la fuite (c).

a : La stratégie d’approche.

Persée va adopter une stratégie prudente pour approcher de la Méduse. Il attend que les Gorgones soient endormies, car il craint que leurs natures monstrueuses ne le mettent en danger.

Il va obtenir l’aide de la déesse Athéna qui le guide dans son approche. Il utilise un bouclier d’airain poli que lui a offert la déesse. Cela permet de voir à travers le reflet sans regarder la Méduse dont les yeux pouvaient transformer en statue de pierre. Cela lui permet de s’approcher sans danger.

Persée détourne le regard pendant qu’il tue Méduse, Col d’un pithos orientalisant à reliefs, vers 660 av. J.-C.,

Guidé par les conseils d’Athéna, Persée adopta une approche prudente et calculée. Les Gorgones étaient plongées dans un sommeil profond, mais leur nature terrifiante imposait une vigilance extrême. Grâce au bouclier d’airain poli d’Athéna, qui faisait office de miroir, Persée put observer Méduse sans la regarder directement. Il avança lentement.

b : Le coup décisif.

Une fois à proximité de la Méduse, Persée lui trancha la tête avec la faux en diamants d’Hermès.

Une fois la tête coupée, du sang de la Méduse jailli le cheval ailé Pégase et Chrysaor, un guerrier armé d’or.

Bellérophon monté sur Pégase, pélikè attique à figures rouges du Peintre de Barclay, v. 440 av. J.-C.

Pégase est l’un des symboles grecs du signe astrologique du Verseau, car il voyage dans les airs.

En revanche, le guerrier d’or Chrysaor représente le Lion.

Nous avons ici une image de l’axe du zodiaque Lion-Verseau.

Sous l’ère astrologique du Lion, la Vierge doit être sacrifiée. La mise à mort de la Gorgone par Persée correspond au sacrifice de la Vierge. Ce qui est frappant ici, c’est que la mort de la Gorgone (la Vierge) va donner naissance à deux enfants symbolisant les deux signes de l’ère suivante (le Lion et le Verseau). C’est l’expression mythologique de ce que j’ai expliqué dans un de mes livres, « les ères astrologiques« , c’est-à-dire la nécessité du signe astrologique de l’ère précédente afin de donner naissance à l’ère suivante.

influence principale : Le Lion (roi Ascrisios et Chrysaor)

Influence secondaire : Le verseau (la pluie d’or et Pégase).

Sacrifice du signe précédent : La Vierge (la Gorgone).

c : La fuite.

Le vacarme provoqué par l’apparition du cheval et du guerrier d’orée réveilla les deux autres Gorgones, Sthéno et Euryale. Furieuses de voir leur sœur décapitée, elles se lancèrent à la poursuite de Persée.

« Persée enferma cette tête dans la kibisis, et se mit en route pour s’en retourner ; les Gorgones s’étant éveillées, s’attachèrent à sa poursuite ; mais elles ne purent l’apercevoir à cause du casque d’Hadès qui le dérobait à leur vue. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §3)

Mais grâce à son casque d’invisibilité, il parvient à s’enfuir. Il s’envola par l’intermédiaire des sandales ailés, tout en mettant la tête de la Méduse dans kibisis.

B : Les épreuves sur le chemin du retour.

Lors du voyage de retour, Persée ne poursuivit pas les deux Gorgones survivantes parvient en Ethiopie où il libérera Andromède (1) avant de retourner à Seriphos pour retrouver sa mère (2).

1 : La rencontre avec Andromède.

Persée est poursuivi par les deux Gorgones qui sont restées vivantes. Il parvient à leur échapper sans avoir à les affronter. Il arrive en Ethiopie.

« Parvenu en Ethiopie, dont Céphée était roi, il trouva sa fille Andromède exposée pour être dévorée par un monstre marin. Cassiopée, épouse de Céphée, avait osé se comparer aux Néréides pour la beauté, et s’était même vantée de l’emporter sur elles.

Les Néréides en furent irritées. Poséidon partagea leur indignation, submergea le pays, et y envoya un monstre marin. L’oracle d’Ammon ayant annoncé que ces désastres cesseraient si on exposait Andromède, fille de Cassiopée, pour être dévorée par le monstre, les Ethiopiens forcèrent Céphée à faire ce que l’oracle ordonnait et à attacher sa fille à un rocher.

Persée l’ayant vu, il devînt amoureux, et promit à Céphée de tuer le monstre s’il voulait la lui donner en mariage. Céphée s’y étant engagé par serment, il attendit le monstre, le tua et délivra Andromède. Phinée, frère de Céphée, à qui Andromède avait été promise avant cet événement, conspira contre lui pour le faire périr ; mais Persée l’ayant découvert, lui montra la tête de la Gorgone, et le changea en pierre, ainsi que tous ceux qui avaient pris part à son complot. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §3)

Alors qu’il traversait l’Éthiopie sur le chemin du retour, Persée aperçut sur le rivage une jeune fille d’une incroyable beauté, attachée à un rocher. Un monstre marin, envoyé par Poséidon, s’avançait pour la manger.

La jeune femme était Andromède, la fille du roi Céphée et de la reine Cassiopée. Cassiopée, par excès d’orgueil, avait osé dire que sa fille était plus belle que les Néréides, les Nymphes de la mer, les filles de Poséidon. Furieux Poséidon avait envoyé un monstre pour dévaster le royaume.

Andromède liée pour le sacrifice. Cratère à volutes apulien (410-400 av. J.-C.

L’oracle d’Ammon, équivalent Egyptien de l’oracle de Delphes, avait annoncé que seul le sacrifice d’Andromède apaiserait la colère de Poséidon. Il était situé dans le temple d’Amon à Siwa.

entrée du temple d’Amon avec l’oracle dans le fond., Siwa, Egypte.

Mais Persée, étant tombé amoureux d’Andromède, décida de la libérer pour l’empêcher d’être mangé par le monstre. Il proposa un pacte à Céphée. Il tuera le monstre et, en échange, il épousera Andromède. Le roi accepta.

Persée, équipé des sandales ailées, survola le monstre pour esquiver ses assauts. Il brandit la tête de la Méduse en face de celui-ci provoquant sa pétrification.

Persée, Andromède et le monstre marin Cétos, vase corinthien.

Andromède, libérée, Persée fut acclamée en héros par le peuple éthiopien. Elle poursuivra le voyage avec lui en direction de Seriphos.

Il faut dire quelques mots sur le mythe d’Andromède et l’astrologie. La belle Andromède va donner son nom à une constellation que l’on peut encore admirer dans le ciel de nos jours.

Constellation d’Andromède.

De même, Andromède est présenté comme une Vierge, ce qui l’associe au signe astrologique du même nom. Andromède doit être sacrifié, comme doit l’être le symbole du signe de la Vierge sous l’ère du Lion.

Ce qui est étonnant dans ce mythe, c’est que le signe astrologique du Poissons est également présent. Or, rappelons-le, nous avons d’abord l’ère de la Vierge avec comme signe secondaire le Poissons en raison de l’axe Vierge-Poisson dans le zodiaque. Puis arrive l’ère du Lion avec comme signe secondaire le Verseau (axe Lion-Verseau). Or, avec Persée, lors de son voyage de retour, ce n’est pas la Vierge (Andromède) qui est sacrifiée, mais le monstre marin. Le monstre marin pourrait représenter l’influence secondaire de l’ère précédente. Or, dans l’histoire, la mort du monstre marin est secondaire. Ce qui est important, c’est que la famille d’Andromède va tout faire pour empêcher le mariage d’Andromède et de Persée. Mais Persée va se servir de la tête de la Gorgone, symbolisant le sacrifice de la Vierge, pour pétrifier la famille d’Andromède. C’est donc bien la Vierge qui est sacrifiée et non le Poisson.

2 : Retour à Seriphos.

« De retour à Seriphos, il trouva sa mère réfugiée au pied des autels avec Dictys, pour éviter la violence de Polydectès ; il alla trouver ce dernier qui appela ses amis à son secours ; Persée s’étant alors détourné découvrit la tête de Méduse, et ils furent tous changés en pierres dans la même situation où ils se trouvaient.

Ayant ensuite mis Dictys sur le trône de Sériphos, il donna ses brodequins, sa kibisis et son casque à Hermès et la tête de la Gorgone à Athéna.

Hermès rendit tous ces objets aux Nymphes, et Athéna mit la tête de Méduse au milieu de son bouclier. Suivant quelques auteurs, c’était Athéna elle-même qui avait coupé la tête à Méduse, parce qu’elle avait voulu se comparer à elle pour la beauté. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §3)

Arrivé à Seriphos, Persée retrouva sa mère Danaé, sous la menace de la violence de Polydectès.

Persée se présenta a la cour de Polydectès. Il était accompagné de ses partisans. Il déclara qu’il avait tué la Méduse et qu’il apportait sa tête comme trophée. Il sortit la tête de Méduse de la kibisis et la dévoila face à Polydectès et à sa cour. Instantanément, ils furent transformés en statues de pierre.

Dictys devint roi de Seriphos à la place de son défunt frère.

Danaé est menacée par le roi d’être sacrifiée, selon le même modèle que celui d’Andromède. Mais Persée va utiliser la tête de la Gorgone pour pétrifier l’ancien roi. Il va ensuite mettre un nouveau roi sur le trône. Le nouveau signe du Lion est instauré après le sacrifice du signe précédent, la Vierge. C’est l’installation définitive de l’ère du Lion.

C : Accomplissement de la prophétie.

Il restait à Persée à accomplir la prophétie de Delphes. Il se rendit à Argos avec Danaé et Andromède.

« Persée se rendit ensuite avec Danaé et Andromède à Argos, pour y voir Acrisios ; mais celui-ci se rappelant l’oracle, quitta Argos et se retira dans le pays des Pélasges.

Teutamius, roi de Larissa, y célébrait des jeux pour les funérailles de son père, et Persée s’y rendit aussi pour y disputer le prix.

Concourant à celui du Pentathle, il lança son disque sur le pied d’Acrisios qui mourut sur le champ.

Persée voyant ainsi l’oracle accompli, donna la sépulture à Acrisios hors de la ville, mais n’osant pas retourner à Argos recueillir la succession de celui qu’il avait tué, il alla à Tirynthe, et y fit un échange avec Mégapenthès, fils de Proetus ; il lui donna le royaume d’Argos, et prit pour lui celui de Tirynthe, où il fortifia Midée et Mycènes. » (Apollodore, Bibliothèque, chapitre IV : §4)

Nous avions vu que la Pythie de Delphes avait annoncé à Acrisios qu’il serait tué par son propre fils. Lorsqu’il vit arriver Persée, il fut pris de panique et s’enfuit d’Argos pour se rendre à Larissa. La fuite est une manière comme une autre d’échapper à son destin.

Toutefois, dans la pensée grecque, lorsque les dieux ont décidé de la mort d’une personne, il est impossible d’y échapper. Le destin est inéluctable.

Persée se rendit à Larissa pour participer à des jeux organisés en l’honneur des obsèques du père du roi de Larissa. Il participa au concours de lancer du disque. Lorsqu’il lança son disque, celui-ci frappa par erreur un spectateur qu’il tua sur le coup. Le spectateur était Acrisios. La prophétie venait de s’accomplir. Le roi avait été tué par son fils. Il n’avait pu échapper à son destin.

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